‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 92 sur 240 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

quina , unis à mille grammes (deux livres) d’eau, pris dans l’intervalle de douze heures, sont capables de produire durant plusieurs jours une fièvre de quinquina , ressemblant, quant aux symptômes, à la fièvre intermittente naturelle ; d’un autre côté, cette même substance médicamenteuse se trouve être le meilleur remède pour détruire la fièvre intermittente naturelle. Veut-on se convaincre et acquérir par soi-même la vérité que nous cherchons à découvrir dans le fait et par la voie de l’expérience, et non à l’aide des théories abstraites, embellies par un style fleuri ; le seul moyen pour y parvenir sûrement, c’est de suivre la marche que la nature adopte pour arriver à la guérison parfaite des maladies, et d’en étudier toutes les circonstances. C’est un fait incontestable que toutes les fois que la nature est disposée à guérir une maladie complètement, elle en suscite une autre semblable, de manière que la seconde soit un peu plus forte que la première. If est évident que deux maladies semblables affectent nécessairement les mêmes parties de l’organisme; or, la seconde agissant sur les organes déjà affectés par la première, il en résulte que, dans le combat des deux maladies, la seconde étant plus forte que la première, finit par la dompter comme la plus faible. De ce phénomène, ajoute Hahnemann, nous avons un exemple très sensible dans l’effet de la flamme qui, comme chacun le sait, est détruit sur notre rétine, ou sur le nerf optique par le rayon plus lu-

milieux du soleil, lequel frappe d’avantage l’œil, ou pour mieux dire agit sur lui avec une plus grande énergie que la flamme du feu.

Ici notre auteur reproduit, à l’appui de ce qu’il vient de dire, les observations pratiques recueillies par les plus habiles médecins. La petite vérole naturelle a guéri bien des maladies et l’a toujours fait homœopathiquement. Cette propriété lui vient de ce qu’elle est une maladie accompagnée d’un grand nombre de symptômes. Un de ceux-ci est de causer des ophtalmies intenses, ou des inflammations d’yeux si fortes qu’elles amènent parfois la cécité. Selon le dire de Désoteux, au moyen de l’inoculation du vaccin, l’on guérit parfaitement l’inflammation chronique des yeux. De son côté , Klein nous apprend qu’une cécité de plusieurs années, venue à la suite d’une teigne rentrée , a été radicalement guérie par la petite vérole : et justement parce que la petite vérole a parmi ses symptômes la surdité et la dyspnée, ou difficulté de respirer, qu’elle a pu guérir ces mêmes affections d’après le témoignage de Closs ; il en est de même pour la tumeur dure qui se montra au testicule gauche à la suite d’une contusion , selon le rapport du docteur Klein , et pour une espèce de dyssenterie, comme l’a observé Wendt; toutes ces maladies ou symptômes accompagnent la petite vérole. Quand la petite vérole naturelle se montre après l’inoculation du vaccin , elle le détruit à l’instant; il ne peut suivre son cours, ces

Page 1