‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 84 sur 240 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

pour cesser ensuite de se renouveler pendant des années entières, quand elle ne disparaissait pas totalement. « Ici, dit le savant médecin, il est » impossible que ce fait ne soit qu’un heureux ha- » sard ; il se rattache indubitablement a quelque y> grande loi thérapeutique que j’ai peut-être entrevue » dans le principe, mais qui reste encore à mieux » déterminer que je n’ai pu le faire (1). » Notez que, à l’époque où Sainte-Marie écrivait ces lignes remarquables, les ouvrages de Hahnemann n’étaient point encore connus en France.

XY. « Qui pourrait nous dire si la première idée venue à Jenner d’inoculer le vaccin à l’homme sain ne lui a pas été inspirée parle sentiment de la loi des semblables? Nous l’estimons tacitement, par la simple raison qu’en étudiant les pustules produites par le vaccin , et qu’en les comparant à celles provenant de la petite vérole, on leur trouve une ressemblance telle qu’il est impossible qu’un esprit aussi perspicace que celui de Jenner ne les ait point rapprochées parla loi des semblables, en s’assurant surtout que l’une de ces deux affections détruit l’autre, et vice versa. « As the cow-pox , disait » l’illustre médecin anglais, destroys the susceptibi - » lily of the small-pox > so thesmall-pox destroys that » of the coiv-pox. » (2)

XYI. »Mais ce qui justifie pleinement notre opinion que les médecins les plus distingués de tous

(4) Sainte-Marie, ouvrage cité page 80.

(2) Vicl. Hoopers medical Diclionary, p. 440.

les pays ont pressenti l’existence de la loi des semblables , c’est le passage suivant relatif à l’amaurose , rapporté par le docteur Hooper dans l’ouvrage cité : « It is also weli knoivn to be the amaurosis y> temporarily produced , by the juive of tlie solarium , » or atropa belladonna. » 11 veut ‘dire que l’on sait bien encore que l’amaurose a été temporellement déterminée par le suc du solarium > ou atropa belladonna ; et nous savons, d’autre part, que la teinture de belladone , administrée à une dose infinitésimale , est un des meilleurs remèdes contre l’amaurose; mais ce qui étonne le plus , c’est que le même auteur s’exprime, dans le passage suivant , de manière à faire comprendre qu’il pressentait déjà r existence de la loi des semblables. Voici ses propres paroles : « And> as in other deseases , what » lias sometimes proved the sources of the production y> of the amaurosis y lias been found its best remedy , so » tliat the cause has become the cure . » De même \ que, pour d’autres maladies , la source d’où sort l’amaurose a quelquefois fourni son véritable remède , de manière que la cause est devenue le principe de la cure (1).

Rasori , l’auteur de la doctrine du contre-stimulus , vers la fin du siècle passé , administrait le nitrate de potasse dans les cas de diabètes , et la gomme-gutte pour traiter la diarrhée , c’est-à-dire qu’il suivait déjà la loi des semblables , puisque

(1) Ved. Hooper, ouvrage cité, page 95.

Page 1