‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 90 sur 240 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

absorber tous les éléments de l’humidité, on peut parvenir à remettre l’organisme interne et la masse du sang dans l’état normal, en faisant cesser toute la partie visible du mal; c’est-à-dire les symptômes ou signes apparents qui en dérivent ou qui en dépendent : c’est le seul moyen raisonnablement fondé, la voie légitime et efficace que nous offre la nature pour accomplir notre devoir et atteindre notre but.

Il y aurait véritable folie ou du moins présomption téméraire et absurde , ajoute encore Hahnemann , de penser que , pour combattre et vaincre une maladie dès son début , il soit nécessaire de frapper sur la cause interne primitive ou prochaine qui lui est inhérente. Une semblable expression est d’abord vide de sens, et puis , dans les phénomènes physiques organiques déjà existants, la cause primitive ne peut point leur être inhérente comme fait particulier; car, lorsqu’une maladie quelconque est développée, qu’elle suit son cours accoutumé, sa cause primitive n’existe déjà plus; soutenir le contraire , ce serait prétendre que la balle traversant les airs porte toujours avec elle l’empreinte de l’impulsion qui l’y a lancée. Veuton la rendre à son premier état d’inertie, il faut, par une force équivalente , détruire son mouvement actuel et l’obliger à suivre la direction contraire. Ainsi , pour guérir une maladie , on doit attaquer ses symptômes ou son côté visible. Voilà tout ce que nous enseigne l’expérience dans l’un

et l’autre ecs, avec cette différence seulement que, l’état non naturel des choses physiques inanimées se détruit en recourant à un moyen contraire, ainsi qu’on vient de le dire, tandis que pour rétablir l’état de santé chez les êtres animés , il faut recourir à une force artificielle capable de produire un état semblable , je veux dire homœopathique.

Toute abstraction en médecine , toutes les recherches métaphysiques sont inutiles , parce qu’elles ne peuvent être démontrées par la voie de l’expérience, et que dans les maladies on ne trouve à observer que des déviations ou changements de l’état de santé du corps et de l’âme. Ces changements se manifestent par certains signes apparents que les médecins appellent symptômes, c’est donc l’ensemble des symptômes qui nous en fournit la véritable forme , la seule perceptible par les sens et qui , semblable à l’image réfléchie de l’essence des maladies internes , devient la base unique du critérium , guide du médecin dans le choix du vrai remède à employer dans le traitement d’une maladie quelconque.

Il est impossible d’imaginer, encore moins de prouver par la voie de l’expérience, qu’après avoir détruit tous les symptômes d’une maladie quelconque , il reste encore quelque chose à faire ; le rétablissement des fonctions de l’organisme interne et l’état de santé rendu au patient , étant la conséquence de la disparition des symptômes et de

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