‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 24 sur 240 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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fractures profondes, etc. , mais encore de reconnaître l’existence des affections organiques de la poitrine et de l’abdomen. La meme pensée d’améliorer la condition de la médecine symptomatique a fait imaginer à l’estimable docteur Piorry son pleximètre.

Une route était ouverte devant eux , celle du pouls; ils n’ont point su s’y lancer, ni l’explorer même en ses abords ; et cependant nos premiers maîtres les y conviaient et leur disaient que c’était un symptôme important de la présence de certaines maladies. Hippocrate , Galien , Aëtius , Pierre Salio , Actuarius , Strutius , Solano , Bordeu , Fouquet , Cirillo et tant d’autres célèbres praticiens eurent tous recours à l’observation du pouls afin de dissiper l’obscurité du diagnostique d’un grand nombre de maladies. Celui qui étudiera soigneusement l’histoire de la sphygmique, ou connaissance du pouls, verra bientôt combien elle a contribué à débrouiller le chaos des signes diagnostiques et le pronostic des maladies. C’est guidé par le pouls que Solano annonçait l’arrivée prochaine d’une diarrhée ou d’une hémorrhagie dans les maladies aiguës , selon qu’il le trouvait intermittent ou redoublé. Fouquet, à son tour, reconnaissait, à la lumière, des pouls, qu’il appelait organiques , la présence des affections locales : ce tact sûr, il le devait à une longue étude pratique.

Et cependant , personne ne sera tenté de le nier , le plus grand nombre des médecins fait fort peu de

cas , je devrais dire n’accorde aucune importance à l’observation du pouls. Cette sorte de dédain est plus grave qu’on ne se l’imagine. Vous les voyez bien , en approchant un malade , allonger la main pour tâter le pouls; mais c’est plutôt un reste d’habitude , un usage reçu , qu’un moyen d’exploration. Je ne saurais trop les blâmer de le négliger, de ne pas en faire le sujet de leurs méditations, un point essentiel d’étude. Il est de notre devoir de saisir toutes les voies qui s’offrent à nous pour surprendre les opérations de la nature, pour en tourner toutes les faces , pour en démêler les nombreuses et variables circonstances. Quand on possède bien les divers modes de la circulation du sang , et c’est le pouls seul qui nous y conduit, on se rend facilement compte des fonctions de la vie et de leurs altérations : le mouvement du pouls en exprime toujours la situation morbifique ; il en est le langage, si je puis me servir de ce mot. C’est ce qui me fit dire dans mon livre sur la science du pouls « que le battement de l’artère est une seconde parole qui nous a été donnée par la nature; si elle n’est point infaillible , elle est au moins un moyen d’arriver plus sûrement à la probabilité ; lorsqu’il ne comprend point cette parole , le médecin est privé d’un bon guide au lit du malade ; le battement du pouls est l’organe de communication entre la nature et le médecin (1). »

(1) Consultez Y Introduction to lhe Science ofthc puise du docteur Rucco , tome i , page xxxiv..

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