CHAPITRE X
trop violentes qui expulsent du corps du patient le remède sans lui donner le temps nécessaire pour produire son effet , soit enfin pour toute autre raison que j’ignore; mais ce que je sais pertinemment, l’observation me l’ayant démontré de la manière la plus évidente, c’est que, pour guérir avec certitude , il faut que les médicaments soient administrés à une bien petite dose. D’ailleurs, comme il existe une analogie ou convenance élective entre les remèdes homœopathiques et les maladies, il est bien possible, ajoute encore Hahnemann, que, dans les rapports de cette relation intime, laquelle paraît dépendre plus de la nature des médicaments que de leur masse ou quantité , une fort petite portion recèle assez d’énergie et soit suffisante pour produire l’effet demandé. Ce fait dérive d’une loi de la nature, et comme tel, il n’y a nulle nécessité d’en rechercher la raison ; la difficulté de l’entendre ou de l’expliquer n’en détruit aucunement l’existence et même l’utilité.
Ainsi que nous l’avons déjà dit, la médecine homœopathique est ffile de la nature; elle ne s’étend point au delà des faits et des phénomènes visibles ; on peut, avec elle, connaître avec certitude le mal qui afflige le patient , la puissance du remède qui doit le guérir et le mode qu’il convient d’employer pour son administration. Tout médecin qui, de bonne foi , voudra suivre la route ouverte par la science expérimentale de la nature , ne marchera plus à tâtons quand il se trouvera près du lit des
malades; ayant secoué définitivement le joug des vieilles méthodes, il ne se fondera plus sur la règle fausse et absurde de déterminer la cure des maladies internes d'après leur essence , leur condition pathologique, leur cause prochaine , toutes choses inaccessibles aux sens, toutes choses abstraites et même en contradiction permanente avec l’expérience journalière.