‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 85 sur 240 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ces mêmes remèdes produisent sur l’homme sain, le premier la sécrétion abondante des urines , et l’autre le relâchement du ventre (1).

XVII. « Dans un passage de l’ouvrage de Tommasini, nous voyons que le docteur Mistrali, médecin italien également distingué , eut un grand pressentiment de la loi des semblables. Voici ce que rapporte Tommasini : « C’est spécialement au » docteur Mistrali que je suis redevable de cer- » taines vues importantes sur la nécessité où l’on y> se trouve parfois d'augmenter la maladie pour la » détruire plus sûrement (2). » Le fait est certain : suivant la loi des semblables , il faut augmenter, exalter même le mal jusqu’à un certain point pour arriver à le guérir.

XVIII. » Un autre médecin non moins estimable, le docteur Curry, a pressenti de même la loi des semblables. Voici ce qu’on lit à ce sujet dans le livre de Tommasini : « Qui aurait cru , » dit-il , en ne considérant que les symptômes de » l’abattement vital, que les asphyxies décrites » par le célèbre Curry pussent être guéries parles y> contre-stimulants , et que l’on peut guérir par y> le froid celles qui sont produites par le froid lui - » même (3)? » En parlant de l’inflammation des extrémités du corps causée par le froid , le même auteur a consigné les expressions suivantes :

(1) Voyez chapitre vu , paragraphe i.

(2) Tommasini, ouvrage cité page 68.

(3) Idem, ibidem .

« Cette inflammation n’est-elle pas curable par » l’eau froide et par la neige dans le court espace » de temps qu’elle est susceptible d’être traitée et » arrêtée (1) ? »

XIX. » Il résulte des expériences faites par M. Stellati de Naples sur des lapins que l’action vénéneuse de quelques contre-stimulants est détruite par l’action d’autres contre -stimulants, c’est-à-dire qu’un contre-stimulant peut guérir la maladie qu’il est susceptible lui-même de produire7 sur l’homme sain (2). Ces expériences ont été répétées et confirmées par le docteur Bergonzi, de Reggio.

XX. » Un dernier fait qu’il est bon de consigner ici , quoiqu’il soit à la parfaite connaissance des médecins de tous les pays, c’est celui de voir journellement appliquer le vésicatoire dans l’érysipèle flegmoneux, dans les douleurs causées par le rhumatisme chronique, dans l’état d’irritation des poumons, etc., etc. Cette application que l’on recommande sans cesse est en opposition flagrante avec la règle contraria contrariis , base de la médecine pratique ordinaire , guide habituel des partisans d’Hippocrate , de Sydenham , de Baglivi, de Rasori , de Broussais ; en un mot , du plus grand nombre des praticiens de l’un et de l’autre hémisphère. Comment se fait-il qu’ils osent ainsi recourir à un énergique irritant et en même temps

(1) Tommasini, ouvrage cité page 96.

(2) Voyez le Mémoire de M. Stellati.

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