CHAPITRE IV
observations exactes de Lehmann, de Bergman n,
de Dolomieu, de Werner, de Rome de Lisle, du modeste Haüy, de Tondi, de Ampère, de Becquerel, etc. , ouvrent un champ plus vaste à la chimie, et exercent une influence marquée sur l’étude , bien entendue, de la minéralogie. Beudant, Gillet de Laumont, son maître, et Alexandre Brongniart doivent figurer ici comme ayant aussi rendus à cette science des services signalés.
Parlerons-nous de la botanique, qui ajoute de nouveaux charmes au spectacle si beau de la campagne, et nous apprend à converser avec les plantes pour leur demander ce qu’elles ont de plus séduisant à l’œil , de plus utile à l’économie animale en santé comme dans l’état de maladie? Que de richesses acquises depuis Gaspard Bauhin et Tournefort! quelle immense carrière a parcourue
depuis Linné, Adanson, de Jussieu, Delamarck
et Claude Richard ! que d’obligations ne devonsnous pas à Grew, Vaillant , Scheuchzer, Micheli, Duhamel du Monceau , Magnol , Gœrtner, Witman , Petagna, Tenore , et tout récemment aux écrits de Thiébaut de Berneaud , Auguste Saint- Hilaire , Gaudichaud, qui , sous le titre modeste d ’ Éléments , nous donnent la clef de tous les mystères de la nature , nous font assister à toutes les époques de la vie végétale, en nous rendant un compte fidèle de tous les phénomènes qui se succèdent depuis la naissance de la plumule jusqu’à l’instant où la plante desséchée tombe en
poussière et vient fertiliser, par son détritus , le sol qui l’a portée et nourrie ! On ne saurait trop savoir gré à ces savants investigateurs du soin qu’ils ont rnis à éviter les nombreuses divagations de leurs prédécesseurs ; ils ont adopté une marche simple, toujours droite : aussi sont-ils arrivés au but qu’ils se proposaient , celui de lancer leur science favorite à son apogée , celui de pousser leurs élèves à des études encore plus approfondies. Quand on jette un coup d’œil sur l’enfance de la botanique, aux temps où elle adoptait aveuglément les faits mal éclairés par les traducteurs et les commentateurs d’Aristote , de Théophraste (1) et de Dioscoride; quand on considère toutes les acquisitions faites depuis Lobèl , Césalpin, Rai etMorisson, qui firent tant pour l’étude des analogies , on ne saurait trop louer les botanistes instruits qui allèrent demander leurs végétaux à toutes les climatures , et à ceux qui s’occupèrent de leur classification et de leurs propriétés.
La zoologie eut une pareille part aux progrès des lumières. Restreinte dans l’origine à un petit nombre de donnéeè préliminaires , elle a acquis
(1) Il serait bien à souhaiter que les manuscrits où M. Thiébaut de Berneaud a consigné le fruit de ses longs voyages et de ses recherches vissent enfin le jour. D’après ce que l’Institut de France en disait en 1814 , nous y verrions ce qu’était la science des plantes enseignée par Théophraste , et nous serions plus en état de juger ce que les modernes ont fait depuis cet illustre ami et successeur d’Aristote.