‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 40 sur 240 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

eaments à l’homme en parfaite santé, et non pas à celui qui se trouve malade, appartient au célèbre physiologiste de Berne et à l’illustre Samuel Hahnemann : « Nempe primum , enseignait Albert Haller vers le milieu du siècle passé , in corpore sano medela tentanda est , sine peregrina ullâ miscelâ, odoreque , et sapore ejns exploratis , exigua iliius dosis ingerenda est, et ad omnes quœ indè cou tingunt affectiones , qids putsus, quis calor , quœ respi ratio, quœnam excretiones attendendum, Inde a phœnomenis in sano obviis, transeas ad expérimenta in corpore œgroto. (1).

Pour qu’il ne reste plus aucun doute dans l’esprit des médecins partisans de la vieille méthode expérimentale sur la conclusion qui est déduite des faits précédents , nous allons interroger l’observation pratique et lui emprunter tout ce qui peut corroborer ce que nous avons dit.

D’après la nouvelle doctrine médicale italienne, avec laquelle nous ferons bientôt connaissance, il nous est permis de noter ici la contradiction patente dans laquelle se montrent toutes les écoles de médecine de l’Europe relativement à l’action de plusieurs médicaments. Le plus grand nombre des praticiens français, allemands, anglais, etc., considère la noix vomique comme un tonique, tandis que ceux de l’Italie, partisans du contre-stimulus, soutiennent, les preuves en mains, qu’elle agit plutôt comme contre-stimulant, c’est-à-dire

(1) Vid. Haller, Prologomen. pharmaoop. Helvet, pag. 12.

qu’elle produit sur l’économie animale un effet absolument contraire à celui voulu , proclamé par les autres médecins. Cette manière de voir n’a pas été combattue par l’analyse chimique, qui nous a montré la strychnine et la brucine comme bases delà noix vomique , et cependant 3on continue ici à prescrire cette substance dans les maladies de faiblesse , tandis que , ailleurs , on la recommande dans les maladies de caractère opposé.

La même divergence d’opinions se remarque relativement à l’action thérapeutique des préparations faites avec le fer et le mercure, sur celle du tartre stibié, de l’extrait d’aconit ou de feuilles de la digitale pourprée , et sur celle de diverses autres substances médicamenteuses dont nous aurons plus tard (au chapitre VII) occasion de parler. Or, si la méthode expérimentale , adoptée par la majeure partie des médecins, est sûre de son fait , si elle sut découvrir la véritable propriété des remèdes qu’elle emploie aveuglément , comment se fait-il qu’il y ait contestation sur un même point entre ses partisans?

Ce qu’il y a de plus positif, c’est que la méthode

expérimentale impure est incapable de conduire

au but essentiel de l’art de guérir, puisque les remèdes par elle les plus accrédités souvent ne répondent aucunement à l’expectative du médecin, encore moins aux flatteuses espérances qu’il donne aux pauvres malades. On croit arriver à la guérison des dartres en les combattant par les al-

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