‹ L'esprit de MontesquieuChapitre 13 sur 51 · M<»\ II— I III · texte numérisé non relu

M<»\ II— I III

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trône les gémissements et les larmes doi * sont dépositaires, n

Il y a donc quelque chose de bon sur cette planète, et les Parlements, u fo ir leur devoir, leur respect, *'t même leur amour,» recueillent les pleurs da peuple... dans l'urne des délibérât* sans doute, et vont les porter au souverain.

Heureux peuple, dont les Parlements, surtout depuis un siècle, ont toujours protégé le bonheur contre les trahisons de la royauté corrompue par l'adulation! Que de fois, en effet, ne l'a-t-on pas vu, ce bon peuple, dans sa reconnaissance , envahir les assemblées nationales, et mettre ses protecteurs dehors, avec le pouvoir exécutif luimême, par distraction, ou dans le délire de son amour! Les Parlements qui détruisent les rois, les peuples qui détruisent les Parlements, c'est l'idéal. L 5, les Parlements, le parlementaire et le populaire, tout cela mêlé , culbutant, culbuté, les urnes à terre, et le pauvre monde dans la misère, voilà qui est beau ! mais ne nous parlez pas des casuist

Rica a visité une bibliothèque. Le bibliothé-

caire était un moine qui mit dehors son visiteur quand sonna la cloche du réfectoire.

« Il ferma la porte , écrit en français le noble Persan, et comme s'il eût volé, disparut à mes yeux. Je retournai le lendemain à cette bibliothèque où je trouvai tout un autre homme que celui que j'avais vu la première fois. Son air était simple, sa physionomie spirituelle, et son abord très affable. « MonPère,lui dis-je, quels sont tous ces gros volumes qui tiennent tout ce côté de la bibliothèque? — Ce sont, me dit-il, les interprètes de l'Ecriture. — ïl y en a un grand nombre! lui repartis-je : il faut que l'Ecriture fût bien obscure autrefois et bien claire a présent. Reste-t-il maintenant quelque doute? Peut-il y avoir des points contestés? — S'il yen a, bon Dieu! S'il y en a! me répondit-il ; il y en a presque autant que de lignes. — Oui, lui dis-je; et qu'ont donc fait tous ces auteurs? — Ces auteurs, me repartit-il, n'ont point cherché dans l'Ecriture ce qu'il faut croire, mais ce qu'ils croient eux-mêmes ; ils ne Vont point regardée comme un livre où étaient contentes les dogmes qu'ils devaient recevoir, mais comme un ouvrage qui pourrait donner de l'autorité à leurs propres idées ; c'est pour cela qu'ils en ont corrompu tous les sens, et

ont donné la torture à l

Vous entendez bien : les pr< itholiq

ont torturé, chacun à Ba !

Ecritures, y ont mis leur propr< ieà la pi

de la pensée divine; el leur doctrine a détrôné celle de Dieu. Encore un pou, chaque doc' de l'Eglise serait un Dieu... Biffer ainsi d'un trait de plume les saints, la longue suite des l1 de l'Eglise , toute la science ecclésiastique des hommes de Dieu qui ont consumé leur ?ie à éclairer l'Ame humaine , c'est trop d'audace, et Voltaire n'a pas été plus calomniateur.

Que dire aussi de cette énumération ouvrages religieux contenus dans la bibliothèq

a Vous voyez les livres ascétiques ou de dé tion; ensuite les livres de morale, bien plus utiles. »

Qu'est-ce que l'ascétisme? C'est la religion d dévots.... Vous croyiez, sans doute, que l'ascétisme donnait, dans le renoncement du cloître, le modèle supérieur de la vie chrétienne. C'était une erreur; l'ascétisme est l'excès d'une dévotion chimérique. Mais qu'est-ce que la dévotion et les dévots? Je n'en sais rien; seulement la morale vaut mieux, beaucoup mieux. Qu'est-ce donc que cette morale distincte de la dévotion \

Le bon peuple n'en sait rien et ne distingue point.

Essayons de suppléer le Président en humeur distraite et qui ne définit point. Est-ce que la dévotion n'est pas l'amour de Dieu? Et la morale séparée de l'amour de Dieu, n'est-ce pas la morale ou la vertu séparée de son principe?

Néanmoins le Président n'a pas toit. A l'eau les théologiens et les ascètes, gens de rien, avec les capucins, les jésuites et le reste. Volons entendre les discoureurs parlementaires , qui , aidés de la Pompadour, réformeront l'éducation , en chassant la Compagnie ; écoutons ces fanatiques serviteurs du roi , aux dépens du Pape , qui ne sauront ni soutenir la royauté en 1789, ni la rétablir en 1793, et qui mettront les moines à la porte en 1880! Cela vaut bien mieux que de se crever les yeux pour ne rien voir dans les pages dictées par le Saint-Esprit, ou écrites, sous son inspiration, par les plus illustres docteurs de l'Eglise. Souvenons-nous-en : les Parlements portent « aux pieds du trône les larmes du peuple ; » mais elles y restent. L'Eglise porte au tribunal de Dieu les larmes des pauvres; la foi, la grâce les transfigurent, et font naître l'espérance de la douleur. N'est-ce que cela? Chansons! Qu'est-ce que la foi? Je n'y vois goutte, et je veux voir et

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