CHAPITRE VIII
De la médecine physiologique de Broussais.
François Broussais, chef de la médecine physiologique , attribuait , comme chacun le sait , à l’irritation ou inflammation de l’estomac et du tube intestinal la majeure partie des maladies, et, par suite de cette opinion , il considérait la connaissance des affections gastriques comme le fondement de la médecine pratique , en déclarant en même temps que cet art serait toujours un amas confus de vérités et d’erreurs , de méthodes utiles et de méthodes pernicieuses , tant qu’elle ne s’épurerait point en adoptant la médecine physiologique, qui découvre seule aux praticiens le siège des maladies. En partant du principe que l’inflammation de l’estomac et des intestins est la cause du plus grand nombre des maladies , Broussais arriva nécessairement, quoique par degrés, à conclure que la gastro-entérite , simple ou compliquée , suivie ou non de douleur locale , était la source de toutes les fièvres essentielles des auteurs.
Tous les symptômes que , selon lui, les écri-
vains de thérapeutique rapportent aux fièvres idiopathiques, sont tous et constamment signes d’inflammation d’un ou de plusieurs organes internes. « Aucune fièvre , disait-il, ne peut exister ou se manifester sans provenir d’une inflammation , et par conséquent toute méthode curative veut et doit être dirigée contre l’inflammation, et non pas contre l’une ou l’autre fièvre, qui n’en est que l’effet. » D’après cela, on ne peut plus être surpris si Broussais , après avoir indiqué l’estomac et les intestins comme foyers du plus grand nombre des maladies, voulut élever ces mêmes organes au-dessus de tous les autres. Il y était d’autant plus déterminé qu’il regardait l’estomac comme centre de toutes les actions sympathiques et comme le moyen d’opération des remèdes administrés à l’état de maladie. Ce fut , en effet , l’importance du grand rôle que l’estomac joue dans le mécanisme de la vie qui lui fît dériver de l’irritation de cet organe , non-seulement les fièvres continues , mais encore les fièvres intermittentes.
« Telle est, disait-il, la raison pour laquelle les médecins qui négligeaient d’apprécier à leur juste valeur, comme ils auraient dû , les affections gastriques dans le traitement des fièvres, réussissaient si rarement à les combattre; voilà pourquoi leurs efforts sollicitaient, à leur insu et le plus souvent, des désordres chez le malade. »
Broussais se plaignit beaucoup de ce que les anciens médecins avaient élevé si haut la puis-