‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 52 sur 240 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

II y a de même abstraction formelle dans cette autre conclusion , qu’il faut suivre le guide fallacieux ou du moins équivoque de l’excitament excessif pour la médication des maladies dites sthéniques. En premier lieu, la seule connaissance de cet excitament n’est point suffisante , en ce que plusieurs des maladies rangées par Brown au nombre de celles qu’il appelle sthéniques, résistent le plus souvent aux remèdes qu’il recommande comme devant en amener la guérison. Secondement , il n’avait pu encore, quand il s’exprimait ainsi , prouver par l’expérience que tout l’ensemble d’une maladie sthénique quelconque réside uniquement dans l’excitament excessif : cette hypothèse a été également détruite par l’observation pratique. Notre remarque, à cet égard, devient encore plus sensible dans le traitement des maladies que notre auteur appelle asthéniques indirectes , puisqu’elles empirent toujours sous l’influence des stimulants que les browniens appliquaient même à forte dose , tandis qu’elles cèdent le plus souvent à l’action des anti-phlogistiques auxquels recouraient les disciples de Sydenham.

Brown avait tort d’admettre la phlogose-asthénique, qu’il faisait dépendre, ainsi qu’une foule d’inflammations chroniques, non moins obscures que visibles, de faiblesse indirecte, puisque toutes ces maladies, comme nous venons de le voir, deviennent plus intenses par l’usage des stimulants,

et disparaissent le plus ordinairement soumises à Faction des anîi-phlogistiques. De ces faits on peut conclure que la division des inflammations en aiguës et en chroniqnes a ruiné une grande quantité de malades, et par conséquent a coûté bien des larmes à l’humanité. Sous l’empire de la doctrine de Brown Fon traitait l’inflammation du cerveau, chronique ou passive, par les stimulants. La même médication s’employait contre le rhumatisme chronique , ainsi que dans plusieurs autres inflammations que le maître disait , à tort , provenir de faiblesse indirecte > sans réfléchir qu’une inflammation aiguë ou chronique est toujours semblable à elle-même pendant l’entière durée de son cours.

Sur ce point tous les médecins sont aujourd’hui d’accord qu’un organe quelconque , quand il est affecté d’une inflammation aiguë ou chronique , présente constamment un degré plus ou moins élevé d’irritation ; qu’il y a chez lui exaltation de vitalité, une certaine surabondance d’humeurs, cause de la douleur locale dont se plaint le pâlie n o Lors de l’autopsie, on trouve en effet les petits vaisseaux de la partie affectée engorgés de sang. Tout concourt donc à prouver que, dans les inflammations chroniques , Fon observera les mêmes phénomènes que dans les inflammations aiguës, avec la seule différence cependant que les symptômes seront plus ou moins intenses dans celles-ci , et plus ou moins tolérables dans les

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