CHAPITRE VIL
ou quand elle est de défaut de stimulus. Ce qui demeure indubitable, c’est que, dans plusieurs cas de maladies, quelques-uns des praticiens de la nouvelle doctrine ordonnent la saignée, tandis que d’autres ont recours aux stimulants : c’est ce qui s’observe, par exemple, dans le traitement de certaines fièvres périodiques, paralysies, apoplexies. Or, nous disons, si les médecins contre-stimulistes pouvaient distinguer à son début une maladie, et soutenir avec raisons suffisantes qu’elle est vraiment d’excès ou de manque de stimulus , quels motifs auraient-ils de soutenir une opinion différente relativement à son traitement? Combien, d’autres fois, ainsi que nous le noterons plus tard, ont-ils eu recours aux stimulants après avoir en vain employé les contre-stimulants, et vice versa? De là résulte nécessairement que le système, la méthode ou maxime, comme on voudra l’appeler, de traiter les maladies en suivant le critérium de l’excès ou du défaut de stimulus, est, pour le moins, insuffisante au véritable but de l’art de guérir.
La difficulté ou l’incertitude de distinguer, dans tous les cas, une maladie d’excès d’une autre provenant du défaut de stimulus, ne sera point surmontée en recourant à la diversité de leurs symptômes , parce que ceux-ci peuvent être identiques et appartenir à des affections bien différentes les unes des autres, ou de caractère opposé. Il ne convient pas non plus de s’en remettre à la di-
verse nature des causes morbifiques , en ce que celles destinées à produire toujours des maladies de défaut de stimulus , comme l’air froid , la crainte, la tristesse, la frayeur, etc., sollicitent quelquefois des maladies d’excès de stimulus. Le secours que semble offrir la connaissance de la diversité de sexe, de l’âge et du tempérament sur le diagnostique des maladies , est plus insuffisant encore que la diversité des symptômes, que la différente nature des causes morbifiques, puisque les individus de sexe , d’âge et de tempérament différents sont sujets aux maladies de défaut aussi bien qu’à celles d’excès de stimulus.
Nous ferons enfin observer qu’il existe des maladies étrangères à Fexcès comme au défaut de stimulus : ce sont celles qui dérivent du désordre des mouvements et des sensations de la fibre vivante. Les partisans de la nouvelle doctrine médicale italienne , eux-mêmes , admettent que les maladies dites irritatives ne proviennent ni d’excès ni de défaut de stimulus. Selon leurs propres expressions, les forces morbifiques qui déterminent ces maladies, ne peuvent point donner lieu à l’excitament normal , ce qui les distingue des stimulants et des contre-stimulants. Le seul pouvoir qu’elles aient se réduit à déranger la fibre vivante, mais nullement à l’exciter ou àl’affaiblir. Ainsi, les maladies irritatives , toujours en nous servant du langage des médecins contre-stimulistes , ne doivent pas être traitées ni par les stimulants ni par