‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 91 sur 240 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

rentière cessation de l’invisible altération de l’organisme, lesquels sont tellement unis ensemble que les uns ne peuvent disparaître sans que l’autre cesse , et sans que le malade soit totalement libéré de son mal et rendu à la santé. Comme on le voit donc, l’unique indication du remède convenable au traitement réel d’une maladie se lit en gros caractères, qu’on me passe le mot, dans la somme des symptômes ou signes apparents qu’elle étale aux yeux et qu’on observe dans chaque cas individuel.

De l’exposition de cet argument , Hahnemann passe à un autre, au moyen duquel il fait voir ostensiblement le mode à suivre pour apprécier à sa juste valeur la vertu thérapeutique des remèdes ou agents médicinaux, et par suite, les appliquer avec certitude et succès aux différents cas examinés. Selon lui , les maladies ne sont autre chose que des changements de l’état de santé , lesquels se manifestent aux sens par des signes visibles. Afin que les remèdes appliqués aux maladies les fassent cesser entièrement, il faut qu’ils possèdent de toute nécessité la propriété thérapeutique de changer l’état morbifique dans celui de santé , sans quoi ils ne pourraient en aucune circonstance agir convenablement sur les sensations et les fonctions de l’organisme dans les affections même les plus légères. Or on ne peut connaître et apprécier la vertu thérapeutique des médicaments que parla voie de l’expérience pure, laquelle nous en révèle

distinctement les effets par l’action qu’ils produisent sur l’homme sain, car leur propriété dynamique est cachée dans leur essence intime. D’après cela, veut-on découvrir leur vertu thérapeutique, il devient nécessaire de savoir les effets morbifiques qu’ils sont susceptibles d’exciter chez l’homme en parfaite santé ; il est alors facile de juger, d’appréprécier leurs propriétés thérapeutiques et d’en faire une juste application.

La médecine homœopathique repose , comme on le voit, sur deux points cardinaux , le premier réside dans la connaissance que nous fournit l’ensemble des symptômes pour opposer à l’action d’une maladie le remède propre à la détruire; l’autre , également important , est dans la connaissance des médicaments manifestant leur action ou vertu thérapeutique par la propriété qu’ils ont de produire des symptômes morbifiques ou maladies médicinales chez l’homme sain, et de les combattre avec succès chez l’homme malade. Ainsi la conclusion de ce double fait, se réduit à cette loi : les médicaments ne peuvent guérir les maladies qu’en détruisant les symptômes existants, c’est-à-dire les maladies naturelles, en sollicitant chez les patients de nouveaux symptômes ou maladies artificielles semblables aux maladies naturelles.

Pour preuve de l’argument qu’il vient d’exposer, Hahnemann cite l’exemple suivant : Trentedeux grammes (une once) de teinture de bouquin-

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