CHAPITRE VII
comment peut-on. soutenir que les maladies irritatives , produites par ces causes , sont des affections universellement locales , comme le serait le choléra-morbus asiatique, qui est déterminé lui-même par Faction morbifique d’un miasme.
Si les médecins avaient voulu considérer cette dernière maladie comme une maladie irritative générale ou dynamique , et non pas comme provenant tantôt d’excès et tantôt de défaut de stimulus , autrement dit tantôt de trop de force et tantôt d’atonie ou de faiblesse , ils n’auraient pas si longtemps tardé à la soumettre à Faction des véritables remèdes qui devaient la détruire. Car, tandis que le choléra-morbus sévissait d’une manière si cruelle dans plusieurs contrées à la fois , tandis qu’il résistait le plus généralement à toutes les prescriptions conseillées ou ordonnées par les partisans de Sydenham, de Gullen, de Brown, de Rasori ou de Broussais, etc., on le voyait céder à l’usage de la préparation homœopathique de camphre , d’ellébore blanc, d’ipécacuanha, d’acétate de cuivre, de seigle ergoté, etc. (1).
Il ne serait donc plus temps aujourd’hui, ni de suivre la division des maladies en deux classes , imaginée par Brown et adoptée par les médecins
(1) Consultez à ce sujet des Guidi, Lettre aux Médecins français, pages 45 et 44 , où se trouve le tableau des guérisons du Clioléra-Morbus, obtenues par le moyen de la méthode homœopathique.
contre-stimulistes , ni de se faire diriger par l’excès ou le défaut de stimulus dans le diagnostique et dans la médication des maladies. Cependant personne ne peut, ni ne doit nier que les auteurs de la nouvelle doctrine médicale italienne ont amélioré la médecine pratique de Brown, leur premier maître, en proscrivant deux des principaux axiomes, ceux qui étaient erronés, nous voulons dire celui qui considérait toutes les substances médicinales comme autant d’agents plus ou moins stimulants , et celui de faire dépendre la faiblesse indirecte de l’excès de stimulus , et de la considérer comme la cause première d’une grand nombre d’autres maladies asthéniques. Mais la nouvelle doctrine médicale italienne (telle qu’elle est) ne peut pas convenir à tous les médecins , ni réunir en un seul faisceau leurs suffrages (but uniquement réservé à la science médicale de la nature), à cause que la doctrine du contre-stimulus ne diffère point d’un système médité à priori , puisque le principe sur lequel elle est fondée , l’excès ou le défaut de stimulus, vient du syllogisme, et non de l’expérience , comme nous venons de le démontrer à l’aide de l’observation pratique.