‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 50 sur 240 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

cale pouvait embraser l’excitament dans tout le système général et produire le tumidtus in toto cor pore diffusus.

Quant aux maladies inflammatoires aiguës, Brownies traitait par les remèdes propres à diminuer l’excitation excessive, ainsi que Sydenham le faisait avant lui par les anti-phlogistiques ; il suivait la méthode de Tort! contre les fièvres intermittentes, celle du célèbre Pierre Moscati dans les fièvres des femmes en couches , et celle de Sarcone pour le traitement de la péripneumonie maligne ; de même qu’il adoptait le mode de Hufeland quand il avait à traiter la petiter vérole maligne; il recourait à celui de Weikard contre l’apoplexie , et à celui de Underwood dans les ulcères anciens des jambes. Il éleva fortement la voix contre les médecins humoristes , et dénonça hautement toute théorie tendante aux dyscrasies humorales. Cependant , ainsi que nous le verrons tout à l’heure, Brown s’éloigna de la marche de la nature dès qu’il considéra la faiblesse indirecte comme cause d’un grand nombre d’autres maladies asthéniques. De là, le besoin de stimuler qu’il voyait trop souvent dans sa pratique, et bien rarement celui de débiliter. Par suite nécessaire, il donna de la sorte matière à ses ennemis , nombreux et acharnés , d’attaquer sa doctrine, et, ce qui est pire et toujours condamnable , de médire de sa personne , de l’accuser même de dérèglement. C’est une tache honteuse que d’outrager

10k PREMIÈRE PARTIE.

ainsi un savant dont tous les efforts tendaient incessamment à l’amélioration de l’art de guérir. Sans doute , il doit être permis de relever les fautes commises sans intention^, mais il convient de le fairelavec modération , avec tous les égards dus aux hommes distingués ; du moment que l’on descend aux personnalités, lesquelles pénètrent dans le peuple, plus odieuses et plus ignobles, on se rend coupable , on appelle sur soi la sévérité des lois et le mépris des gens de bien.

Brown était intimement persuadé de l’existence de l’asthénie, ou faiblesse in directe, puisqu’il en parle avec conviction. Il serait absurde de soutenir le contraire : autant vaudrait dire qu’il a voulu, de gaîté de cœur, en imposer aux médecins , séduire leur bonne foi pour leur tendre un piège et couvrir de ridicule ses généreux efforts: le penser même est une insulte à sa mémoire.

Le plan de conduite qu’il s’était tracé tendait essentiellement au perfectionnement de la médecine pratique , à l’arracher aux subtilités de la métaphysique comme aux séductions de l’empirisme. On le reconnaît quand on l’entend tonner contre les dyscrasies humorales, les futiles recherches sur l’essence et la cause prochaine des maladies; on en demeure convaincu lorsqu’on voit tout le soin qu’il prend pour donner à son système médical l’aspect de simplicité convenable à son établissement et à son extension, pour lui

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