CHAPITRE X
pour sa part, que si l’infusion de séné met un terme aux douleurs de la colique, e’est parce que, étant administrée dans le cas où elle n’est pas nécessaire, elle les produit chez l’homme sain. Bertholon déclare de la manière la plus positive que l’électricité diminue et détruit même la douleur, par la raison que la douleur est semblable à celle que l’électricité développe sur l’homme sain. Thoury s’est assuré que l’électricité positive augmentait l’activité ou la fréquence du pouls, comme elle le rend plus rare ou plus lent lorsque, dans l’état de maladie, sa célérité ou sa fréquence devient excessive. Stoerk alla plus loin encore en nous apprenant que, si le stramonium détermine la folie chez l’homme sain, on peut l’administrer aux fous comme moyen de rétablir l’ordre de leurs idées et de leur rendre l’usage de la raison. Bouldoc arriva, de son côté, à conclure que la vertu purgative de la rhubarbe est la raison de sa propriété d’arrêter la diarrhée. Mais celui de tous ces célèbres praticiens qui approcha le plus près de la découverte définitive de la loi des semblables fut le Danois Stahl; il déclara hautement fausse la règle contraria contrariis adoptée pour le traitement des maladies avec des remèdes opposés à leurs symptômes. « Je suis persuadé, disait-il sans détour, que l’on doit guérir une maladie avec les médicaments qui jouissent de la faculté de produire une maladie semblable. C’est pour cela que les brûlures, ajou (ait-il, se
guérissent en approchant du feu les parties attaquées, de même que Ton guérit avec de la neige ou de l’eau très-froide les membres qui sont gelés, les inflammations et les contusions avec les liqueurs distillées, la disposition à l’acide de l’estomac en administrant une faible dose d’acide vitriolique au lieu des poudres absorbantes auxquelles les autres médecins ont confiance (1).
XIV. » En approchant davantage de l’époque actuelle, nous rencontrons également des médecins soupçonnant la loi des semblables. L’estimable docteur Sainte-Marie, dont nous avons déjà parlé plus haut, disait, il y a vingt-six ans (2) : « Il » est certain que nous guérissons quelquefois en $ agissant dans le sens même de la nature et en » complétant par nos moyens l’effet salutaire » qu’elle a entrepris, mais qu’elle n’a pas la force » d’achever. » En effet, tout remède appliqué selon la loi des semblables dans le traitement des maladies agit dans le vrai sens de la nature, c’està-dire selon la direction de ses efforts. »
A la suite de la remarque que nous venons de rapporter, le même Sainte-Marie nous raconte l’anecdote d’un empirique des environs de Lyon qui guérissait l’épilepsie au moyen d’une poudre excitant chez le malade des accès violents, qui se succédaient durant l’intervalle de plusieurs heu res ,
(1) Hahnemann , Guérisons homœopathiques dues au hasard, page 55.
(2) Sainte-Marie, ouvrage cité page 80.