‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 86 sur 240 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

caustique dans des cas aussi décidément inflamtoires ou d’irritation, au lieu de s’en tenir, comme le leur prescrit leur doctrine, à des remèdes relâchants , à des contre-stimulants , à des anti-phlogistiques, etc. ? On nous répondra sans doute que cette médication ayant réussi à diverses reprises , on l’adopte sans s’en rendre compte , on la suit comme par inspiration. Eh bien, dirons-nous à notre tour, sachez que l’emploi du vésicatoire contre ces pénibles affections procède de la suprême loi des semblables; sans elle , il ne serait point possible de préconiser comme utile l’usage d’un irritant , d’un caustique , tel que le vésicatoire, dans les maladies inflammatoires ou d’irritation. Vous suivez , sans vous en douter, les indications de la science médicale de la nature, et cependant vous niez tous les jours les bienfaits de la nature qui découvrit à l’heureux Hahnemann le secret tout entier de sa loi des semblables , loi qui constitue la base fondamentale de l’homœopathie, ou, pour mieux dire, de la science médicale de la nature ; car il faut désormais distinguer ces deux expressions. Sans aucun doute, Hahnemann s’est couvert de gloire en dévoilant la loi des semblables, en la développant, en lui donnant de l’extension, mais il aurait dû dire que l’homoeopathie est fdle de la nature , ou bien, en termes plus précis encore, qu’elle est l’expression de la nature ellemême mise à découvert devant tous les yeux. Ainsi l’on ne peut , l’on ne doit point dire que

Hahnemann a inventé la loi des semblables ; elle existait avant lui , comme nous bavons vu plus haut ; elle fut soupçonnée , pressentie par de célèbres médecins , mais il lui était réservé de la mettre dans tout son jour ; et certes ce service le rend bien digne du titre que nous lui donnons de bienfaiteur de l'humanité. Si nous insistons à préférer au mot homœopathie celui de science médicale de la nature , c’est pour demeurer dans le vrai, c’est pour ôter aux ennemis de la première, de Tunique science médicale , tous les moyens de

persister dans leurs tristes, dans leurs fausses opi-

nions contre l’homœopathie.

Mais comment Hahnemann est-il parvenu à la source de sa belle et importante découverte ? Ce point historique est curieux à connaître. Occupé à traduire en allemand la matière médicale de Cullen, il s’aperçut d’une foule d’hypothèses étranges, de contradictions accumulées les unes sur les autres pour expliquer spécialement l’action de i’écorce du quinquina , et comme il ne pouvait sortir à sa satisfaction de ce labyrinthe d’idées abstraites, il prit la sage résolution d’expérimenter sur lui-même, et dans l’état de santé parfaite , la propriété de ce médicament. Il prit donc l’écorce de l’arbrisseau péruvien qu’il savait, comme tout le monde, être susceptible de couper la fièvre intermittente, et bientôt il reconnut qu’elle déterminait sur lui précisément un accès d’une semblable fièvre. Ce phénomène l’étonna beaucoup, et

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