‹ L'esprit de MontesquieuChapitre 46 sur 51 · MON · texte numérisé non relu

MON

Il continue, toujours paré de la défroque de la

sibylle antique :

<( Que si les disputes (tout a l'heure il disait les inquiétudes populaires) étaient formées à l'occasion des lois fondamentales, et qu'une puissance étrangère parût, il y aurait une révolution qui ne changerait pas la forme du gouvernement ni sa constitution ; car les révolutions que forme la liberté, ne sont qu'une confirmation de la liberté. »

Qui dit révolution dit insurrection, surtout au sens où Montesquieu emploie ce mot. Où a-t-on vu que l'insurrection soit favorable à la liberté?

Il n'est donc pas vrai que, sous l'influence du gouvernement parlementaire, la nation se range, en cas d'invasion, autour du pouvoir exécutif, pour le garder et sauver la patrie. Voyez 1870. Il n'est pas vrai non plus, en thèse générale, que les révolutions soient favorables à la liberté (1), ou que le peuple sache en garder le dépôt; il ne sait que détruire ou se mettre en servitude

(1) Ce qu'on a appelé la Révolution de 1688, en Angleterre, ne fut que la conspiration d'un gendre, Guillaume d'Orange, contre son beau-père, Jacques II, afin de le détrôner et de prendre sa place, sous le prétexte de la violation du pacte fondamental. Le peuple n'y fut pour rien. L'armée se battit contre l'armée de Louis XTV, et pour l'usurpateur. Il suffisait que les chefs en eussent été

sous des dictateurs. L'histoire le prouve et Gambetta!

De la liberté et des impôts.

Reprenons la suite des félicités parlementaires. Sous ce régime parfait, « un citoyen, selon Montesquieu, dirait et écrirait tout ce que les lois ne lui ont pas défendu expressément de dire ou d'écrire. »

Cela semble naïf, et Montesquieu nous avait promis davantage. La liberté consistait à suivre sa fantaisie. Ici, pour être logique, le législateur devrait nous dire si la fantaisie et la loi ne font qu'un.

Voici mieux :

«Cette nation (la nation parlementaire), toujours échauffée, pourrait plus aisément être conduite par ses passions que par la raison, qui ne produit

gagnés. La prétendue Révolution de 1688 ne prouverait pas la thèse de Montesquieu. L'avait-il même à la pensée, eu écrivant ce paragraphe ?

Plus tard, la République française , avec les armées du Roi, chassa l'étranger et fit plus que chasser Louis XVI, elle exécuta ce soi-disant violateur d'un pacte antichrétien et qui ne pouvait être fondamental. Mais cette Révolution, toute grande qu'elle se dit, ne profita pas à la liberté. Un dictateur, Napoléon Ier, hérita de la liberté et de la République, ou plutôt il confisqua Tune et l'autre.

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