‹ L'esprit de la nouvelle SorbonneChapitre 10 sur 35 · LA SORBON.NE CONTRE L CNPEIGNKMENT SECONDAIRE I · texte numérisé non relu

LA SORBON.NE CONTRE L CNPEIGNKMENT SECONDAIRE I

maire el le secondaire. Elle vient delà diversité, pour ne pas dire de Tantagonisme des buts qu'ils se proposent. L'instruction primaire poursuit une fin strictement utilitaire; elle ne vise qu'à mettre entre les mains de l'enfant un certain nombre d'outils indispensables, la lecture, l'écriture, le calcul, quelques notions d'histoire et de géographie; elle forme des agriculteurs, de petits commerçants, de petits employés. Et, bien que nul enseignement ne puisse être tout à fait dénué de culture, et que l'instituteur primaire s'efforce déjà, à juste titre, d'introduire quelque unité philosophique embryonnaire entre ces connaissances éparses, cependant il est vrai de dire que l'objet propre de l'enseignement primaire est purement technique, limité aux exigences des petits métiers.

L'instruction secondaire relève d'un principe différent : l'éducation générale et désintéressée de l'esprit. Elle ne mène à aucune profession, elle mène à toutes; elle est apte à former pareillement des magistrats, des médecins et des professeurs. Elle ne se préoccupe pas d'adapter notre cerveau à une tâche déterminée, mais de

Tassouplir et de le perfectionner. On peut dire qu'elle a pour objet unique, non le savoir, mais l'intelligence. Peut-être la connaissance du latin ou de la philosophie n'est-elle pas absolument nécessaire à former un médecin, mais tout le inonde reconnaît qu'un praticien, privé de la culture générale, restera toujours inférieur en son art. (( II sera un âne, disait nag^uère M. Faguet; il saura son métier parfaitement et il l'exercera, mais sans aucune espèce d'intellig^ence. »

Telle est, peut-on dire, la doctrine traditionnelle sur le rôle et l'utilité de l'enseignement secondaire. Cournot, philosophe et pédagogue profond, l'exprimait dès i864: « L'enseignement secondaire doit consister en un système d'études libérales, considérées comme nécessaires à tous les esprits cultivés, et comme V introduction commune aux diverses professions studieuses, par opposition aux professions manuelles qui exigent un apprentissage plutôt que des études proprement dites. » Et M. Lavisse tenait exactement le même langage lorsqu'il écrivait : « II faut revenir à l'idée que l'esprit de l'écolier est un instrument à façonner, non un magasin à

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