‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 45 sur 240 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

nous : de là, ces secrets de famille transmis d’âge en âge, corroborés par les maximes générales de quelques médecins qui vont prescrivant, pour toutes les sortes de maladies, l’emploi de la saignée, des purgatifs, des sangsues, des vésicatoires, des cautères, de l’émétique, ou bien l’usage de l’eau froide, à l’exemple de Priesnitz ; de l’eau-de-vie et du sel, suivant Yallance ; du drastique, d’après Leroi ; des pilules selon Morisson, etc. , etc. Comme on le voit clairement, par une inextricable fatalité, la médecine pratique a ,dans tous les temps, eu à lutter contre son plus implacable ennemi , l’empirisme !

L’empirisme fut fondé par Esculape, professé et défendu sans réserve par Sérapion en Égypte, sous le règne de Ptolémée Philadelphe. L’empirisme reçut une nouvelle vie par les soins de Paracelse et de ses partisans. Dans les cas difficiles , ce maître consultait tous ceux qui exerçaient la médecine naturelle , jusqu’aux vieilles femmes et aux novateurs , espérant toujours en apprendre quelque bon remède. Ainsi s’enracina l’erreur, ainsi s’invétéra le préjugé de croire constamment utiles les remèdes qui réussirent par hasard, et de les appliquer à des cas estimés semblables. D’un siècle à l’autre , l’erreur a grandi , s’est affermie et, à notre honte , elle est encore vivace de nos jours , puisque les médecins qui suivent la méthode expérimentale impure ne s’arrêtent point à l’incertitude , à l’irrégularité des effets des remèdes, et continuent à essayer leur action dans

Pétât cle maladie, ce qui, je le répète, est contraire à l’ordre de la nature.

Pour arracher la médecine pratique à cet état d’avilissement et d’ignominie , plusieurs hommes de génie et vrais philanthropes se sont unis vers la fin du siècle dernier ; ils se proposèrent de débarrasser l’art de guérir des chaînes de i’empirisme, et de faire enfin disparaître les pratiques dangereuses et vulgaires qui le déshonoraient. De ce nombre fut l’illustre Brown qui contribua, comme nous le dirons dans le chapitre suivant , à donner à l’art médical une marche plus régulière. Ses efforts ont été singulièrement secondés par la découverte que fit Rasori du contre-stimulus , par les observations pratiques du docteur Thomassini , par les recherches et les travaux de Broussais , tous les quatre médecins célèbres , tous les quatre dignes de notre juste reconnaissance. Mais, pour compléter leur œuvre immortelle, il fallait encore de nouveaux faits, de nouvelles connaissances : cette lacune , si nous ne sommes pas dans l’erreur, a été merveilleusement comblée par les découvertes du digne docteur Samuel Hahnemann. En suivant le cours de notre ouvrage, on verra si les savants médecins cités nous ont véritablement ouvert la route droite , la route qui doit nous amener au traitement heureux des maladies, et par suite nécessaire à l’unité pratique , but auquel nous aspirons, but qui constituera la gloire de notre siècle.

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