CHAPITRE XL
Raisonnements de Hahnemann sur la justesse de la médecine liomœopathique confirmée par l'expérience.
Écoutons Hahnemann ; le but principal , comme le premier devoir d’un médecin est de rendre la santé aux malades qui se confient à lui ; il doit le faire d’une manière aussi prompte que douce , par des moyens sûrs , innocents , fondés sur des principes perceptibles par les sens , et non pas , comme on le pratique d’ordinaire , en étalant des paroles pompeuses , des théories abstraites , des hypothèses plus ou moins brillantes , ou bien en voulant avoir l’air d’expliquer l’origine, les symptômes et la cause prochaine des maladies internes. Toutes ces voies, qui tiennent du charlatanisme quand on les juge sainement , sont et seront toujours évitées par le véritable médecin, par le médecin aussi sage qu’il est éclairé. Ces sortes de jactances ressemblent à des rêveries qui endorment le malade, sans lui être aucunement utiles, sans l’acheminer le moins du monde vers la guérison.
La seule et unique partie des maladies , ajoute
Hahnemann,qui doit occuper le médecin, est celle qui frappe ses sens, celle qui embrasse l’ensemble des symptômes ou signes extérieurs que manifeste et développe avec prévoyance la nature, parce qu’ils indiquent les véritables moyens de les guérir. Toute autre recherche est oisive , fallacieuse ; un voile épais qu’il ne nous est pas permis de soulever couvre et couvrira toujours la partie secrète des maladies internes. Arrêtez-vous dans la pratique aux objets palpables , aux objets visibles, observez-les attentivement, étudiez-les sous toutes leurs faces, ce sont eux qui parlent avec évidence, ce sont eux qui sont les seuls guides fidèles ; en vous occupant du côté invisible , incompréhensible, et qui , caché dans l’intérieur de l’organisme demeure impénétrale, se soustrait à toutes les tentatives que vous pourriez hasarder, vous êtes entraîné par une fausse doctrine, vous cédez à un procédé que rien ne justifie et que dément à chaque pas le vrai savoir.
Il y a, en effet, disons-nous encore avec Hahnemanri , autant d’absurdité dans l’envie de connaître les changements de l’organisme interne et de la masse du sang , afin , selon l’expression vulgaire, de les rétablir l’un et l’autre dans leur état normal , qu’il y en aurait à vouloir prétendre, par de profondes spéculations, de démêler la nature intime de l’humidité afin de rendre le papier mouillé à son état primitif. De même qu’en exposant le papier mouillé à l’air libre, dans la vue de le voir