‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 58 sur 240 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

recte est la cause de beaucoup de maladies qu’il recommande de traiter par la méthode stimulante. Or, il est évident qu’en détruisant , ainsi que viennent de le faire les médecins italiens , l’illusion de la faiblesse indirecte , ils ont acquis des droits incontestables à la reconnaissance publique , et mérité le titre de bienfaiteurs de l’humanité. Personne n’ignore combien a été funeste l’erreur de traiter la phlogose , estimée de temps à autre asthénique, et les inflammations chroniques par les stimulants , ainsi que s’avisaient de le faire trop souvent les disciples de Brown dans des cas semblables , et combien elle a suscité de longues amertumes et de pertes déplorables!

Considérée sous un autre point de vue , la méthode de traiter les maladies selon la "nouvelle

doctrine médicale italienne, se trouve d’accord avec les meilleures prescriptions de la médecine ordinaire. En effet , abstraction faite de la diversité du langage , les remèdes anti-phlogistiques , dans tous les temps , ont été ordonnés dans la majeure partie des maladies. Aussi les partisans de la nouvelle doctrine médicale italienne emploient-ils également les contre-stimulants dans le plus grand nombre des maladies. Baglivi, Sydenham, Huxham, Dehaën, Borsieri , Franck, Cotugno , Broussais et beaucoup d’autres célèbres médecins de diverses époques et nations ont préféré la méthode anti-phlogistique , et laissé de côté la méthode stimulante pour le

traitement de la plupart des maladies. On peut ajouter, sans crainte d’être taxé d’erreur, que tous les auteurs modernes de thérapeutique donnent, à peu de choses près , la même couleur à leurs écrits.

Il nous faut , avant d’aller plus loin , exprimer le doute que font naître deux autres axiomes de Brown, adoptés par la nouvelle doctrine médicale italienne. Est-il bien juste de renfermer dans deux classes toutes les maladies qui désolent le genre humain , quand on sait que les maladies sont autant de phénomènes individuels variant les uns des autres , et que leur nombre n’est point encore positivement déterminé ? Comment peut-on estimer naturelle la division de ces mêmes maladies en asthéniques et en sténiques, ou bien en affections d’excès et de défaut de stimulus , quand il est constant que l’on peut avoir, dans le cours de la même espèce de maladie, l’excès ou le manque de stimulus , comme on l’a observé lors du choléramorbus en 1852. Tantôt on y trouvait des individus , saisis par cette épidémie , tourmentés par une espèce de fièvre violente, et conséquemment sous l’influencé d’un excès de stimulus , et tantôt dans un état complet de prostration de toutes leurs forces vitales , c’est-à-dire dans un véritable défaut de stimulus. Cependant, il ne faut pas dire qu’une maladie, soit aiguë ou chronique, n’est pas toujours semblable à elle-même durant son cours entier : c’est ce qui nous fait croire que l’excès ou

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