‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 33 sur 240 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

maintenant une science: à son aide, nous retrouvons le même organe dans les diverses espèces d’animaux qui l’ont reçu , souvent avec des parties constantes, d’autresfois avec d’autresaccidentelles, et elle nous apprend à en déduire des conséquences physiologiques très-remarquables. Aux travaux de Cuvier sont venus se joindre ceux de Jean H un ter, de Jacobi , de Camper, de Blain ville , de Camporetti, de Humboldt, de Breschet, et autres non moins dignes de notre admiration et de notre reconnaissance.

Il est arrivé de même pour la chimie. Du triste domaine de la fable, d’observations incomplètes , d’idées vagues , d’hypothèses grossières , de théories obscures , je devrais dire extravagantes , elle s’est élevée lentement vers quelques faits particuliers. En 1640, elle s’est arrachée aux rêveries de l’astrologie judiciaire, au roman non moins ridicule de la pierre philosophale; mais ce fut seulement en 1787 que le génie de Lavoisier, secondé par Fourcroy, Guyton de Morveau et Berthollet , lui donna place parmi les sciences. A la théorie du phlogistique fondée par Becher et Sthal , il substitua la chimie pneumatique , monument trouvé par Black , Priestley, Cawendish. Pour connaître la nature intime des corps , il mit en usage l’analyse et la synthèse ; avec la première , il nous apprit l’art de mettre à nu les principes constituants des corps composés ; avec la seconde, il nous fournit les moyens de réunir les mêmes principes, afin

de recomposer la substance analysée. A Lavoisier succèdent Chaptal , Vauquelin , Monge , Brugnatelli , Louis Sementini , Bavy, Berzélius , Gay- Lussac, Sérullas , Klaproth, Orfîla, Gmelin , Thénard, Pelletier, Gaventou, Chevreul, Robiquet, et beaucoup d’autres entre les mains desquels tous les phénomènes s’étendent , s’expliquent et se rapportent à une série de lois dont l’ensemble a pris le nom de chimie philosophique.

A la même époque, l’esprit humain fit d’autres progrès; les autres branches de l’histoire naturelle reçurent aussi une nouvelle impulsion , elles grandirent* elles voulurent justifier l’espoir conçu par la grande âme de Linné, et remplir la vaste carrière que son œil d’aigle avait embrassé dans l’aven ir. Avant cet homme extraordinaire l’histoire naturelle n’offrait que de faibles ébauches ; à la voix éloquente de Buffon elle se revêt de toute la pompe de l’éloquence ; il fallait séduire pour amener à des résultats neufs , à des observations régulières ; il fallait rassembler en un seul faisceau tous les intérêts épars que sollicitent chacun de ses rameaux pour vaincre les difficultés, pour faire jaillir les éléments de gloire que chacun d’eux recélait dans son sein. L’expérience et la raison se donnent la main ; la persévérance va faire le reste.

La minéralogie signala son début vers une nouvelle ère par les découvertes de Boyle , de Brant , de Wood, et par l’analyse chimique qu’adopta Yalérius et l’emploi du chalumeau par Cronstedt. Les

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