CHAPITRE VIE
le défaut de stimulus est un phénomène physiologique, et non pas dynamique, et par conséquent, dans le diagnostique des maladies, l’excès ou le défaut de stimulus est un guide trompeur.
De la sorte , il est facile de comprendre pourquoi les maladies sthéniques , ou d’excès de stimulus , ont tant de fois menli l’aspect de maladies asthéniques , et vice versa. Les adeptes de la nouvelle doctrine médicale italienne se sont souvent aperçu eux-mêmes avoir pris, comme nous le verrons plus bas , une maladie de défaut pour une d’excès de stimulus, et par suite une d’excès pour une de défaut. De semblables erreurs ont été commises par d’habiles médecins, trompés par des phénomènes alternatifs indiquant des diathèses de caractère opposé. Cette fausse indication oblige, malheureusement, à changer de méthode à chaque instant aux dépens du pauvre malade.
La loi d’analogie n’est pas non plus un guide toujours fidèle : aussi n’est-elle point applicable à la médecine pratique , parce que les maladies , en général, ne se ressemblent jamais sur tous les points. Sans doute l’excès ou le défaut de stimulus peut concourir dans une maladie, nous ne le nions pas; mais ce que nous n’admettons pas, c’est que le défaut ou l’excès de stimulus en forme tout l’ensemble, et que l’on soit certain de ne pas s’y tromper.
Certes, ce serait se jeter dans le vague que de vouloir adopter pour guide , dans l’exercice delà
médecine, l’incertitude résultant de l’excès ou du défaut de stimulus. Et puisque l’hydrophobie , la phthisie pulmonaire, la goutte, la peste, le choléra-morbus, etc., etc., sont des maladies dues au phlogistique ou à l’excès de stimulus, on demande pourquoi n’obéissent-elles pas à l’action des contre-stimulants? S’il est vrai, comme Festiment les partisans de la doctrine du contre-stimulus , que quelques espèces de paralysie , de vertige , d’apoplexie, etc., dérivent du défaut de stimulus, pourquoi résistent-elles, le plus souvent, à l’action des stimulants? Cette contradiction nous fait considérer l’état altéré de l’excitament comme un phénomène de second et non pas de premier ordre dans le diagnostique et le traitement des maladies. De même, nous regardons comme abstrait l’axiome que le plus grand nombre des maladies découle d’une inflammation quelconque , et ne peut être rangé parmi les maximes avérées , légitimement établies, dès que plusieurs maladies, désignées par les contre-stimulistes comme effet d’inflammation ou provenant d’une inflammation , résistent bien souvent aux émissions sanguines et à tous les autres contre-stimulants.
Il est bien facile de dire que les maladies d’excès de stimulus doivent être traitées par les contrestimulants , et par contre les maladies provenant du défaut de stimulus à l’aide des stimulants ; mais il n’est pas également aisé de distinguer avec certitude , lorsqu’une maladie est vraiment d’excès ,