‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 7 sur 240 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ment de son ignorance que d’alléguer des raisons aussi contraires à l’expérience. Le fait est que ceux qui attribuent ces mêmes maladies à l’irritation ou inflammation locale , prescrivent la saignée et les antiphlogistiques, pendant que les autres ordonnent les antiseptiques (le quinquina ou tout autre). Une contradiction aussi grave , j’allais dire aussi désastreuse dans le mode curatif d’une même maladie , dans l’emploi de remèdes opposés les uns aux autres , est due à l’antique erreur de vouloir toujours procéder à priori pour arriver à la connaissance intime de la nature des affections internes.

Le même voile nous cache pareillement l’essence des fièvres périodiques. Les croire associées aux signes visibles de phlogoses et de dissolutions humorales, c’est se perdre dans le vague, comme les dériver de l’irritation des premières voies , ou si l’on veut d’une inflammation interne, c’est embrasser une théorie toute d’abstraction. Le fait est que ces deux systèmes sont loin de se combiner avec les fâcheux résultats des saignées que l’on pratique en semblables circonstances ; ces fièvres cèdent d’ordinaire à l’action du sulfate ou de l’acétate de quinine, ce qui n’arriverait pas si elles dépendaient absolument d’une irritation ou principe inflammatoire. Cette erreur est également la preuve de la fausseté de la méthode de raisonner à priori, puisqu’elle ne permet point d’assigner même la véritable cause des accès ou paroxismes périodiques.

C’est à elle qu’il faut également attribuer les discussions interminables sans cesse agitées sur la peste, sur l’infection, sur la contagion et les procédés à employerpour les combattre ou les détruire ; loin de s’attacher aux lois de l’expérience et d’en déduire de légitimes inductions, onpréfère disputer non-seulement sur leur origine , sur leur nature , mais plus particulièrement sur le mode de les traiter. Tous les livres de pathologie et de thérapeutique sont remplis de semblables controverses ; les remèdes opposés qu’ils renferment sont une preuve évidente de l’incertitude des idées et des théories proposées , ainsi que de la fausse direction suivie pour en étudier la marche, pour en bien connaître le résultat.

Lors même que l’on admettrait pour un moment l’opinion récemment émise par un docte médecin, que la nature de ces maladies consiste dans certains changements de la mixtion organique, nous ne verrions pas l’avantage que la pratique en retirerait, puisque nous manquons de moyens d’observation capables de déterminer ou du moins de rendre sensibles à nos sens les changements que l’on imagine dans la mixtion organique.

Pareil résultat est arrivé pour cette autre vaine tentative faite dans le but de démêler la cause prochaine du choiera morbus. Toutes les descriptions publiées, tant dans l’Inde, la Russie, T Allemagne qu’en France , en Angleterre, en Italie ef en divers autres pays du monde , n’ont pu nous

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