CHAPITRE VII
les contre-stimulants ; pour les combattre avec succès, il convient de détruire plutôt la cause morbifique qui trouble l'ordre naturel des mouvements et des sensations de la même fibre vivante. Or , si les maladies irritatives ne dépendent ni de l’excès ni du défaut de stimulus , à quel moyen aurez-vous recours, non -seulement pour les bien connaître, mais encore pour les traiter avec certitude et régularité ? Vous êtes donc obligés de les combattre sans guide ou sans règle de direction , puisque vous êtes privés de traces d’excès et de défaut de stimulus. C'est cependant d’après ce critérium que les médecins contre- stimulistes se sont toujours conduits dans le diagnostique et le traitement des maladies !
Il convient, à ce sujet, de remarquer encore que, non pas toutes les maladies irritatives, consistent, comme on l’avance, en autant d’affections locales ; car, lorsqu’on en excepte celles dues à des lésions mécaniques ou à d’autres causes accidentelles, les autres maladies irritatives doivent être rapportées à un désordre général dynamique du système sensitif, désordre qui ne peut pas se limiter certainement à une seule partie du corps. D’ailleurs, s’il est évident , comme l’a démontré le docteur Guani, partisan éclairé lui-même de la doctrine du contre-stimulus , que ce sont les poisons , les miasmes, les contagions, etc., causes essentiellement morbifiques , qui font naître sur le système vivant un certain trouble , une espèce d’irritation
ou de dérangement, il sera nécessairement et positivement vrai que les maladies irritatives intéressent tout le système de la sensibilité , cette faculté étant toujours semblable à elle-même dans toute rétendue du corps. Ce n’est pas sans raison qu’Hippocrate écrivit cette sentence : In corpore humcino conjluxus est nnus , conspircitio una , et omnia consentientia. Notez que le docteur Guani faisait dériver un tel désordre de l’hétérogénéité existant, selon lui , entre les poisons , les miasmes ou les contagions et la vitalité de la fibre , hétérogénéité qui, comme nous venons de le dire, est représentée par une certaine répulsion , irritation ou trouble des mouvements et des sensations de la fibre vivante elle-même.
Que le trouble dynamique général résulte de la diffusion morbifique partielle ou qu’il vienne directement de l’action hétérogène des miasmes, poisons ou contagions, pour nous l’effet est toujours le même , puisqu’il faut combattre , en dernière analyse , une maladie irritative générale. Prétendre , comme le font les médecins contre-stimulistes, que les maladies irritatives consistent toutes en autant d’affections universellement locales, c’est nier l’identité de la sensibilité , qui est une faculté indivisible et uniforme. Et quand on sait que les poisons, les miasmes et les principes morbifiques des contagions sont absorbés par les vaisseaux lymphatiques, d’où ils coulent sans retard dans le torrent de la circulation du sang 7