‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 49 sur 240 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

stimulants. Pour justifier cette opinion , il disait : « Lorsque les stimulants agissent avec trop d’énergie sur l’excitabilité , ou de manière à produire un état de faiblesse par trop d’excitament , cette faiblesse , au contraire de la précédente , s’appelle indirecte . « Dans ce cas, il paraît que Brown s’empara de l’idée des médecins mécaniciens, qui, bien avant lui, disaient : A snmmo tonolaxitas . La diathèse sthénique , toujours d’après l’auteur que nous examinons , est la tendance de l’économie animale aux maladies sthéniques , comme la diathèse asthénique est la disposition aux maladies de caractère opposé. Voilà pourquoi Brown réduisit toutes les affections à deux grandes classes , les maladies sthéniques et les maladies asthéniques directes ou indirectes , assurant en même temps que les unes aussi bien que les autres diffèrent entre elles quant au degré de sthénie ou d'asthénie, mais non quant à leurs caractères, qui sont toujours les mêmes aussi bien chez les premières que chez les secondes , ces dernières étant directes ou indirectes. Il voulait dire par-là que les maladies sthéniques , par exemple , ont toutes le même caractère , ne variant l’une de l’autre que par le degré d’intensité ; pareillement, que toutes les maladies asthéniques, soit directes, soit indirectes, offrent le même caractère, quoique l’une diffère de l’autre par le degré d’asthénie directe ou d’asthénie indirecte.

D’après sa distribution des maladies en deux

ordres , Brown dut placer de même tous les remèdes qu’il leur appliquait : les remèdes stimulants appartenaient à la cure des maladies asthéniques directes ou indirectes ; les remèdes moins stimulants étaient réservés au traitement des maladies sthéniques. Selon lui , tous les médicaments agissent d’une manière uniforme , ils stimulent toujours l’excitabilité; la seule différence qui se remarque entre eux consiste dans le degré de leur force ou dans la capacité de stimuler. D’après ce système , il traitait les maladies asthéniques directes ou indirectes , avec les mêmes stimulants ; seulement dans les premières , il les ordonnait à petite dose , tandis que , dans les secondes , il le faisait à plus forte dose ; il augmentait la dose des remèdes proportionnellement pour les maladies asthéniques directes, et la diminuait successivement dans les athéniques indirectes.

Il faut dire qu’il distinguait les stimulants des irritants. Il appelait de ce dernier nom toutes les forces ou conditions susceptibles de troubler et en même temps incapables d’exciter ou d’abaisser les puissances de la vie. Il considérait l’irritation comme une affection locale qu’il combattait tantôt en faisant cesser l’état qui la sollicitait, tantôt en expulsant du corps malade la cause de l’irritation. « Dans cette situation , il ne faut pas , disait-il , augmenter ou diminuer l’excitament; il importe uniquement d’en repousser la cause. « Cependant il admettait que l’affection lo-

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