O L'ESPRIT
De quoy se fait la plus subtile folie que de la plus subtile sagesse f
Pour les estomachs tendres , il finit des ordonnances contraintes et artificielles. Les bons estomachs se servent simplement des prescriptions de leur naturel appétit. Ainsi font nos médecins, qui mangent le melon et boivent le vin frais, cependant qu'ils tiennent leur patient obligé au sirop et à la panade.
Pour mesurer la constance, il faut nécessairement sçavoir la souffrance.
De toutes choses les naissances sont foibles et tendres. Pourtant faut-il avoir les yeux ouverts aux commencemens : car, comme lors en sa petitesse on n'en descouvre pas le danger, quand il est accreu, on n'en descouvre plus le remède.
Si on m'eust mis en propre des grandi maniements, j'eusse montré ce que je sçavoy faire. Avez-vous sceu méditer et manier vostre vie? vous avez faict la plus grande
besoigne de toutes. Pour se montrer et exploiter, nature, qu'a faire de fortune.
Elle se montre également en tous estages , e^ derrière, comme^sans rideau.
Il fout courir le mauvais et se rasseoir au bon. Cette fraze ordinaire de passe-temps et de passer le temps représente l'usage de ces prudentes gens, qui ne pensent point avoir meilleur compte de leur vie , que de la couler et eschapper , de la passer, gauchir, et, autant qu'il est en eux, ignorer et fuir , comme chose de qualité ennuyeuse et desdaignable , mais je la cognois autre ; et la trouve et prisable , et commode, voire en son dernier décours, où je la tiens; et nous l'a nature mise en main , garnie de telles circonstances et si favorables, que nous n'avons à nous plaindre qu'à nous, si elle nous presse et si elle nous eschappe inutilement.
H est fort peu d'exemples de vie , pleins et purs. Et faict-on tort à nostre instruc-
iusi ; corrupteur» ptuaioai que von
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