‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 6 sur 240 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

nous n’aurons point les moyens de le suivre dans toutes ses phases, le mystère des causes premières des maladies internes demeurera couvert d’un voile que la puissance humaine ne pourra soulever : l’intelligence la plus élevée n’arrivera pointa connaître la connexion qui les lie avec les symptômes variés qui les dénoncent.

Néanmoins , la séduisante illusion de l’amourpropre qui voulut plusieurs siècles après cette époque déjà éloignée que , un jour ou l’autre , on arrivât à la connaissance des causes occultes des maladies internes , détourna les praticiens du mode d’observer indiqué et suivi par Hippocrate, pour les jeter dans les idées abstraites et spéculatives. A une époque plus rapprochée de nous, ces mêmes opinions reparurent sous les noms tantôt de dissolution des humeurs , ou de colliquation putride, tantôt d'acrimonie dans le sang , ou d 'acidité de sa partie séreuse , ou bien encore de matières putrides répandues dans d’autres parties de l’organisme.

On crée et l’on n’observe pas; avec une semblable habitude , certains médecins ont confondu ensemble l’essence du mal avec les taches, avec les signes d’une colliquation commençante , avec les phlogoses et mille autres altérations des solides ou des liquides ou des uns et des autres en même temps. Ils n’ont point vu que les altérations offertes par les solides et les liquides lors de l’autopsie, sont , ainsi que nous le dirons plus bas , le résultat et non pas , comme on l’a avancé, les élé-

ments constitutifs ou l'essence des maladies internes.

Ce qu’il est permis de dire à ce sujet , se réduit à considérer ces diverses altérations comme le produit d’accidents ou de circonstances concomitantes faciles à constater dans l’une ou l’autre maladie ; mais , aucune raison ne nous autorise à croire qu’il soit possible d’inférer de ces altérations organiques la connaissance de la cause prochaine des maladies internes qui , je le répète , restera toujours complètement impénétrable.

La vieille erreur que nous signalons s’est tellement invétérée dans certains esprits que de savants pathologistes, même de nos jours, ont craint de l’attaquer de front dans leurs écrits , de peur sans doute de soulever les ressentiments que ne manqueraient pas d’exciter les hommes à préjugés partisans de Galien , le chef des humoristes. Par cette sorte de tolérance préjudiciable ils ont entravé la marche progressive de la pcienee, ils ont nui à la santé publique, ils se sont retirés derrière les ruines de la doctrine humorale condamnée par les recherches et le jugement des praticiens les plus distingués de l’Europe. Voilà pourquoi l’on voit encore des médecins placer le siège des fièvres appelées putrides dans l’altération organique des viscères et des humeurs, et dire qu’ils le trouvent chez les individus morts de ces maladies. Il serait plus simple , plus rationnel de convenir franche-

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