‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 31 sur 240 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

sionde cet ouvrage , d’exposer une méthode simple, scientifique, sans danger dans la pratique, tout entière à l’avantage du malade , et la vraie représentation des lois de la nature. En attendant, je dois convenir ici , et avant d’aller plus loin , que le xixe siècle est heureusement contraire à toutes les idées absurdes , à toutes les idées spéculatives ; il a pris pour enseigne la raison : aussi désapprouve-t-il de la manière la plus formelle tout ce qui tient à l’abus d’autorité , tout ce qui tendrait à nous placer sous le joug des notions générales , exclusives. Ce serait, en effet, un acte de despotisme révoltant que d’enceindre de la sorte le vaste domaine de la science de murailles et de frapper quiconque oserait franchir cette monstrueuse barrière. Il n’est point possible d’en arriver là, quelle que soit la puissance que puisse acquérir ou que l’on attribue aux systèmes en honneur. Par le concours des siècles , la philosophie médicale s’est épurée, et, en progressant toujours, elle est parvenue à faire sentir aux praticiens zélés, d’une part, la nécessité d’abandonner les fausses routes battues depuis trop longtemps , et, de l’autre , le besoin impérieux de recueillir les faits et de les coordonner avec les lumières de l'expérience et celles que procure l’habitude d’étudier au lit des malades. Ambroise Paré nous a ouvert la voie ; il ne s’est point laissé entraîner par le goût servile de son siècle pour les anciens ; il ne reconnut dans la doctrine d’Hippocrate, de

Galien, d’Àlbucasis que l’autorité de la raison; il ramena leurs opinions à l’expérience , comme à la seule épreuve nécessaire pour en tirer quelques avantages. La physique alors adoptée lui parut une source d’erreurs , comme la philosophie un vain jeu de l’esprit. /

Après les désappointements de toutes sortes essuyés par la médecine pratique dans les âges écoulés par suite de la multiplicité des systèmes , par suite de la divergence de leurs bases et de l’application que l’on en faisait, comment oserait-on demeurer oisifs et tristes spectateurs des misères humaines? Il s’agit, et justement notre époque nous y convie , de réunir en un seul faisceau toutes les connaissances acquises par les médecins et par le vol sublime des sciences , si l’on ne veut plus que le domaine de l’art de guérir soit annuellement tourmenté par les bourrasques d’ignobles passions, par des contre-sens permanents ; sans cette fusion nécessaire , importante , la médecine demeurera stationnaire , irrégulière ; espérer le contraire , en laissant à chacun le droit de se diriger d’après ses vues ou le système qu’il a embrassé , c’est neutraliser toutes les ressources de l’art , c’est s’enfoncer déplus en plus dans l’ornière , c’est se refuser à l’évidence , et nier cette vérité que toutes les sciences s’éclairent et se fécondent mutuellement.

Dans la répartition qu’elle fait de ses dons , la nature permet que nous soyons surpris par les

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