‹ L'esprit de MontesquieuChapitre 37 sur 51 · M I MO |U1II · texte numérisé non relu

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* Cherchez dans toute J;i nature, et vous n'y

trouverez pas de plus grand objet que les Anto-

nins, » tous stoïciens. « Julien même, Julien (un suffrage ainsi arraché ne me rendra point complice

de son apostasie); non, il n'y a point eu après lui de prince plus digne de gouverner les hommes. » Il était de la secte.

Le style répond à la pensée ; les Antonias sont un objet, et la pensée répond au style. Julien est un apostat, Montesquieu l'avoue. Eh bien! aucun homme ne sera plus digne de gouverner les hommes que cet apostat éternellement flétri par le genre humain! L'ennemi de Jésus-Christ fera mieux, qu'aucun prince chrétien, les délices des peuples! Pourtant, sans compter Julien, quel stoïcien n'a pas pratiqué un vice, au moins, sous le masque de son stoïcisme? Qui poussa la lâcheté plus loin que Senèque et la vile complaisance pour les tyrans? Brutus était un usurier. A quatre-vingts ans, Caton se délassait de ses vertus dans le commerce d'une jeune et belle esclave de la Grèce. Julien nourrissait, sous la malpropreté de sa personne, la haine et l'orgueil poussés au paroxisme.

Jusqu'où ne vadonc pas une vanité irrémédiable, et le besoin de paraître neuf plus encore qu'une

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haine véritable du catholicisme? A tout bouleverser, à réformer Jésus-Christ, sous prétexte de rendre l'homme à la nature, à entonner l'éloge le plus outré de l'apostasie, à donner, sous prétexte de stoïcisme, à l'hypocrisie l'empire du monde! Je n'ai pas toutdit sur le stoïcisme de Montesquieu :

« Pendant que les stoïciens regardaient (1) comme une chose vaine les richesses, les grandeurs humaines, la douleur, les chagrins, les plaisirs, ils n'étaient occupés qu'à travailler au bonheur des hommes, à exercer les devoirs de la société; il semblait qu'ils regardassent cet esprit sacré qu'ils croyaient être en eux-mêmes, comme une espèce de providence favorable qui veillait sur le genre humain. »

Les stoïciens étaient donc des dieux. « Nés pour la société, ils croyaient tous que leur destinée était de travailler pour elle, d'autant moins à charge que leurs récompenses étaient toutes dans eux-mêmes; qu'heureux par leur philosophie seule, il semblait que le seul bonheur des autres pût augmenter le leur. »

Rétablissons donc le stoïcisme. En lui est le désintéressement parfait. Il a, c'est vrai, mis infiniment plus d'orgueil que de vertu en quel-

(1) Livre XXIV, chapitre X.

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