‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 73 sur 240 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

lion rigoureuse , sont encore de nos jours dans l’esprit et dans la bouche d’un grand nombre de praticiens!

L’idée fixe , toujours enracinée , de vouloir découvrir à quel prix que ce soit, l’essence des maladies internes, inspira à d’autres médecins l’idée de recourir à l’anatomie pathologique , espérant, à l’aide des lumières qu’elle leur fournit, voir se refléter à leurs yeux les changements de l’organisme, de même qu’on les observe çà et là dans l’autopsie , sans se douter que les altérations qu’on y remarque, sont les effets ou les conséquences et nullement l’essence des maladies internes. S’il en était autrement , les médecins ne continueraient pas à disputer sur leur nature, et plus encore sur le traitement qui leur convient , ils ne persisteraient pas à suivre en aveugles les chemins faux et tortueux qu’ils ont pris depuis tant de siècles.

II. Les inventeurs de la médecine symptomatique, qui sont venus en second lieu, ont, de leur cpté , imaginé qu’il leur était possible de connaître la nature et de distinguer les différences des maladies internes par la diversité de leurs symptômes ; ils ne réfléchirent pas qu’il y a beaucoup de maladies de caractère opposé, qui sont accompagnées par des symptômes semblables , ou qui se montrent tels aux yeux de tous les praticiens. Il est certain , et nous en convenons , que l’on peut déterminer le siège des affections de la poitrine et de l’abdomen à l’aide de la percussion, de la près-

sion abdominale , de la mesure comparative des deux côtés du thorax , ou bien en se servant du stéthoscope, du pleximètre, du diapason, etc.; mais il n’est pas moins évident aussi que , malgré toutes ces ressources pour l’exploration et l’investigation, la médecine symptomatique n’offre point à ceux qui la pratiquent la certitude nécessaire de ses lois et de ses moyens curatifs. La raison de cette conclusion est fort simple : la doctrine des symptômes étant fondée tout entière sur la règle variable de leur diversité, ne possède aucun principe réellement vrai , réellement stable , propre à découvrir la nature des maladies internes , alors que cette connaissance échappe à l’intelligence humaine ; par conséquent , elle ne peut faire germer ni développer le pouvoir d’une science positive , encore moins offrir la garantie de ses remèdes.

III. L’habitude de s’en remettre au raisonnement seul dans une science expérimentale, comme l’est la véritable médecine pratique, a contribué de plus en plus à la dénaturer. Contrairement à l’ordre de la nature , la méthode systématique , qui est fille du syllogisme ou de l’esprit raisonneur, prétend soumettre la cure d’un nombre indéterminé de maladies, disons mieux , de phénomènes morbifiques individuels, à une règle générale , le plus souvent abstraite , tandis que l’on sait maintenant que chacun de ces phénomènes exige nécessairement une médication spéciale ou indivi-

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