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ne voulait pas imiter B leL Ma une
fois, où est Dieu dans cet ouvrage, dans cette
analyse tout humaine, pour ne pas dire atl. Où est le mot sorti de la conscience du juste qui venge la justice, et L'esclavage du inonde, contre l'hypocrisie de la politique?
Tout au succès! Tout aux vertus égoîsl Tout à l'orgueil de la gloire! Tout à L'habili La conscience est oubliée.
Je parlais tout à l'heure de la religion. Le peuple romain fut-il religieux V Qu'en pense Montesquieu? Laissons-lui la parole :
« Il y avait ceci de particulier chez les Romains qu'ils mêlaient quelques sentiments religieux à l'amour qu'ils avaient pour leur patrie. Cette ville fondée sur les meilleurs auspices, ce Romulus, leur roi et leur Dieu, ce Capitole éternel comme la ville , et la ville éternelle comme son fondateur, avaient fait autrefois sur l'esprit des Romains une impression qu'il eût été à souhaiter qu'ils eussent conservée. »
Ainsi cette religion que Rome n'avait pas conservée, c'était Romulus et le Capitole ! Rome avait la religion de l'éternité de Rome ! Rome s'adorait. Ce n'est pas une exagération. Il y avait
GRANDEUR ET DÉCADENCE 18 l
pourtant un autre culte, des rites, des prêtres, un grand Pontife, en somme, un sentiment divin que l'auteur, préoccupé de l'homme seulement, n'a pas l'air de soupçonner. Il diminue tout ce qui est grand, même chez les païens.
Il fait du patriotisme une vertu dont Tunique mobile est l'intérêt.
a Les fondateurs des anciennes Républiques avaient également partagé les terres : cela seul faisait un peuple puissant , c'est-à-dire une société bien réglée ; cela faisait aussi une bonne armée, chacun ayant un égal intérêt et très grand à défendre la patrie. »
Je ne pense pas, malgré le vague pluriel employé par l'écrivain, que la République romaine ait échappé à cette règle générale. Il y revient plus loin, et d'une façon plus précise encore :
« Avant la corruption, les revenus primitifs de l'Etat étaient partagés entre les soldats, c'est-à-dire les laboureurs. Lorsque la République était corrompue, ils passaient d'abord à des hommes riches qui les rendaient aux esclaves et aux artisans, d'où on en retirait, par le moyen des tributs, une partie pourl'entretien des soldats.
» Or, ces sortes de gens n'étaient guère pro-
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prcs à la guerre : ils étaient lâchei et déjà i rompus par te laie des villei I ouvert pai leur art même. »
En nous résumant, tant que l'Etat pai entre les soldats, les terres ou se pri-
mitifs, tout alla bien , et l'on vit fleurir le patriotisme le plus pur. Mais « l'avariée de quelques particuliers et la prodigalité des autres, -> l'inobservance des lois, qui « faisaient passer Les fonds de terre dans peu de mains, » enfin les arts amolissants, altérèrent insensiblement les lois et la constitution.
J'abrège encore avec Montesquieu lui-même :
a Ce fut le partage égal des terres qui rendit Rome capable de sortir de son abaissement, et cela se sentit bien quand elle fut corrompue (1). »
Ici, plus de doute; l'Etat seul propriétaire et fondant le patriotisme sur le socialisme, n'est-ce pas l'idée qui domine tout ce passage ? Et n'y a-t-il pas un dieu à ajouter au Capitole éternel, VElat?
J'ai peine à croire cependant que Montesquieu ait été à la fois païen et socialiste ? Mais il
(1) Au point de vue historique, il n'est pas du tout certain qu'à une époque même très reculée et près de son origine, Rome ait fait une loi du partage des terres.
avait la manie d'innover, et ne trouvait rien de mieux que d'ajuster ensemble, à la moderne, quelques vieilleries de l'antiquité. Gela faisait du neuf pour les ignorants.
C'était encore une façon de parler, une mode, une hardiesse d'esprit, un feu de l'imagination qui laissait voir des merveilles dans le lointain des âges passés, un abandon de la foi qui ne soutenait plus la raison, une vanité, une folie du sens propre, un défaut de cœur, comme une perturbation particulière de l'intelligence qui nous conduisaitàlarévolution deslois et desinstitutions.
Les causes de la grandeur de Rome sont donc toutes naturelles et politiques; nous ne tarderons pas, avec Montesquieu, à chercher et à découvrir les motifs de sa décadence. Même les mœurs commençaient déjà à se corrompre, quand une institution admirable contribua à maintenir le gouvernement de la République ; ce fut celle des censeurs :
« À Rome, tout ce qui pouvait introduire des nouveautés dangereuses, changer le cœur ou l'esprit des citoyens , et en empêcher, si je puis me servir de ce terme, la perpétuité , les désordres domestiques ou publics étaient réformés par les censeurs. »
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L'auteur ajoute : 0 Le gouvernement de Rome fut admirable en ce que, depuis sa naissanci constitution se trouva telle, soit par l'esprit
peuple, la force du sénat OU l'autorité d tains magistrats, que tout abus du pouvoir y put toujours être corrigé.... »
« Carthago périt, parc que, lorsqu'il fallut retrancher les abus, elle ne put souffrir lu main de son Annibal même. »
N'est-ce pas dire que Rome sut obéir, et Cartilage, non; que Rome, toute superbe qu'elle était, sut se réformer pour se perpétuer, et que ( thage, en proie à l'orgueil irréformable de l'avarice, ne sut qu'être jalouse de son glorieux général (1) ? Rien n'est plus vrai ; mais il était inutile, à propos des Romains, de faire une excursion jusque dans la sagesse du gouvernement de l'Angleterre.
Il y eut deux causes de la décadence de Rome :
« Si la grandeur de l'Empire perdit la République,
la grandeur de la ville ne la perdit pas moins. ;>
(1) a Le gouvernement d'Angleterre est plus sage 'vque toutes les républiques possibles), parce qu'il a un corps qui l'examine continuellement et qui s'examine continuellement lui-même. ■ Ah! si Carthage avait joui des délices du gouvernement parlementaire !
On ne peut mieux dire, et dire tout en quelques lignes.
Montesquieu développe sa pensée :
« Lorsque les légions passèrent les Alpes et la mer, les gens de guerre qu'on était obligé de laisser pendant plusieurs campagnes dans les pays qu'on soumettait, perdirent peu à peu l'esprit de citoyens; et les généraux qui disposèrent des armées et des royaumes, sentirent leur force et ne purent plus obéir.
» Les soldats commencèrent à ne reconnaître que leur général, à fonder sur lui toutes leurs espérances et à voir de plus loin la ville. Ce ne furent plus les soldats de la République, mais de Sylla, de Marius , de Pompée, de César. Rome ne put plus savoir si celui qui était à la tête d'une armée dans une province était son général ou son ennemi. »
Quoi de plus net et de plus caractéristique?
Ce n'est pas tout :
« Quand le peuple put donner à ses favoris une formidable autorité au dehors, toute la sagesse du sénat devint inutile, et la République fut perdue. »
En effet, le peuple remplaçant le sénat substitua à une sagesse trop humaine, sans doute, la
pire des folios, la folie populaire. Mail voici la seconde de la perte de la lil l) :
Rome a accorda », par ! i le droil
cité aux alliés qui n'avaient pas en d'être fidèles, et, peu à peu, elle l'accorda à tous. ))
« Pour lors, » ce « ne fut plus cette ville dont le peuple n'avait eu qu'un même esprit, un môme amour pour la liberté , une même haine pour la tyrannie.... Les peuples d'Italie étant devenus ses citoyens, chaque ville y apporta son génie, ses intérêts particuliers et sa dépendance de quelque grand protecteur. La ville déchirée ne forma plus un tout ensemble ; et comme on n'en n'était citoyen que par une espèce de fiction , et qu'on n'avait plus les mêmes magistrats , les mêmes murailles , les mêmes dieux , les mêmes
(1) Au chapitre IV, le Président ajoute à ces causes un autre motif de la perte des Républiques : « L'avantage d'un Etat libre est que les revenus y sont mieux administrés, mais lorsqu'ils le sont plus mal, l'avantage d'un Etat libre est qu'il n'y a pas de favoris ; mais quand cela n'est pas, et qu'au lieu des amis et des parents du prince il faut faire la fortune des amis et des parents de tous ceux qui ont pris part au gouvernement, tout est perdu; les lois y sont éludées plus dangereusement qu'elles ne sont violées par un prince qui, étant toujours le plus grand citoyen de l'Etat, a le plus d'intérêt à sa conservation. » Montesquieu a-t-il peint Rome ou la France d'aujourd'hui?
temples , les mêmes sépultures , on ne vit plus Rome des mêmes yeux, on n'eut plus le même amour pour la patrie , et les sentiments romains ne furent plus.
» Les ambitieux firent venir à Rome des villes et des nations entières pour troubler les suffrages ou se les faire donner; les assemblées furent de véritables conjurations; on appela comices un peuple de quelques séditieux ; l'autorité du peuple, ses lois, lui-même, devinrent des choses chimériques ; et l'anarchie fut telle qu'on ne put plus savoir si le peuple avait fait une ordonnance, ou s'il ne l'avait point faite. »
Une remarque importantepour ceux qui veulent écrire, c'est que, dans les plus beaux passages, où il va, humainement, jusqu'au fond des choses, l'historien de Rome produit son effet, sans phrase, par la force même de la vérité, et le choix habile des faits énumérés. Il devrait toujours en être ainsi, et le lecteur n'a jamais tant de plaisir que lorsque l'auteur lui présente la vérité aux yeux, sans avoir l'air de la lui imposer. Pourtant nous aimons Bossuet, bien qu'il nous élève quelquefois plus haut que ne le voudrait notre nature. Mais nous sentons qu'avant de nous mettre sous le joug des vérités sublimes, il l'a
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subi lui-même. Il est convaincu, il non ndit,
il nous subjugue.
Dû Montesquieu raffine, a la ta t dans le \ que nous allons citer. 8
douto, les divisions ont perdu Rome ; mais no
nous y trompons pas, il fallait des divisio
« On ne voit pas que ces divisions y étaient nécessaires, qu'elles y avaient toujours i qu'elles y devaient toujours être, et cea riers si fiers, si audacieux, si terribles au dehors, ne pouvaient pas être bien modérés au dedans, d
Ils obéissaient au dehors à leurs chefs ; pourquoi, dans Rome, n'auraient-ils pas obéi à la loi?... C'est la plèbe, d'ailleurs, qui provoqua les guerres civiles. L'auteur fait le roman de l'histoire.
Il achève : « Ce qu'on appelle union, dans un corps politique, est une chose très équivoque; la vraie est une union d'harmonie, qui fait que toutes les parties, quelque opposées qu'elles nous paraissent, concourent au bien général de la société, comme des dissonances dans la musique concourent à l'accord total. »
Seulement les divisions, en politique, ne sont pas comparables aux simples dissonances de la
musique. Et cette musique, Molière ne l'a jamais mise en parallèle avec la morale, que pour rendre M. Jourdain plus ridicule.
Montesquieu a beau dire : « Il peut y avoir de l'union dans un Etat où Ton ne croit voir que des troubles. » Où donc a-t-on vu, malgré un ingénieux correctif, qu'un Etat troublé pouvait être un Etat heureux (1)?
Il ajoute, mais en vain : « Il en est comme des parties de cet univers éternellement liées par l'action des unes et la réaction des autres. »
Cette brillante image ne prouve rien. Montesquieu abuse des mots pour leur donner un sens nouveau. On peut croire que la lutte des opinions honnêtes est de tous les lieux, et qu'elle aboutit souvent, si elle est loyale, à la paix publique. Mais le trouble et les divisions n'ont jamais produit que l'anarchie (2).
(1) Voici encore, suivant Montesquieu, un des avantages des divisions intestines : « Dans les guerres civiles , il se forme souvent de grands hommes, parce que dans la confusion ceux qui ont du mérite se font jour, chacun se met à sa place et à son rang; au lieu que dans les autres temps on est placé et on l'est souvent tout de travers. » (Chapitre XI.) En somme, les temps d'ordre sont des causes de désordre; et le désordre des guerres civiles remet tout en ordre. Peut-on être plus sophiste?
(2) Montesquieu est plus juste quand il compare les divisions <c aux feux des volcans ». (Voir plus haut, page 174).
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Le Président av< pendant qae • la
d'Epicare, qui s'introduisit a Rome, sor la fin de la République, contribua
cœur et l'esprit des Romains, •> et que « la : gion, » quelle religion? « est toujours Le meilleur garant que l'on puisse avoir des mœurs hommes. »
Il dit ensuite :
a Ceux qui avaient d'abord été corrompus par leurs richesses, le furent ensuite par leur pauvreté. »
Est-ce un paradoxe? Non, mais une pensée vraie revêtue de la forme d'une spirituelle antithèse. Il ne suffit pas à Montesquieu de nous découvrir la vérité ; il veut nous surprendre ; il allie, sans entrer dans le faux, des expressions discordantes. Mais il s'explique :
« Avec des biens au-dessous d'une condition privée, il fut difficile d'être un bon citoyen ; avec les désirs et les regrets d'une grande fortune ruinée on fut prêt à tous les attentats; et, comme dit Salluste, on vit une génération de gens qui ne pouvaient avoir de patriotisme ni souffrir que d'autres en eussent. »
Peut-être la dernière phrase a-t-elle le tort de répéter celle qui finit si bien par « tous les
attentais. » L'artiste n'a pas résisté au plaisir de nous traduire une antithèse.
Du scepticisme d'Epicure naquit forcément une ambition peu scrupuleuse de jouir des richesses et de l'autorité. On vit paraître, formés à l'image d'unephilosophie athée, Sylla(l), Pompée, César :
a Sylla fit des lois très propres à ôter la cause des désarrois que l'on avait vus; elles augmentaient l'autorité du sénat, tempéraient le pouvoir, réglaient celui des tribuns. La fantaisie qui lui fit quitter la dictature sembla rendre la vie a la République ; mais, dans la fureur de ses isuccès, il avait fait des choses qui mirent Rome lans l'impossibilité de conserver sa liberté. »
Il me paraît qu'en serrant plus sa pensée, l'écrivain aurait mieux défini César et Pompée. On cherche leur peinture en raccourci ; on n'en trouve guère que des traits séparés, hormis dans ces quelques lignes :
Pompée s'appuya sur le peuple « avec une ambition plus ferme et plus douce que César. Celui-ci voulait aller à la souveraine puissance, les armes à la main, comme Sylla.... Cette façon d'opprimer ne plaisait point à Pompée : il aspirait
(I) Montesquieu ne fait que nommer Marius, et ne dit qu'un mot des Gracques, on passant. C'est une sérieuse lacune.
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à la dictature, mais par le du peuple :
il oe pouvait consentir & usurper 1 1 puii mais il aurait voulu qu'on la lui remll entre les mains. »
« est ce que réalisa, plus tard, (|
> de César. La tyrannie se taisait peu a peu; elle
/ s'acheva quand il n'y eut plus rien de l'antique
patriotisme ni dans les chefs ni dans le peuple.
/ Quand le cœur, comme un vase, se fut vidé,
goutte à goutte, de tout sentiment de liberté, la
servitude y entra d'elle-même. Mais Montesquieu,
dans l'habitude qu'il a conctr de donner
une valeur exagérée à des raisons du second
ordre, insiste beaucoup sur le pas du Ru-
bicon :
« La politique n'avait point permis qu'il y eût des armées auprès de Rome... » et Ton dévoua aux dieux infernaux, par un célèbre sénatusconsulte, a quiconque avec une légion, avec une armée, ou avecune cohorte, passerait le Rubicon. »
La chose est apocryphe; mais lors même qu'elle eût été vraie, la conclusion de Montesquieu n'en serait pas moins très contestable.
César n'aurait pas dû gouverner, d'après lui, la Gaule Transalpine, « où il se fit une arii fanatique de sa personne,-» ni « la Gaule Cisalpine
qui tenait la ville en échec (1). » En effet, la position formidable que lui donnaient ces deux gouvernements tenta César; il foula aux pieds le sénatus-consulte, se moqua des dieux infernaux et franchit le Rubicon. Tout est là; et s'il n'avait pas obtenu le gouvernement des Gaules, il n'eût pas été le César de l'histoire. Qu'importe? Rome, dans son état de corruption, devait avoir des Césars ou périr.
L'n des derniers défenseurs de la liberté fut Caton d'Utique. Brutus, Cassius, crurent bien faire, comme lui, de se donner la mort pour cette liberté. « Si Caton, de l'avis de Montesquieu, s'était réservé pour la république, il aurait donné aux choses un tout autre tour. »
Il aurait sans doute sauvé Rome de la corruption et de la tyrannie. C'est égal; il a bien fait de mourir.
Au sujet du suicide, voici le sentiment de Montesquieu :
(1) a Si César n'avait point eu le gouvernement de la Gaule Transalpine, il n'aurait point corrompu ses soldats, ni fait respecter son nom par tant de victoires. S'il n'avait pas eu celui de la Gaule Cisalpine, Pompée aurait pu l'arrêter au passage des Alpes, au lieu que, dès le commencement de la guerre, il fut obligé d'abandonner l'Italie. » (Chapitre XI.)
On peut donner plusieurs ca : • cette
coutume si génér de des hommei d e donner
la mort ; le pi de la [que qui y
encourageait ; rétablissement d( tde
l'esclavage, qui firent penser à plusieurs hommes qu'il ne fallait pas survivre à une défaite, l'avantage que les accusés avaient à se
donner la mort plutôt que de subir un ju( par lequel leur mémoire devait être flétrie leurs biens confisqués. Une espèce de point d'honneur peut-être plus raisonnable que celui qui nous porte aujourd'hui à égorger notre ami pour un geste ou pour une parole, enfin une grande commodité pour l'héroïsme, chacun faisant finir la pièce qu'il jouait dans le monde, à l'endroit où il voulait.
» On pourrait ajouter, une grande facilité dans l'exécution ; l'âme tout occupée de l'action qu'elle va faire, du motif qui la détermine, du péril qu'elle va éviter, ne voit point proprement la mort, parce que la passion fait sentir et jamais voir. »
Pour tout dire, le suicide est commode ; il fait qu'on meurt sans le voir. C'est bon.
De grands hommes, des héros ont péri de leurs propres mains ; il ne s'en faut guère qu'ils aient
eu raison. En tout cas, il est probable qu'ils ont montré plus de sens que les duellistes. C'est un peut-être qui penche vers le suicide, sans condamner entièrement le duel.
L'amour-propre dont Montesquieu avait sa bonne part est pour beaucoup, suivant son opinion, dans la détermination de ceux qui s'ôtent la vie :
« Cet amour-propre, l'amour de notre conservation, se transforme en tant de manières, et agit par des principes si contraires, qu'il nous porte à sacrifier notre être pour l'amour de notre ôtre. »
Se tuer par amour de la vie, n'est-ce pas, au moins, raffine?
« Et tel est le cas que nous faisons de nousmêmes y que nous consentons à cesser de vivre par un intérêt naturel et obscurqui fait que nous nous aimons plus que notre vie même. »
En un mot, il est des circonstances, où ce moi que nous aimons tous, souffre à ce point que nous le supprimons pour ne plus en souffrir.
Reste à savoir si, en nous débarrassant delà vie animale, nous anéantissons cemoz, qui souffre, ce nous-mêmes, au pluriel, dont il est ici question.
Il y a d'autres raisons du suicide; le dé-