CHAPITRE VII
d’irritation, caractérise particulièrement la nouvelle doctrine médicale italienne. Dans la vue d’en offrir une idée plus complète , Tommasini nous fournit les faits suivants :
I. Plusieurs substances, au lieu de stimuler, comme l’écrivait Brown , produisent , au contraire , sur la fibre vitale une action diamétralement opposée : c’est de là qu’elles ont reçu , depuis la découverte de Rasori, le nom de contre-stimulants , attendu qu’elles diminuent l’excitament, et abaissent la condition essentielle des forces vitales. Ce fait, que les contre- stimulistes font dépendre de l’action des contre-stimulants, Brown le disait provenir de la diminution des stimulants , autrement, de Faction des forces négatives, telles que le froid , la peur, la tristesse , la saignée , les purgatifs et autres causes semblables. Celles-ci exceptées, le médecin écossais rangeait parmi les stimulants toutes les autres substances, ce qui est , comme nous l’avons dit précédemment , en opposition flagrante avec l’observation pratique. En effet , il y en a un grand nombre qui , loin de stimuler, diminue plutôt l’excitament, déprime les forces vitales ou affaiblit le système vivant. De ce nombre, je citerai les acides végétaux et minéraux , le tartre stibié , l’eau de laurier-cerise , la digitale pourprée , la scille , l’ipécacuanha , le nitrate de potasse , la ciguë , la jusquiame , la noix
vomique , la gomme-gutte , plusieurs substances
amères , le zinc , le sel de saturne, ou acétate de
plomb, le fer, la myrrhe, le magistère de bismuth , et beaucoup d’autres substances médicinales constatées comme telles par l’observation pratique.
II. Les contre-simulants ont une action directe sur l’économie animale , puisqu’ils détruisent les effets du stimulus excessif sans amener aucune sorte d’évacuation ; mais lorsqu’ils sont appliqués sans nécessité , ou bien au delà des limites indiquées par le besoin , ils donnent lieu à des maladies qu’il faut traiter par les stimulants.
III. Comme le froid, la saignée, les purgatifs, les sangsues, etc., les contre-stimulants guérissent les affections provenant d’excès de diathèse sthénique, de stimulus ou d’excitament ; de même les stimulants sont une voie de guérison pour les maladies dues au défaut de stimulus, à la diathèse asthénique, à la faiblesse ou bien au défaut d’excitation .
IY. La fibre vivante peut supporter une dose de stimulants ou de contre-stimulants d’autant plus forte que le degré de la diathèse sthénique, ou asthénique, est plus élevé : cette sorte de complaisance ou de tolérance est , au dire des contrestimulistes, la mesure la plus complète de la diathèse.
En résumé , la nouvelle doctrine médicale italienne repose sur deux points cardinaux , la découverte des substances contre -stimulantes, et l’axiome erroné de Brown que la faiblesse indi-