‹ L'esprit de MontesquieuChapitre 3 sur 51 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Sans prétendre, par une fâcheuse illusion, justifier le xixe siècle des fautes que lui firent commettre l'amour païen de la gloire, le scepticisme et la notion pervertie de la liberté, il est permis cependant de croire qu'il est, au sens moral, la victime de son aîné, le xvme siècle, et que ses écrivains sont moins coupables que d'illustres criminels, leurs précurseurs dans les lettres. En réalité, ce sont eux qui nous ont conçus et comme abandonnés, avec préméditation, à tous les hasards de l'erreur. Il n'est pas nécessaire, pour me comprendre et approuver mon sentiment, de s'abaisser, dans la foule des philosophes et des encyclopédistes, jusqu'à Diderot ou Helvétius. Deux personnages semblent, plus que tous les autres, avoir élevé, au

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