‹ L'esprit de MontesquieuChapitre 28 sur 51 · S8 MO »TII Q D · texte numérisé non relu

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danger par quelque conjuration secrète contre l'État, ou quelque intelligence avec les ennemie du dehors. • En résumé, la puissance exécutrice pourrait, en certaine circon pour plaire à

sa puissante concurrente, à sa reine, l'assemblée législative, « faire arrêter les citoyens suspects , qui ne perdraient leur liberté pour un temps que pour la conserver pour toujours. »

La phrase est harmonieuse, et l'antithèse magnifique! En réalité, à peine au début de sa théorie idéale d'un gouvernement libre, le législateur moderne place une loi d'exception, et fait du souverain le serviteur, je n'ose dire l'esclave, du parlement, qui lui prête une ombre d'autorité, par instants, et pour lui faire exécuter ses volontés contre des ennemis plus ou moins imaginaires. Avec une magistrature « invisible et nulle, » et une puissance exécutrice réduite à ce point, la puissance législative, disons le parlement, semble être le tout de la politique.

Mais à qui, en principe, appartient cette puissance législative? Au peuple. « Comme dans un État libre, tout homme qui est censé avoir une âme libre doit être gouverné par lui-même, il faudrait que le peuple en corps eût la puissance législative; mais comme cela est impossible dans

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les grands États, et est sujet à beaucoup d'inconvénients dans les petits, il faut que le peuple fasse par ses représentants tout ce qu'il ne peut faire par-lui-même....

» Il convient que, dans chaque lieu principal, les habitants se choisissent un représentant, excepté ceux qui sont dans un tel état de bassesse qu'ils sont réputés n'avoir point de volonté propre. » C'est vague et commode à la fois.

Le peuple aurait donc la nue propriété du pouvoir. Avec le droit « de se gouverner par luimôme » il se laisserait gouverner par autrui. Autrui serait le parlement qui gouvernerait le peuple libre et souverain, comme il gouvernerait, suivant l'opinion de Montesquieu, dans une monarchie, le roi sans autorité royale et successeur véritable des rois fainéants.

Le libéral Président ne veut pas du mandat impératif : « cela jetterait des langueurs infinies, et rendrait chaque député le maître de tous les autres. » Cependant ce n'est pas sans regret qu'il abandonne cette invention politique ; car « la parole des députés serait plus l'expression de la voix de la nation, » et de ses « instructions particulières pour chaque affaire. »

A quoi bon ces regrets hypocrites?Nous savons

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