CHAPITRE IX
duelle et proportionnée , en même temps qu’il faut prêter attention à la position des malades , laquelle varie infiniment d’un individu à un autre. Quelle absurdité n’y a-t-il pas, toutes les fois qu’on distribue les maladies en deux classes , qu’on se borne simplement à augmenter ou à diminuer l’excitament, à s’opposer à l’excès ou au défaut de stimulus, à l’irritation ou à l’état de faiblesse, etc., etc.? Et pourtant on ne peut pas nier que tout le savoir acquis par la méthode systématique se réduit uniquement, et en dernière analyse à cette double opération de l’esprit.
Nous le demandons, de quelle utilité la doctrine systématique de Cullen, sur le spasme, a-t-elle été à la médecine pratique? et le système médical de Brown , qui fascina tant de médecins instruits , n’estil pas plutôt l’œuvre de son esprit que celle de la nature ? Le premier substitua les anti-spasmodiques, et le second les stimulants, aux remèdes anti-phlogistiques de Thomas Sydenham dans le traitement du plus grand nombre des maladies. Après eux parurent les médecins contre-stimulistes,qui renversèrent l’hypothèse de Cullen sur le spasme , et l’axiome abstrait de Brown sur l’identité d’action des remèdes et sur la faiblesse indirecte ; et puis, à leur tour, ils remplacèrent parles contre-stimulants les anti-spasmodiques de Cullen et les stimulants de Brown dans le traitement de la majeure partie des maladies. Enfin , l’on vit paraître les partisans de la médecine physiologique, qui, pour tout
accorder à leur doctrine favorite 7 substituèrent les anti-phlogistiquesaux contre- stimulants deRasori et de T o mm a si ni pour la médication de presque toutes les infirmités humaines*
Quel chemin long, tortueux, difficile en même temps qu’il est faux, la médecine pratique embrasse pour arriver au but ! Tant de travaux , de recherches , de méditations, d’études et de prétendues expériences , n’ont donc abouti qu’à placer, bien involontairement sans doute , les mécins dans un cercle perpétuellement vicieux ! Ils n’ont fait que rétrograder sans cesse vers le point d’où ils étaient partis en ordonnant , comme nous venons de le voir , l’emploi des anti-phlogistiques dans le traitement du plus grand nombre des maladies, à l’exemple de Thomas Sydenham , qui agissait de la sorte il y a près de deux siècles ! Le sens commmun, juge du vrai , suffît seul pour stigmatiser ce fait inoui. Nous avions donc raison de dire : tant que la médecine pratique ordinaire persistera dans sa marche habituelle , elle tiendra ses partisans dans les perplexités de l’incertitude, et même elle leur inspirera le regret de n’avoir point voulu suivre les progrès qui font l’honneur de notre âge.
IY. Une autre remarque non moins notable c’est; que, au sein même de l’incohérence des systèmes, des méthodes et des doctrines’médicales sortis de l’esprit ]d’hommes justement estimés supérieurs sous tous les rapports , les médecins sont , pour