‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 93 sur 240 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

deux maladies étant semblables, et l’une plus puissante que l’autre. A l’époque d’une épidémie, durant laquelle la rougeole et la toux convulsive dominaient ensemble, Bosquillon remarqua que les enfants attaqués par la rougeole étaient plus généralement exempts de la toux convulsive, et si tous ceux qui furent affectés de la rougeole ne se trouvèrent pas dans le même cas, c’est que la toux convulsive ressemble en partie, mais pas entièrement à la rougeole, la première n’ayant point l’éruption qui caractérise la seconde, laquelle ressemble davantage au symptôme principal ou éruption de certaines espèces de dartres, et c’est par cette voie que l’on est parvenu à les guérir, suivant l’observation deKortum. Le vaccin guérit également et pour toujours les enfants des vieilles éruptions, selon le témoignage de Clavier, par la raison que la lymphe du vaccin, outre qu’elle préserve l’homme de la petite vérole naturelle, suscite aussi parfois, chez les inoculés, une éruption générale de boutons secs et de figure conique qu’on observe sur quelques taches rouges, sphériques , couvrant la peau.

L’autre affection, dit-il encore, dont la nature se sert pour guérir les maladies, c’est la gale. En effet, l’on compte la dyspnée au nombre des symptômes de la gale , dyspnée laquelle devient parfois violente et spasmodique au point de compromettre la vie du patient, lorsque la gale a cessé par l’effet d’une médication externe et par con-

séquent impropre. Eh bien ! attendu que ia dyspnée est un symptôme de la gale, cette affection, selon Bonifax, a guéri un individu affligé depuis une trentaine d’années d’une dyspnée spasmodique. Un autre symptôme de la gale est une sorte de pulmonie ulcérée , cette observation a suffi pour recourir à l’inoculation de la gale pour guérir de pulmonies chroniques, comme nous l’apprend May. Telle est , ajoute Hahnemann , la marche de la nature , quand elle veut guérir une maladie avec certitude ; elle suscite toujours, pour y parvenir, une maladie semblable et un peu plus forte que la première.

Mais, il faut le dire, la nature n’a que très peu de remèdes homœopathiques en son pouvoir; on ne lui connaît que la petite vérole, la rougeole et la gale , qui procèdent, comme nous l’avons déjà vu, d’un miasme invariable, et sont accompagnées de symptômes semblables à d’autres maladies. Les médecins ont deux grands avantages sur la nature, ils connaissent un grand nombre de remèdes homœopathiques, et savent proportionner leur dose d’après les symptômes morbifiques que les maladies manifestent , et selon les circonstances qui varient à l’infini d’un individu à un autre. Pour combattre et détruire les maladies anciennes, la nature emploie des maladies semblables qui sont souvent dangereuses , telles que la petite vérole , la rougeole et meme la gale, car lorsqu’on réfléchit aux graves inconvéniens aux-

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