CHAPITRE XL
quels sont exposés les galeux en s’abandonnant à une médication impropre , source de tant de désordres et d’affections chroniques que les médecins combattent fort inutilement, parce qu’ils ignorent le plus souvent la cause de ces désordres et de ces affections chroniques , on peut pas s’empêcher de regarder la gale comme une affection dangereuse.
Quand on attaque les forces morbifiques par une dose infinitésimale, on n’a nul besoin de guérir les maladies médicinales après avoir guéri les maladies naturelles , les unes et les autres disparaissent en même temps. Les médecins trouvent toujours, dans la règle delà nature, un modèle parfait de conduite à tenir pour le traitement des maladies; ils observent que toutes les fois qu’il convient à la nature de guérir avec certitude les maladies , elle ne dévie jamais de la loi des semblables, c’est-à-dire qu’elle emploie des maladies semblables pour guérir homœopathiquement.
Gomme le dit bien Hahnemann, après les faits incontestables que nous venons de rapporter, il serait anti-logique et même anti-moral de continuer à traiter les maladies, ainsi qu’on l’a fait jusqu’ici par l’usage des remèdes opposés aux symptômes des maladies. Cette méthode est contraire à l’ordre de la nature et en opposition avec l’expérience journalière. Puissent ces raisonnements et les observations pratiques des habiles médecins susmentionnés frapper les personnes instruites et
même le bon sens de celles qui cherchent la vérité, et les amener, après avoir pondéré sérieusement les arguments de l’auteur de l’homœopathie sur cet important objet de l’art de guérir, à contribuer, pour leurpart, quelle que faible qu’elle soit, à l’élévation de la médecine expérimentale au rang distingué qu’elle doit occuper parmi les autres parties des sciences naturelles.
Pour empêcher tout équivoque, il est bon de remarquer enfin, comme le dit Hahnemann, que s’il est évident qu’une affection dynamique plus faible vient à être détruite par une autre semblable plus forte, il n’est pas moins vrai qu’il faut que les maladies médicinales ressemblent aux maladies naturelles sous le rapport de leurs symptômes et non pas quant à leur essence ; il importe qu’il y ait entre elles ressemblance de forme extérieure et non pas de leur nature intime. Dans ce dernier cas, il serait impossible, par exemple, de guérir la maladie vénérienne avec le virus syphilitique, ou la gale avec le principe galeux; la première ne cède qu’au mercure, et l’on sait que cet agent médicinal développe chez l’homme sain des symptômes semblables à ceux de la maladie vénérienne; comme la seconde, oula gale,nepeut être détruite que par le soufre, parce que cette substance minérale donnée à l’homme sain, détermine chez lui les symptômes semblables à ceux delà gale. L’essence des maladies sollicitées par le mercure et par le soufre, diffère entièrement