CHAPITRE Y
térants (la salsepareille , la douce-amère, etc.), tandis qu’elles résistent presque habituellement à leur action , ou bien elles reparaissent quelque temps après le traitement. On vante beaucoup la valériane , la noix vomique , le camphre , le castoreum, le musc, l’assa-fœtida, etc., contre les convulsions, les affections histériques, les vertiges, les paralysies , etc., et cependant ces diverses affections du système nerveux, loin de cesser durant l’administration de ces substances, deviennent souvent plus intenses, plus opiniâtres, par suite de leur emploi. Il en est de même de la ciguë, dont on exalte l’héroïsme dans le traitement du squirre et du cancer; au lieu de guérir, le plus souvent le malheureux patient meurt. D’un autre côté, le zinc est considéré comme le remède souverain contre l’épilepsie , quand cette maladie continue à demeurer incurable , ou du moins elle est d’une très-difficile et très-incertaine guérison; l’alcali volatil est estimé d’une grande efficacité dans la péripneumonie, tandis que son usage la rend ordinairement plus grave. On peut en dire tout autant des éloges donnés gratuitement aux yeux d’écrevisses pour les affections de la matrice, à la gomme-kino pour arrêter la diarrhée , au simarouba pour la dissenterie , à l’éther sulfurique pour l’asthme , au colchique pour la goutte , au mercure pour la cure des affections du foie, au cuir et à l’éponge brûlés pour celle des écrouelles , au baume de copahu pour la gonorrhée , et autres prétendus remèdes ,
dont Faction demeure absolument mystérieuse. Tous les faits que nous venons de rapporter sont le produit de l’observation pratique journalière. Voilà cependant ce que c’est que de vouloir suivre sans examen ni réflexion les faux raisonnements de nos premiers maîtres en médecine ! Parce qu’ils ont, de temps en temps, obtenu quelque avantage de l’une ou de l’autre substance indiquée ci-dessus pour la cure d’une maladie , on s’est figuré que les mêmes remèdes pouvaient constamment donner les mêmes résultats dans des maladies semblables ou du moins crues telles. On s’est malheureusement trompé bien des fois , ainsi que nous l’apprend l’observation pratique. Loin donc de porter toute leur attention sur l’incertitude des remèdes préconisés , pourquoi les médecins, engagés dans la vieille route expérimentale , continuent-ils à la suivre aveuglément , et affectent-ils de ne pas s’apercevoir de leur erreur et des tristes effets qu’ils retirent assez souvent de remèdes mal connus et par conséquent mal encore appliqués?
Il faut convenir que la chimie a imprimé une nouvelle et louable impulsion à la matière pharmaceutique en réduisant le plus grand nombre des médicaments au seul principe curatif qui était neutralisé par son union à d’autres substances étrangères et oisives. Mais , d’un autre côté , ces mêmes médicaments, quoique réduits à leurs éléments purs et simples, et que la chimie elle-même proclame comme autant de secours précieux pour