CHAPITRE X
pour guérir ces mêmes douleurs iliaques, et iVgricola pour détruire une ancienne obstruction du ventre.
XII. » Marco réussit en très-peu de temps à résoudre une tumeur inflammatoire de la langue et de la gorge en faisant usage du mercure, quand chacun sait que cette substance minérale produit ces mêmes tumeurs et des inflammations dans la bouche.
XIII. » Les Russes appliquent des feuilles de choux cueillies durant le froid du matin sur les parties du corps qui sont gelées depuis peu , ou bien ils les frottent avec de la neige , comme cela se pratique, de mémoire d’homme, dans les Alpes et les Vosges. Sans en donner la raison, les vernisseurs lavent les parties brûlées avec de l’eaude-vie ou de l’huile de térébenthine bien chaude : ce moyen leur réussit constamment.
» Fernel avance aussi la proposition de guérir les parties brûlées en les approchant du feu ; ce remède , dit-il , est héroïque. Jean Hunter, en son livre classique sur le sang et sur l’inflammation , dit que des graves effets sont résultés de la fausse méthode de traiter les parties brûlées au moyen de l’eau froide ou de la neige ; il faut, au contraire, ajoute-t-il , employer la méthode opposée , c’està-dire d’approcher du feu les parties brûlées. Les moissonneurs qui, durant leurs travaux, sont exposés à toute l’ardeur d’un soleil brûlant, ne boivent jamais d’eau froide ; ils ont recours au vin ,
aux liqueurs spiritueuses : ils suivent en cela la loi de la nature, qui ne trompe pas, et par suite ils adoptent , sans en apprécier toute l’importance , la méthode qui repousse celle si fâcheuse contraria contrariis. Zimmermann a remarqué que les habitants des pays très-chauds font usage de préférence des liqueurs spiritueuses, toutes les fois qu’ils se sont livrés à un grand exercice du corps. En ouvrant les œuvres classiques des praticiens les plus illustres , comme Tralles , Hoffmann , Fabrice d’Aquapendente, Sydenham, Haen, Franck, Cirillo, etc , on voit que, dans tous les siècles, quand il s’agissait de la cure des maladies graves ou opiniâtres, ainsi que nous le dit Hahnemann, on avait recours, sans s’en rendre un compte exact, à des remèdes susceptibles de produire des maladies semblables chez l’homme sain. »
D’après cette série de faits, qu’il serait facile de prolonger, quel est le médecin qui voudrait aujourd’hui dénier l’axiome que l’on guérit avec certitude les maladies par la loi dessemblables, et non point en suivant la règle contraria contrariis?
« Au nombre des médecins qui pressentirent tous les avantages de la loi des semblables , Hahnemann distingue particulièrement Erasto, Detharing , Bertholon , Thoury, Stoerck , Bouldoc et Sthal. Thomas Erasto sout enait à ses adversaires que la seule méthode, selon lui, pour guérir radicalement les maladies était celle renfermée en ces deux mots : similia similibus. Detharing avança,