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déjà que le peuple libre est on nythe; qu'il lui
est impossible de légiférer, et qu'il n'a qu'un droit, celui dr* se donner, au lieu d'un -ouveraiii unique, plusieurs centaines de tyrans parlementaires.
L'auteur sent la nécessité d'amoindrir, pour la forme, l'autorité déjà si grande de la puissance législative : o Le corps représentant (louons, au passage, la beauté d'une expression nouvelle) n'est pas choisi pour prendre quelque résolution active, mais pour faire des lois. » Cependant je crois me souvenir qu'il a le droit sinon d'arrêter, du moins de faire arrêter, ce qui est tout un, ceux qui l'embarrassent et qui deviennent des conspirateurs. Cette loi des suspects est une arme terrible aux mains des députés, et dont la Convention se servira plus tard pour organiser la Terreur. Ajoutons que la Convention nous paraît avoir été l'expression la plus saisissante de la souveraineté parlementaire; elle a guillotiné le roi !
Mais n'y aura-t-il qu'une assemblée du peuple dans la théorie de Montesquieu? et naviguonsnous, voiles déployées, en pleine démocratie parlementaire et autocratique? Non, trois fois non. Nous allons avancer encore d'un pas dans
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sort, pour orner un front heureux, de l'obscurité d'une famille qui s'élève peu à peu au service de Dieu et de la patrie.
D'un autre côté, presque toujours les dynasties finissent par des fantômes de roi. Pourquoi la dynastie qui sembla s'éteindre le 2i août 1883, a-t-elle eu, comme dernier représentant, un de ces hommes nés, par la grandeur du caractère et les qualités morales, pour élever un nouveau trône et fonder une monarchie nouvelle? Son rôle providentiel n'a-t-il pas été de nous léguer la royauté chrétienne restaurée en principe, jusqu'à ce qu'il plaise au Ciel de la réaliser, et de nous donner enfin un roi?
Après avoir admiré l'écrivain et son humaine sagesse trop renfermée dans les bornes de la raison purement politique, je me demande ce qu'il admire lui-même dans ces temps que j'essaie d'analyser avec lui et après lui. Est-ce cette première féodalité où tous les fiefs sont sous la main puissante du souverain? Il loue, en effet, Gharlemagne , mais d'une façon si étroite et si moderne, en le rapprochant le plus possible du type libéral qu'il a conçu dans son esprit! Est-
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ce saint Louis, le mo s rois de la seconde
féodalité, puisque la première n'avait guère survécu au traité do Ki 'ise; saint Louis, autour duquel se rangent, de bonne volont»'-, pour aller à la croisade, tous les seigneurs des grands et petits fiefs, sans compter le peuple des hommes libres? Non; l'écrivain, abusant de son titre de légiste, n'admire que les Etablissements, et les réduit autant que possible à des proportions humaines ou d'une utilité passagère. La réforme de Clotaire II, en des temps barbares, lui sourit davantage. C'est peu , en réalité, pour huit siècles au moins de notre histoire. J'oubliais Alexandre qui, dans la pensée de Montesquieu, et si nos yeux ne nous trompent pas sur la peinture qu'il en a faite, semble dominer, des profondeurs de l'antiquité païenne, les siècles nouveaux régénérés par Jésus-Christ.
Dans l'âge moderne, moins chrétien que le moyen âge, il est, sans doute, des institutions, des formes de gouvernement et des lois, qui, moins dépendantes du ciel et de l'éternelle vérité, conviennent mieux à ce monde et à la fragilité commune. C'est en Angleterre que nous trouverons peut-être l'idéal de la société politique, le régime qui plaît à Montesquieu. Il y a quelques
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années, la faiblesse de nos anglomanes nous mettait sous les yeux la liberté de l'Angleterre, les vertus de l'Angleterre, les perfections de l'Angleterre. A tort ou à raison, ces hommes passaient pour les disciples de celui qui écrivit Y Esprit des lois; c'étaient les libéraux du temps ; la constitution libérale de l'Angleterre faisait leurs délices. Ils pensaient que la France devait se borner à l'imitation du grand peuple qui brûla Jeanne d'Arc et fit contre nous la guerre de Cent "ans, comme il a signé depuis, contre la France, le trop fameux traité de notre servitude commerciale sous le nom menteur de libre échange.
Etudions le chapitre VIe du livre XI, intitulé : De la constitution de l'Angleterre. Il est possible que nous y trouvions à louer les principes d'une politique décidément régénératrice pour les siècles des siècles.
Le livre lui-même, dans son ensemble, est consacré « aux lois qui forment la liberté politique dans son rapport avec la constitution. » L'auteur y donne une définition de la liberté, en général, adoptée plus tard dans la fameuse déclaration de 1789 : « La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent. » Et si les lois sont mauvaises? ou bien auraient-elles la prétention
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d'Être înfaillib] OUI vite ; nous cher-
chons surtout l'occasion de louer.
Selon Montesquieu, il y a, dans chaque Etat, trois sortes de pouvoirs, la puissance législative, la puissance exécutrice des choses qui dépendent du droit des gens, et la puissance exécutrice de celles qui dépendent du droit civil; autrement : la puissance de faire des lois, la puissance exécutrice de l'État, la puissance de juger. Il parait que la plupart des principes posés par Moi ' quieu, en quelques pages, sont tirés du « Traité du gouvernement civil » de Locke. Locke, un Anglais, avait son idéal, et l'idéal du légiste français serait l'idéal de Locke, assez voisin « des principes sur lesquels se fonde la liberté politique » en Angleterre (1).
Gomme il s'agit d'un gouvernement libre, il est nécessaire de dire ce qu'est la liberté politique d'un citoyen. L'on ne s'est que trop exercé sur ce mot sonore, la liberté. Il s'agit moins de la liberté elle-même que de l'effet de la liberté : « C'est cette tranquillité d'esprit qui provient de
(1) Montesquieu ajoute, à propos de la constitution anglaise: « Pour découvrir la liberté politique dans la constitution, il ne faut pas tant de peine. Si on peut la voir où elle est; si on l'a trouvée, pourquoi la chercher? » Ce ri est afhrmatif. La liberté politique est en Angleterre.
l'opinion que chacun a de sa sûreté; et, pour qu'on ait cette liberté, il faut que le gouvernement soit tel qu'un citoyen ne puisse pas craindre un autre citoyen. »
Quel est donc ce gouvernement qu'il faut, où chacun est en sécurité par la liberté ? Nous allons le connaître. Souvenons-nous d'abord qu'il ne peut être fondé ni sur la démocratie, ni sur l'aristocratie. La liberté politique, en effet, selon le Président, ne se trouve que dans les États modérés. Qu'est-ce qu'un État modéré? Celui où « par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » Nous avons vu ce gouvernement idéal à l'œuvre, au nom de la charte de 1814. Il a duré quinze ans. Je croyais l'idéal éternel.
Suivons Montesquieu à la recherche de notre bonheur :
« Lorsque dans la même personne ou dans le même corps de magistrature la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n'y a point de liberté, parce qu'on peut craindre que le même monarque ou le même sénat ne fassent des lois tyranniques pour les exécuter tyranniquement.
» Il n'y a point encore de liberté si la puissance de juger n'est pas séparée de la puissance
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législative et de L'exécutrice. Si elle était joint la puissance Législative, le pouvoir sur la vi la liberté dos citoyens serait arbitraire ; car le juge serait Législateur. Si elle était jointe à la puissance exécutrice, le juge pourrait avoir 1 1 force d'un oppresseur. »
Montesquieu oublie que, dans l'antique monarchie, il y avait les lois du roi et les lois du royaume. Les premières variaient, les secoi étaient immuables, fondées sur les lois de la religion, sur les lois immortelles de la nature humaine, ou sur le caractère bien connu d'un peuple, comme l'était la loi salique. Ces lois garantissaient l'ordre moral et la vraie liberté.
Montesquieu, d'autre part, en voudrait-il a saint Louis d'avoir été juge à la fois et législateur des Établissements, d'avoir amélioré de son propre mouvement une jurisprudence cruelle et barbare?
Par défiance de l'homme, supprimerait-il enfin le souverain, impuissant à faire des lois, impuissant à juger, pour lui substituer, tout en gardant les apparences de la royauté, une sorte de machine exécutrice à peu près inconsciente des ordres émanés de la majorité d'un parlement? Toute la confiance de l'écrivain politique serait-elle dans
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le jeu des oppositions, dans des ressorts qui se contrarient les uns les autres, dans l'équilibre instable des divers pouvoirs ? La stabilité, en un mot, ne serait-elle pas, pour lui, dans l'instabilité? Nous ne tarderons pas à le savoir.
Il n'est guère plus judicieux quand il écrit : « Tout serait perdu si le môme homme, ou le môme corps des principaux, ou des nobles, ou du peuple, exerçaient ces trois pouvoirs : celui de faire des lois, celui d'exécuter les résolutions publiques, et celui de juger les crimes ou les différends des particuliers. »
Nous sommes loin de M. de Maistre qui prétend que, dans l'autorité souveraine d'un roi émanée de l'autorité divine, il y a comme une justice nécessaire, au moins dans les circonstances les plus graves , justice indépendante de la personne du monarque. S'il y a là une exagération, disons du moins que tout ne serait pas perdu, même si le chef suprême d'un État exerçait les trois pouvoirs, en supposant surtout cet état chrétien, avec des lois fondamentales auxquelles ne saurait toucher la main du roi le plus absolu. Louis XIV, le monarque le plus maître de ses États, loué comme un Dieu, orgueilleux et voluptueux, dans un règne de soixante-dix ans , ne foula jamais aux