‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 32 sur 240 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

découvertes miraculeuses des uns et par les nouvelles vérités que signalent les autres qui savent l’interroger à propos ; pendant que celui-ci annonce une invention , celui-là pénètre plus avant et en fait une heureuse application, il en étend les usages, et par suite il en montre Futilité. Il n’y a point de praticiens habiles, depuis Hippocrate jusqu’à nos jours , qui ne se soient distingués, qui pour avoir trouvé un fait nouveau , un fait important , qui pour l’avoir mis sous son véritable jour et en avoir déduit les nombreuses conséquences. Et pour prendre quelques exemples , il est évident que Fabrice d’Aquapendente soupçonna le premier les lois de la circulation du sang , et qu’il dut laisser à Guillaume Hervey la gloire de les démontrer. Aselli découvrit les veines lactées, et le savant Eustache le conduit thorachique; mais il était réservé à l’illustre Mascagni d’en assurer , d’en agrandir le domaine. Yesale sut arracher l’anatomie humaine aux erreurs des siècles passés : cependant son beau travail n’eût point atteint sa haute perfection sans les recherches , sans les fertiles observations , sans les imposantes découvertes de Habicot, deMalpighi, ded’Aubenton, de Winslow, de Gotugno, de Yicq-d’Azyr, de Lieutaud, de Bichat, de Chaussier, de Sœmmering, de Scarpa et tant d’autres grands anatomistes. Comme on le voit, donc l’anatomie, de même que toutes les autres sciences, eut besoin de l’impulsion d’un homme de génie pour ouvrir la route

à de nouvelles conquêtes, pour solliciter l’amour si vif du bien public, et faire surgir ces pensées fécondes qui toujours laissent après elles des résultats brillants, des résultats utiles.

De son côté , Albert Haller eut la douce consolation de délivrer la physiologie humaine des entraves de la métaphysique, et , semblable à un puissant levier, de la lancer dans la carrière du progrès. Ce n’est point en se livrant aux élans d’une imagination expectative, mais bien par suite d’efforts assidus, de travaux prolongés , propres à éclairer sur toutes leurs faces les faits qu’ils lui révélaient. Son exemple et sa persévérance ont puissamment agi sur les physiologistes venus après lui; leur action lente, mais sûre, a décidé le génie à dicter les œuvres sorties de la plume de Richerand , Dumas , Fodéré, Blumenbach , Gall , Tommasini , Magendi , Martini , Alibert , Sprengel , Tiedemann , et de leur noble élève Martin Saint- Ange. Il en est encore beaucoup d’autres qui , comme eux , ont aidé aux solides connaissances acquises dans cette partie si délicate des sciences naturelles ; je voudrais les nommer tous ici : mes lecteurs suppléeront aux lacunes qu’un simple coup d’œil me force à laisser dans mes citations.

Si nous nous arrêtons un instant à l’anatomie comparée, quels surprenants changements 11’at-elle pas éprouvé depuis Galien jusqu’à Georges Cuvier, qui lui a donné une existence nouvelle ? il l’a établie sur des bases si fécondes qu’elle est

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