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m h; paio consacré , ni la foi ; il en fait I
. il pi ni'i , et, pour mieux plaire en< il donnera à son livre la forme populaire do ^ roman , une allure excentrique , un cachet mv pieux ; il l'ornera de noms étrangers, de quelques détails des mœurs is. Pour plaire enc
toujours pour plaire , il attaquera les deux plus grandes autorités du monde, celle du P celle du roi. Ces deux autorités, il les livre à la risée publique. Pour plaire, il a vendu aux puissances du mal , secrètes ou visibles , les mœurs et la religion de ses lecteurs ; il a prodigué le poison. Je n'aurais jamais cru que la vanité allât si loin et la frivolité du cœur. Avoir été Président à mortier pendant dix ans, ch de rendre la justice devant l'image d'un Dieu crucifié , et descendre de son siège pour attaquer tous les pouvoirs du ciel et de la terre , pour se jouer de Dieu et des hommes, pour se moquer de tout, quelle inexcusable contradiction ! quelle effroyable iniquité! quelle responsabilité! Et pourtant Montesquieu eut la grâce de se convertir; la folie de son incurable vanité se dissipa un jour, et le laissa, devant la mort, repentant il désabusé.
. Son style porte l'empreinte de l'opposition qui éclatait entre deux hommes, dont l'un croyait, et dont l'autre cachait sa foi avec peine pour faire figure. Il est sec et sans joie , malgré des airs de gaieté ; il est tendu , pénible , gêné , saccadé ; il sent l'effort. L'auteur a la mine de courir sur des charbons ardents pour remporter un pari ; il ira jusqu'au bout. Il usera ses yeux à enlever aux autres les clartés de la divine lumière ; il s'usera la santé , il abrégera ses jours pour conquérir et garder, dans ses Lettres et ailleurs , le mérite de la singularité.
Voltaire est plus à son aise dans le mal ; il y est plus profondément enfoncé ; il n'a pas tout à fait perdu le sens de la vérité ; mais il la déteste parce qu'il ne l'a pas faite. Si Voltaire avait été Jésus-Christ, il eut cru à la divinité de Jésus- Christ; il porte envie à Jésus-Christ. Son style, plus net, plus rapide que celui de Montesquieu , a la facilité et le naturel de la passion qui n'est jamais lente à se traduire et trouve toujours le terme propre au niveau de l'amour ou de la haine. Rabelais, avant Voltaire et le Président, avait d^j:"!, par haine du Pape, promené ses lecteurs en Papimanie , avec un cynisme aisé et révoltant.
Montesquieu , entre ces deux sinistres vieil-
lards , je dirais bien i
l'étroit , petit , étriqué , guindé , souffl
et grimaçanl pour s'élever jusqu'à !
Voltaire cherche moins l'esprit q M
il est spirituel j c'est l'esprit en personn
deux sont monotones. L'effort , chez l'on , et la
1e qu'il se donne pour être, malgré la nature, méchant et impie j chez l'autre, la continuité d'une même pensée , la persévérance d'un seul sentiment, la haine de Jésus-Christ , engendi l'inattention à la longue et l'ennui. Ce n'était pas la peine de se donner tant de mal!
Reprenons le fil de notre sujet. Je ni rai
bien, avec Usbeck (car ce n'est plus Rica, nncore moins le Président qui a la parole), de comparer les femmes de Paris à celles de la Perse , la servitude du sérail et le régime de la liberté . la santé des Asiatiques et de nos Françaises. I» leur teint, de leur sang je n'ai point affaire. A chaque instant la délicatesse du sujet et la pudeur la plus ordinaire suspendent la plume. Les paradoxes fourmillent aussi , sur la gravité des Turcs, en particulier :
« En Turquie, on pourrait trouver des famL où, de père en fils, personne n'a ri depuis la fondation de la monarchie. »
Chez nous, au contraire, Usbeck admire « la gaieté , l'air content, la liberté d'esprit. » Tant mieux ; mais nous serions encore plus gais , sans doute , si nous étions délivrés du Pape et du roi :
"*"« Le roi de France est vieux. Nous n'avons point d'exemple , dans nos histoires , d'un monarque qui ait si longtemps régné. On dit qu'il possède à un très haut degré le talent de se faire obéir : il gouverne avec le môme génie sa famille, sa cour, son Etat. On lui a souvent entendu dire que , de tous les gouvernements du monde, celui des Turcs ou celui de notre auguste sultan lui plairait le mieux , tant il fait cas de la politique orientale. »
J'ignorais que Louis XIV ait envié, un jour, le / sort du sultan de Stamboul et préféré la politique de l'Islam à la sienne propre , qui était celle de l'unité catholique en France :
« J'ai étudié son caractère , j'y ai trouvé des contradictions qu'il m'est impossible de résoudre; par exemple , il a un ministre qui n'a que dixhuit ans.... »
Erreur. S'il s'agit de Barbezieux , il mourut en 1701, à trente-trois ans, ministre depuis quelques années à peine...
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• ... Et une mail [tries a quatre-^ ■'■
M'"' de Main tenon oe fut jai; tresse de Louis XIV, mais il fallait le faire i D'ailleurs elle .ivai^jjg,^ H.-nt lt de plus
que son royal .'-poux :
« Il aime li religion , <'t il ne j»--iit souffrir ceux qui disent qu'il la faut ol rigueur. »
Lisez : il hait les jansénistes et leur cru* sévérité. Pourtant le roi, s'il manquait devoirs, soufTrit l'austère franchi-" de plus d'un orateur chrétien. M -quieu est dans le faux ; mais le paradoxe lui plaît. En somme, il est officiellement pour la religion rigoure Uns son particulier, pour la morale facile. C'est p< ser trop loin l'antithèse.
J'en passe. Le roi « aime les trophées et les victoires.... »
Assuré nient.
« Mais il craint autant de voir un bon général à la tête de ses armées qu'il aurait sujet de le craindre à la tête d'une armée ennemie. »
Sans doute, le Ciel, qui voulait éprouver Louis XIV sur le déclin de l'âge et la France , permit une disette de généraux illustres. Mais û le monarque complimenta l'incapable Villeroi,
au retour d'une défaite mémorable , ce n'était nullement par amour pour son incapacité ; c'était l'effet de sa grandeur d'àme. Il admira Gondé et pleura Turenne.
En tout et, pour tout, dans ce chapitre destiné à abaisser Louis XIV, il n'y a que Montesquieu de petit. Il est même sot , lorsqu'il dit du roi :
« Souvent il préfère un homme qui le déshabille ou qui lui donne la serviette lorsqu'il se met à table, à un autre qui lui prend des villes ou lui gagne des batailles. »
C'est là l'image d'un despote de l'Orient. Le roi du grand siècle se rehausse d'autant plus à nos yeux qu'il est plus ravalé par une telle caricature.
Descendons , avec Montesquieu, ce grand législateur, les degrés de la hiérarchie sociale dans l'ordre religieux et politique. Un mot des évoques :
« Les évêques sont des gens de lois qui sont subordonnés (au Pape) et ont, sous son autorité, deux fonctions bien distinctes. Quand ils sont assemblés, ils font, comme lui , des articles de foi; quand ils sont en particulier, ils n'ont guère d'autres fonctions que de dispenser d'accomplir La loi. »
•is no EfTIfl Q imi
Il s'agil , aux fidèle
En un mot, les évéqueg l'ont des lois pour défaire , à prix d'argent. Il vaut bien mieux mettre les lois aux loh im;it (c'est
la grande théorie de l'écrivain) 1 que de les taire descendre de l'autorité divine et appliquer , à tous les étages de la hiérarchie dotale ,
depuis Rome jusqu'au plus humble hameau, la justice unie à la char
Savez- vous, aux yeux d [ne», ce 'luo
c'est qu'un hérétique? « l'auteur d'une proposition nouvelle. » Un orthodoxe? « celui qui a retenu dans sa mémoire, » de par l'autorité , « une distinction quelle qu'elle soit ; intelligible ou non , elle le rend blanc comme la neige, o Enfin , la loi chrétienne se manie et se modifie à prix d'or; la théologie est un grimoire ; on est orthodoxe ou hérétique sans savoir pourquoi ; orthodoxe par une soumission aveugle , brûlé, en Espagne et en Portugal, faute de mémoire , ou parce qu'on est trop intelligent pour vouloir croire ce que l'on ne comprend pas.
Voici la conclusion : « Il n'y a jamais eu de royaume où il y ait eu autant de guerres civiles que dans celui du Christ. »
Blasphème, orgueil , hypocrisie , il n'y a que ces mots pour stigmatiser dignement Montesquieu et ses accusations. Il donne à la foi un habit de carnaval. Ce n'est pas un ignorant; c'est un menteur.
Je croyais le chapitre fini, mais non. L'impiété de MontesquieiL^atlacrue encore le Rosaire, c'està-dire la sainte Vierge elle-même. Après avoir abaissé et raillé Jésus-Christ, le Pape, le roi, les évêques, il nargue l'autorité la plus douce et bafoue la piété la plus touchante et la plus consolante. Il était donc bien malheureux pour vouloir ainsi le malheur des autres!
Il parle : « Heureux celui qui a toujours prié Dieu avec de petits grains de bois à la main , qui a porté sur lui deux morceaux de drap attachés à deux rubans. »
« De petits grains de bois, du drap, des rubans, » voilà tout le culte de la Reine du ciel. Si Montesquieu eût été chrétien, il aurait fait tenir àUsbeck un autre langage. Le naïf étranger eût été, par le cœur et l'imagination , insensiblement entraîné , mais d'une façon irrésistible , vers cette image émouvante de la femme réhabilitée. L'espérance , dont nous avons tous besoin , pas de traits plus attirants , plus persuasi
les traita d'une femme ; et qo itte f'-mmc
la plus chaste de culée, elle a, dans la perfection de . une
force aussi «louce qn'invincib] l»'1-
resse de cœur ne fallait il pai pour j
la boue d'un pamphlet sur l'image de la sainte Vier
Quittons un instant L'Eglise ; nous y reviendrons nécessairement pour montrer de quelle manière indécente Montesquieu l'attaque à chu
;e. Entrons, ne fût-ce qu'en passant, dans un autre sanctuaire , celui des I
C'est toujours l'autorité qui <-st en cause. Rica se moque de la justice comme il s'est moqu-' Jésus-Christ :
« J'allai , l'autre jour, dîner chez un homme de robe qui m'en avait prié plusieurs fois. Après avoir parlé de bien des choses, je lui dis : « Monsieur, il me paraît que votre métier est bien pénible. — Pas tant que vous vous l'imaginez, répondit-il; de la manière dont nous le faisons , ce n'est qu'un amusement. — Mais comment? N'avez-vous pas toujours la tète remplie des affaires d'autrui ? N'êtes-vous pas toujours occupé de choses qui ne sont point intéressantes? — Vous avez raison ; ces choses ne sont point
LES LETTRES PERSANES 1 0 l
intéressantes, car nous nous y intéressons si peu que rien , et cela même fait que le métier n'est pas si fatigant que vous le dites. » Quand je vis qu'il prenait la chose d'une manière si dégagée , je continuai et lui dis : « Monsieur, je n'ai point vu votre cabinet. — Je le crois , car je n'en ai point. Quand je pris cette charge , j'eus besoin d'argent pour payer mes provisions; je vendis ma bibliothèque , et le libraire qui la prit , d'un nombre si prodigieux de volumes, ne me laissa que mon livre d'oraison. Ce n'est pas que je les regrette. Nous autres juges ne nous enflons pas d'une vaine science. Qu'avons-nous à faire de tous ces volumes de lois?... »
Un magistrat qui n'a ni cabinet, ni bibliothèque, ni volumes de lois ; un juge qui n'aime pas son métier et ne lui trouve aucun intérêt , c'est piquant et paradoxal. La peinture d'une exception donne plus de relief à l'esprit du peintre et le fait mieux sentir, admirer en outre. Y avait-il des magistrats ignorants? Peut-être. L'étaient-ils tous? Ce n'est point probable. Montesquieu voulait-il réformer la magistrature? Il n'y songeait guère. C'est un bel esprit qui pose sa candidature à l'immortalité.
Pour y arriver, il faut , suivant la raison clas-
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sique, passer par un des quarante immortels fauteuils. Il est convenu aussi que, jusqu'au jour où l'on fait parti.' d.' l'Académie, on s le droit d médire. l-ri futur académicien e
joie :
« J'ai ouï parler d'une i tribunal
qu'on appelle L'Académie françaû . I y ena
point de moins respecté dans le monde ; car on
dit qu'aussitôt qu'il a décidé, 1p peuple
arrêts , et lui impose des lois qu'il est obligé de
suivre. »
C'est flatteur pour le peuple.
(( Il y a quelque temps que , pour fixer son autorité, il donna un code à ses jugements. Cet enfant de tant de pères était presque vieux quand il naquit; et quoiqu'il fut légitime, un bâtard, qui avait déjà paru , l'avait presque étoulle dans sa naissance. ■»
En résumé , l'Académie a publié son Dictionnaire , et Furetière , un académicien mis à la porte de l'Académie , a publié le sien. Ce passage avait réellement besoin d'un traducteur, et si la lettre n'est pas écrite en persan , elle ne l'est pas non plus en français. Voici encore la preuve de ce que j'avance :
« Ce corps a quarante tètes toutes remplies de
figures , de métaphores et d'antithèses ; tant de bouches ne parlent que par exclamation ; les oreilles veulent toujours être frappées par la cadence et l'harmonie. »
Pour de l'esprit, c'en est, mais peu naturel. TI faut chercher pour comprendre.
Malgré les railleries de Montesquieu, et quoique nombre d'immortels soient morts dans la mémoire des hommes, le Dictionnaire de VAcadémie fait loi , et l'Académie a, du moins, son secrétaire qui est perpétuel.
Comme esprit voici qui vaut mieux. Il s'agit d'un homme supérieur que Rica a dû voir ; c'est une merveille :
« Je vis un petit homme fier; il prit une prise de tabac avec tant de hauteur , il se moucha si impitoyablement, il cracha avec tant de flegme , il caressa les chiens d'une façon si offensante pour les hommes que je ne pouvais m'empêcher de l'admirer. »
C'est de l'ironie ; c'est presque du La Bruyère.
Passons du grave au doux, du plaisant au sévère :
L'écrivain des Lettres, ayant la prétention de juger toutr, devait parler du suicide :
« Les lois sont furieuses en Europe contre
loi KO Kl 110
ceux qui se tuent eux-ûi< 0 hit mourir, pour ainsi dire , une >nt trai-
indignement par les rnes , on les d'infamie ; on confisque leur
Si je ne me trompe, ce n'est pas le BUÎcide
(iui est indigne, c'est la manière dont on traita les suicides. Je ne prétends pas qu'on doive remettre en vigueur certaines lois ou coutumes que la tolérance moderne a retranchées, en même temps que les mœurs s'adoucissaient ou s'efféminaient. Il n'en s moins vrai que le sui-
cide, autrefois si rare, est sur le point de devenir banal, et rien n'est plus raisonnable selon le Président :
« Quand je suis accablé de douleur, de misère, de mépris , pourquoi veut-on m'empêcher de mettre fin à mes peines et me priver cruellement d'un remède qui est en mes mains ? »
Le suicide , un remède ! Quel droguiste que Montesquieu !
« Le prince veut-il que je sois son sujet quand je ne retire point les avantages de ma sujétion? Dieu, différent de tous les bienfaiteurs, veut-il me condamner à recevoir ses grâces qui m'accablent ! »
Autrement dire : Dieu, qui m'a traité cruelle-
ment, pcut-il m'interdirc le seul moyen d'échapper à ses cruautés? Un Dieu méchant! Quelle ressource pour justifier le suicide !
L'écrivain n'a pas fini d'étendre le baume du suicide sur les maux de l'humanité :
« Mais , dira-t-on , vous troublez l'ordre de la Providence. Dieu a uni votre âme à votre corps, et vous les séparez; vous vous opposez donc à ses desseins et vous lui résistez. »
L'objection n'attend pas la réponse :
« Que veut dire cela ? »
Vous entendez bien : cela. — Cela veut dire que l'objection est méprisable :
« Troublé-je l'ordre de la Providence lorsque je change les modifications de la matière , et que je rends carrée une boule que les premières lois du mouvement, c'est-à-dire les lois de la création et de la conservation, avaient faite ronde ? Non, sans doute , je ne fais qu'user du droit qui m'a été donné... »
Je puis donc, par le suicide , changer mon corps et le transformer dans la mort, comme je manie , à mon gré , et transforme la matière. Le droit que j'ai sur la nature , je l'ai également sur ma personne.
Montesquieu a l'air d'ignorer qu'en modifiant
corps, il modifl Ame , qu'il la , par le suici I
devoir- qu'elle n'a p \a fini d [u'il
brise, avant le terme, sa destinée providenl et lui fait déserter son poste d'h mneur. L • P sident , en homme de plu irit que
a1, ait la logique légère.
Achevons. 11 est permis à l'homme de « troubler, à sa fantaisie, toute La nature, puisse dire qu'il s'oppose a li Providence. Il n'y aura pas moins d'ordre et d'arrangement dans l'univers quand son ftme sera séparée d»; soneorj Les -ouvrages de Dieu n'en seront ni m grands ni moins immenses. Son àrae elle-même, dégagée de tout ce qu'elle avait de terrestre, sera pas devenue moins sublime.
Jouer au spiritualité avec le suicide et Le désespoir pour principes, quelle dérision ! D'autant plus que le suicide est d'habitude le terme où aboutit le matérialisme. Enfin :
« Nous nous imaginons que l'anéantissement d'un être aussi parfait que nous dégraderait toute la nature ; et nous ne concevons pas qu'un homme de plus ou de moins dans le monde , que dis-je? tous les hommes, cent millions de terres comme la notre, ne sont qu'un atome subtil et
délié que Dieu n'aperçoit qu'à cause de l'immensité de ses connaissances. »
Que cent millions de terres s'évanouissent devant la grandeur de Dieu, elle n'en sera pas ébranlée , sans doute ; mais que l'homme, qu'un seul homme , créé à l'image de Dieu , dégrade par une mort volontaire ce front où brille quelque chose de la majesté divine, en désespérant d'un bonheur qu'il n'a pas le courage de mériter ou d'attendre , il attaque directement Dieu , il insulte sa bonté, il nie et blesse sa justice. A un autre point de vue, il use une dernière fois d'une Cherté gênante pour n'avoir plus à s'en servir; il croit échapper aux perplexités de son esprit en modifiant sa matière , anéantir les passions dont il souffre et l'intelligence qui éclaire sa douleur. Quel stupide courage ! Et aussi quelle erreur profonde! Un coup de foudre a séparé l'esprit et la matière , qui ont paru au désespéré devoir se réduire au même néant, à la distance infinie où son égarement a placé l'homme d'un Dieu abstrait et orgueilleux. Or, tandis que la matière est entrée au cercueil , l'intelligence , qui ne connaît pas d'espace infranchissable, a pris son essor jusqu'au tribunal de Dieu.
Et voilà ce que , dans sa correspondance, Mon-
lus M OUI 110
[uieu appelle J jeunesse. Il compte même Les réparer, il n'y songe plus; il vieillit. Enfin il revoit son o il n'y change rien ; il y ajout chapitres, quelques mois avant, d'entre 1 >s
sueurs de l'agonie... Il se co il meurt ; le livre reste.
Le paradoxe et la contradiction sont naturei L'auteur des / . Il a supposé un D
injuste , dont le gouvernement nous rend si infortunés qu'il nous est permis d'échapper par le suicide à son injustice. Ailleurs il est frappé de la justice de Dieu :
« Il n'est pas possible que Dieu fasse jamais rien d'injuste; dès qu'on suppose qu'il voit la justice, il faut nécessairement qu'il la sui car, comme il n'a besoin de rien, et qu'il se suffit à lui-même , il serait le plus méchant de tous les êtres , puisqu'il le serait sans intérêt. »
En tout cas, Usbeck ne veut pas du Dieu « qui hait le mal et le punit. » La chose est écrite en toutes lettres. Après avoir fait de Dieu un être orgueilleux, abstrait hypothétique, injuste
et juste, il le voudrait impassible, indifférent
au mal, lui qui est le bien; il le chasse d'un
tribunal où sa bonté met en interdiction sa
justice. Ce philosophe , du nom de Montesquieu
ou d'Usbeck, n'accepte ni le Dieu des chrétiens,
ni le Dieu de la vraie philosophie. «Craint renfler; ' &s(,
voilà sans doute pourquoi il le supprime. *~*tu 'rjjJ 9Ca
La prédilection de l'écrivain des Lettres pour ' ce qui n'est pas catholique , se peint encore dans l'ironie de la haine qu'il voue aux Espagnols , aux Portugais, aux Mexicains, gens catholiques s'il en fut. Car il parle de tout dans son livre. Un Français écrit à Rica :
a Je parcours depuis six mois l'Espagne et le Portugal... La gravité est le caractère brillant des deux nations : elle se manifeste principalement de deux manières , par les lunettes et par la mQustache. Les lunettes font voir démonstrativement que celai qui les porte est un homme consommé dans les sciences et enseveli dans de profondes lectures, à un tel point que sa vue est affaiblie , et tout nez qui en est orné ou chargé peut passer, sans contredit, pour le nez d'un savant.
» Pour la moustache, elle est respectable par elle-même. » Et le reste. — « Il faut savoir que