‹ L'esprit de saint François de SalesChapitre 26 sur 34 · DOUS · texte numérisé non relu

DOUS

Une personne, parune fausse humilité, n'osait approcher de la table sacrée. Elle disait , avec saint Pierre , mais non dans l'esprit de saint Pierre : Retirez-vous de moi. Seigneur (0. Voici ce que le saint Prélat lui écrivait par l'intermédiaire d'une autre personne : « Dites- » lui qu'elle communie hardiment en paix, avec toute » humilité, pour correspondre à cet Epoux qui, afin de » s'unira nous, s'est anéanti et suavement abaissé, jus- » qu'à se rendre notre viande et notre pâture, de nous » qui sommes la pâture et viande des vers. Oh ! qui com- » munie selon l'esprit de l'Epoux, s'anéantit soi-même, » et dit à Notre Seigneur : Mâchez-moi , digérez-moi,

(1) Luc, V, 8.

» anéantissez-moi, et convertissez-moi en vous. Je ne » trouve rien au monde, de quoi nous ayons plus de » possession, et sur quoi nous ayons tant de domination, » que la viande que nous anéantissons pour nous con- » server ; et Notre Seigneur est venu jusqu'à cet excès w d'amour , que de se rendre viande pour nous. Et » nous, que ne de vons-nous pas faire afin qu'il nous » possède, qu'il nous mange, qu'il nous mâche , qu'il » fasse de nous à son gré (0? »

Il faut remarquer plusieurs choses : 1° Le Bienheureux veut qu'on allie la confiance à l'humilité. Autrement, celle-ci dégénère en pusillanimité, et celle-là en présomption. 2** Il n'y a rien de plus nôtre que la viande dont nous nous sommes nourris , puisqu'elle perd sa substance pour se changer dans la nôtre ; mais dans l'Eucharistie, c'est nous qui, comme le dit saint Augustin , sommes changés en Jésus-Christ. 3° Il est bien juste que nous donnions notre cœur à dévorer au feu du saint amour de Celui qui nous donne si libéralement son corps à manger.

(l)Liv. iT,ép.56.

CAMUS, r'HiDITD'C Vif COLLOT,

xvir p., sect. XIV. LinAfiinii vil. xvirp.,ch. vi.

Da chaDgement de confessear.

Changer à tout propos de confesseur et n'oser en changer jamais sont deux extrémités blâmables. La première est de l'inconstance, la seconde de la pusillanimité ; elles sont toutes deux opposées à l'esprit de l'Eglise.

Le saint concile de Trente a voulu que, trois ou quatre fois l'an, pour ôter aux religieux la gêne qui pourrait naître de la continuité d'un seul confesseur , il leur fût donné des confesseurs extraordinaires. Aussi les^ fondateurs d'ordres ont-ils tous suivi la règle du saint concile. Mais , en s'appliquanl à satisfaire aux besoins raisonnables des religieux , ils n'ont point entendu se prêter à des exigences bizarres, à des nécessités imaginaires.

Voici ce que notre Bienheureux écrivait un jour à ce sujet à une supérieure : « On ne doit pas être variable à » vouloir changer , sans une grande raison , de confesseur, » mais on ne doit pas aussi être tout à fait invariable, y » pouvant survenir des causes de changement ; et les- » évêques ne se doivent pas lier si bien les mains,, » qu'ils ne puissent les changer, quand il sera expédient,. » et surtout quand les sœurs, d'un commun consen-

» temenl , le requerront , comme aussi le père spiri- » lue! l*). »

Quoique ces observations regardent spécialement les monastères, les simples ûdèles peuvent se les appliquer dans certaines circonstances. Car , si des religieuses, obligées par vœu à une clôture perpétuelle, et assujéties à tant de règles, d'observances , de constitutions, ont néanmoins cette liberté, à plus forte raison doit-elle être accordée aux personnes qui vivent dans l'état séculier.

(1) Liv. m, ép. 53.

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