CHAPITRE PREMIER
De la Méthode de traiter les Maladies à priori.
En nous proposant d’exposer les divers moyens adoptés jusqu’ici ou suivis près du lit des malades, notre but a été de signaler d’une manière claire et évidente, d’une part-, les erreurs commises, les progrès véritables et les ressources essentielles de l’art de guérir, tel qu’il est professé dans le monde savant; de l’autre, le besoin urgent que plus que jamais l’on éprouve généralement de lui imprimer la direction de l’expérience pure , la seule susceptible de l’amener à l’uniformité d’application , point sublime qui doit donner à la
science une plus grande force , le lustre et la puissance qui lui conviennent. Nous procéderons avec régularité dans l’étude des faits , afin de lever tous les doutes et de réunir autour de nous toutes les convictions.
§. I. ' — Notre premier point de départ , celui sur lequel tous les médecins sont d’accord , c’est le défaut d’ensemble de la médecine pratique. Les moyens qu’elle met en œuvre pour guérir les diverses maladies, sont tantôt sans résultat, tantôt utiles et souvent nuisibles , malgré les observations et les raisonnements d’Hippocrate connus cinq siècles antérieurement à l’ère vulgaire , malgré les améliorations apportées de temps à autre depuis ce grand homme par des praticiens ingénieux , malgré les rayons lumineux échappés récemment à la plume classique des auteurs de thérapeutique et de pathologie des diverses nations justement estimées les plus avancées dans la civilisation.
En effet , nul praticien ne peut , en vue de ces faits incontestables , affirmer que la médecine ait toujours profité, dans tous les cas même de maladies curables , à ceux qui réclament ses soins , ou qu’elle ait adopté un principe stable, positif, propre à la diriger constamment et à prévenir qu’elle se fourvoie dans de fausses routes, toutes les fois que des maladies présentent des signes diagnostiques obscurs.