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savoir ; lagi est un i mbtil
en biblioth des li
uistique.
Avoir eu da talent pour h lise, le piètre, et enfermer La pauvre humanité dans L'étouffoir d'une faus> m , Le 1 heur dans l'hémicycle d'un Parlement! Quelle folie !
Après les œuvres des casuistes, viennent celles des mystiques, c'est-à-dire des dévots « qui ont le cœur tendre. « Ah ! mon frère, lui dis-jc , (c'est toujours Rica qui a La parole) un moment; n'allez pas si vite; parlez-nous des mystiques. — Monsieur, dit-il, la dévotion échauffe un cœur disposé à la tendresse , et lui fait envoyer des esprits au cerveau qui s'échauffe de même, d'où naissent les extases et les ravissements. Cet état est le délire de la dévotion; souvent il se perfectionne, ou plutôt il dégénère en quiétisme. Vous savez qu'un quiétiste n'est autre chose qu'un homme fou, dévot et libertin, i
Dévot et libertin, c'est tout un. Le mystique n'est guère qu'un fou ou un débauché ; le théologien renouvelle les énigmes de V Apocalypse ; le casuiste n'est que le plus obscur des orgueil-
leux, qui fait dire à Dieu ce qu'il veut, un vulgaire entremetteur qui explique à l'âme le péché en faveur du pécheur, un flatteur de la conscience, le paratonnerre de la pénitence et du confessionnal. Le simple prêtre n'est qu'une nullité ou un apôtre ridicule. Relisez, et dites si j'exagère. C'est assez nous arrètersur ces divers passages de Montesquieu. On sent au cœur le dégoût, et la plume voudrait devenir un fouet.
Enfin Montesquieu croit-il à Dieu, au moins? Il écrit :
« S'il y a un Dieu, il faut nécessairement qu'il soit juste ; car, s'il ne l'était pas, il serait le plus mauvais et le plus imparfait de tous les êtres.... Il n'est pas possible que Dieu fasse jamais rien d'injuste, dès qu'on suppose qu'il voit la justice. »
Dieu est bien heureux d'avoir un si qui n'est pas absolument négatif, et qu'une supposition bienveillante penche vers cette opinion qu'il voit la justice. Quel style, « voir la justice ! »
Montesquieu ajoute :
« Aussi quand il n'y aurait pas de Dieu, nous devrions toujours aimer la justice. »
MONTl QUI II
aimer la justice sur la terre, qoand il n') aarail de justice au ciel I J a. Il
n'y a pas d'effel sans cause , & moins que l i lumière de la justi il allumi eule
dans ma conscience. Mais le moindre bec de veut un allumeur.
achevons :
« Il faudrait aimer la justice, c'est-à-dire faire nos efforts pour ressembler à cet ( :it nous
avons une si belle idée et qui , s'il existait, serait nécessairement juste, d
Du moment où Dieu peut être ou ne point 61 il sera ou ne sera pas suivant notre intérêt. La religion de la conscience, c'est la religion de l'égoïsme, c'est la morale indépendante.
Y eut-il jamais pareil charivari d'idées contradictoires, malgré la simplicité du fond? Hue signifie ressembler à un être qui n'existerait j Qu'est-ce que la justice d'un être qui n'est pas, mais qui serait juste, s'il était ? N'est-ce pas déjà, en substance, cette philosophie moderne, qui naît avec Kant, qui aboutit à Hegel, qui prétend que tout est dans l'idée, que la vérité, si c'est la vérité, a une existence subjective et non objective, que nous la voyons ou croyons la voir en nous, sans être sûrs qu'elle existe en elle-
même. Elle est; elle n'est pas; elle peut être ; la vérité, c'est nous.
Quel serait, suivant Montesquieu , le dernier effet de cette religion d'un Dieu dont nous serions les arbitres, et qui est, ou n'est pas, suivant notre volonté ?
« Libres que nous serions du joug de la religion, nous ne devrions pas l'être de celui de l'équité. »
Il y aurait donc d'autant plus d'équité sur la terre qu'il y aurait moins de religion. En un mot, c'est le ciel qui nuit à la terre, la justice divine qui nuit à la justice, l'équité souveraine qui comprime l'équité naturelle des âmes et des Parlements I... C'est jugé; et tout ira bien en ce monde, quand on aura supprimé l'autre.
Pourtant, à la rigueur, on conserverait Dieu, un Dieu de papier doré, un Dieu parlementaire. L'homme serait Dieu, et l'inventeur de la doctrine nouvelle serait plus qu'un Dieu.
Du reste, Montesquieu a bien l'air, quelque part, de croire l'homme éternel, ou du moins l'humanité :
« Peut-on croire que la matière et les choses créées n'aient que 6,000 ans? que Dieu ait dif-
HOlfTISQI il i
féré, pendant tonte l'-H
n'ait us»' que d'hier de m puissance
Serait-ce parce qu'il ne L'aurait pai pu, on ne
l'aurait pas voulu? Mais, s'il ne Ta j. iins
un temps, il ne l'a pas pu dans un autre. »
Le Président se plaît a injurier le ciel.
a C'est donc parce qu'il ne l'a pas voulu. M si l'on admet qu'il ait voulu quelque chose une fois..., il l'a voulu toujours et dès le commencement.... Cependant tous les historiens nous parlent d'un premier père ; ils nous font voir la nature humaine naissante. N'est-il pas naturel de penser qu'Adam fut sauvé d'un malheur commun, comme Noé le fut du déluge ? »
Si Adam est le fds d'une humanité sans naissance et sans commencement, il sort de là que l'homme est entièrement libre de faire ce qui lui plaît; il est Dieu; or le plaisir est le premier de ses besoins ; il est donc juste qu'il satisfasse sa nature.
C'est le plaisir, du reste, qui rend les hommes heureux. Le plaisir de l'amour semble préférable à tous les autres, si nous en croyons les trop sensibles peintures que nous en fait l'auteur des Lettres persanes. Ou bien a-t-il, pour l'agrément de chacun , et pour adoucir le sérieux de ses
enseignements, semé de haltes joyeuses et d'amours libertines les étapes de son livre? Je ne sais. Mais les amours et les nouvelles du sérail viennent, de temps en temps, éveiller les sens du lecteur dont l'intelligence se fatiguerait, sans doute, parmi les sévères abstractions de la philosophie ou de l'économie politique et sociale.
Il y a même, dans les Lettres persanes , plusieurs histoires orientales, dont il nous est assez difficile de parler, fût-ce en passant. Le châtiment du jaloux Ibrahim n'est pas aisé à peindre. Il poignarde sa femme ; elle quitte la vie avec bonheur. Les amours de Psyché avec Gupidon , au ciel de l'Olympe, n'ont rien de comparable au bonheur dont jouit la malheureuse victime d'un cruel mari, dans un ciel très humain et surhumain, servie qu'elle est par des hommes célestes chargés de la rendre la plus heureuse des créaturcs. Ce sont des anges. Mais quels anges ! Le Président, qui n'a pu entièrement supprimer le ciel, en a fait du moins un palais de la volupté païenne. C'est la conclusion impie de tous ses discours.
L'histoire d'Àsphéridon et d'Àstarté ne vaut pas mieux.
Un frère et sa sœur, deux Guèbres, s'aiment
et veulent se marier. Leur religion le permet ;
mais ils vivent sotu l«' jougd nlmani. /kprèa
bien des malheur tableaux, ils ent :
« Ma sœur, dit le Guèbi femme, que
cette union est sainte!... La nature nous avait unis, notre sainte loi va nous unir encore. »
Les commentaires sont inutile
En général , un écrivain , après avoir détruit, si c'est un législateur, a hâte d'édifier. Comment faire ? Montesquieu a tout ruiné , même Dieu , ou à peu prés , et sa prescience. Car quelle idée de mettre Adam , notre premier ancêtre, dans le paradis terrestre, à condition qu'il ne mangera pas d'un certain fruit? a Précepte absurde dans un être qui connaissait la détermination des êtres. C'est comme si un homme qui avait vu la prise de Bagdad avait dit à un autre : Je vous donne mille écus si Bagdad n'est pas pris. »
L'accord de la prescience de Dieu et de cette liberté dont le sens intime nous assure , avait besoin, disons-le en passant, d'une autre plume que celle de Montesquieu et plus grave pour être prouvé philosophiquement ou infirmé.
Ce dernier point écarté, en cherchant bien, j'ai trouvé l'endroit de son livre où l'auteur a fixé
l'idéal naturel et terrestre de l'homme heureux; c'est dans l'histoire des Troglodytes. De démolisseur Montesquieu devient architecte.
Les Troglodytes ne sont pas un peuple de colons qui a émigré de son pays pour en habiter un autre. Montesquieu dédaigne les colonies et les Espagnols avec. Les Espagnols n'ont pu soumettre les Indiens; ils les ont exterminés de sang-froid. Mais il ne s'agit pas des Indiens; retournons aux Troglodytes.
Les Troglodytes, petite nation de l'Arabie, ressemblaient plus à des bêtes qu'à des hommes. « Un jour, ils tuèrent leur roi et toute la famille royale. Après les avoir remplacés par des magistrats, ils égorgèrent ces magistrats. Désormais on ne dut obéir qu'à soi-même. De là tous les malheurs possibles, si grands même qu'il ne resta plus que deux familles de Troglodytes. Mais quels Troglodytes ! et, après eux, quelles générations de Troglodytes! Ils connaissaient la justice ; ils aimaient la vertu, et aussi leurs femmes et leurs enfants; ils travaillaient à l'intérêt commun. On ne peut s'imaginer leur bonheur. Chéris des dieux, ils inventèrent des fêtes en leur honneur, avec musique, danses, chants et festins (comme en 93). Que c'était beaul Les jeunes
QUes troglodyi autels
apporter Le tendn ifice de leur cœar et ne Lear demandaient point d'autre ■ de
pouvoir rendre un Troglodyte beui
Que c'est fade!... I. glodyl faisaient
qu'une famille. Pour tout dire, les troupeau les cœurs étaient confondus.... Mais l'envie corrompt tout en ce monde. Des peuples envieux les
attaquent. Les Troglodytes mettent, comme dans un bataillon carré, leurs femmes et leurs enfants. Soutenus parleurs regards, ils sont vainqueurs. C'est touchant. Les peuples modernes et laïques n'admettent de femmes, sur le champ de bataille, que les cantinières. Quelle décadence !
Mais les Troglodytes, effrayés de leur nombre, veulent un roi. Ils s'adressent à un vieillard vénérable par son âge et sa longue vertu. Il ne leur répond qu'en versant un torrent de larmes. Il ne sera roi que par la violence. S'il a un conseil a donner à ses concitoyens, c'est de rester en république : a Comment se peut-il que je commande quelque chose à un Troglodyte? Voulez- vous qu'il fasse une action vertueuse parce que je la lui commande , lorsqu'il la ferait tout de même , sans moi, et par le seul penchant de la nature? »> 0 Troglodytes! ô nature !
LES LETTItES PERSANES 161
Les Troglodytes restèrent donc païens et vertueux, plus ou moins vêtus, et soumis à la nature. C'est là l'idéal et la conclusion de Montesquieu.
Il a vidé le ciel , il a presque vidé la terre. Supposons Paris : Notre-Dame, le Louvre, l'Université, les jésuites, les capucins et tous les moines, les prêtres, les casuistes, bien d'autres choses ont disparu, même l'Académie et Dieu. 11 reste, sous l'azur et sous le chaume , un ou deux millions d'habitants dont on fera des Troglodytes, vêtus de peaux de chèvre, vertueux et naturels. Ajoutez-y deux édifices épargnés par la protection de Montesquieu , le plus sensible des Troglodytes : ce sont les Invalides , et le Parlement... qu'il ne faut pas confondre avec les Invalides.
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