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au devant d'Alexandre? Comme les satrapes et les grandi arrivent en foule? Il s'habille à la
manière des Perses; c'est la robe conMil Clovis. »
D'une façon très spirituelle, M. le Président
met chacun à sa place, l'abbé Dubos et Boulainvilliers :
« Ils ont fait chacun un système, dont l'un semble être une conjuration contre le tiers élat et l'autre une conjuration contre la noblesse.
» Lorsque le soleil donna à Phaéton son char à conduire (1), il lui dit : Si vous montez trop haut, vous brûlerez la demeure céleste; si vous descendez trop bas, vous réduirez en cendre la terre. N'allez point trop à droite, vous tomberiez dans la constellation du Serpent; n'allez point trop à gauche, vous iriez dans celle de l'Autel : tenez-vous entre les deux. »
C'est ce que fait Montesquieu. Sage Phaéton, il conduit heureusement son char entre Dubos et Boulainvilliers; il le croit; il est trop bien élevé pour s'en vanter ouvertement. Nous ne plaiderons ni contre sa modestie, ni contre sa modération. Il est facile de voir cependant qu'il incline vers le système le plus favorable à la grande (1) Livre XXX, chapitre X.
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influence des Germains. Que de science, d'ailleurs! Que de patience! Que d'auteurs consultés, lus, médités ou jugés! Dubos, Boulainvilliers parmi les contemporains ; avant eux, Marculfe et les lois barbares, celles des Allemands, des Bavarois, des Francs Saliens et Ripuaires, des Wisigoths et des Bourguignons, les Capitulaires de Charlemagne et de ses successeurs (1).
Il est à peine nécessaire dédire que, parmi les anciens, Tacite, l'historien des Germains, est l'auteur le plus cher au génie de Montesquieu et celui où il a puisé davantage. Une heureuse et intéressante dissertation, s'il s'agit des barbares, est celle qui roule sur le cens ou tributum (2). Ce terme de cens avait passé, quoique latin et romain, sans rien changer à leurs vieilles coutumes, dans la langue des Germains victorieux ; ce qui fit croire à Dubos, bien à tort, que l'administration romaine avec son fisc, ses impôts, tout en un mot, avait été conservé dans les Gaules, où le seul changement, à son avis, était le nom du souve-
(1) Montesquieu les avait étudiés dans Baluze. — Ajoutons à ces sources où puisa Montesquieu pour compléter son ouvrage, les noms de Libanius, Cassiodore, Grégoire de Tours, Frédégaire, Eginhard, Nitard, petit-fils de Charlemagne, Hincmar, etc. Pour la géographie ancienne, il cite souvent Pline, Strabon, Àrrian.
(':) Livre XXX, chapitre XIV.