PREMIÈRE SÉRIE
d | #4 ph : 5 FRUGIVORES,
“Un groupe, quatre espécés : Exotiques.
Ce mot,exotiques est ici,pour remplacer aéant, qui est la part que: la. Faune. française fournit à la Frugivorie pure.
I ne tenait.qu'à moi assurément de peupler cette première série de deux groupes que j'aurais appelés des Co/ombiensiet-des Loxiens, ou des Gros-Becs, attendu que les espèces dont ces deux groupes se composent sont essentiellement, sinon exclusivement frugivores et que personne.ne m ‘aurait chicané pour le plus ou le moins. Ensuite, comme les Colombiens et les Grosbecs, nourrissent, également leurs petits au mo ven:d'une bouillie de grain qu'ils préparent dans leur estomacret qu'ils transvasent après dans la gorge de leurs nourrissons, par divers: procédés, j'aurais pu aisément les unir par le caractère commun, puis les:différencier par la comparaison! de leur mode: de dégorgement. Et, non-seulement. cette classification de contrebande :m'eût soulevé: du.côté | des savants ; aucune objection sérieuse , mais je suis bien sûr qu’elle eût paru plus scientifique et. plus naturelle que l'autre, que la vraie, qui à contre ellele.désavantage immense de débuter par lewide, et:de faire boiter, dès le premier pas, la division quaternaire de l’ordre. Mais l’analogiste consciencieux:;samant-fidèle de la-vérité,-ne spécule pas en face du devoir; il dédaigne souverainement les succès que, d'autres proclament faciles, parce qu'ils ne coùtent qu'un mensonge ; et
currorSÉDIRÈRES. (10
il s'inquiète peu, que ses séries soient pauyres, pourvu qu'elles
soient honnêtes. Sa devise. est : Fais ce. qne dois. C'est la mienne, |
J'ai dit quelles impossibilités matérielles ou plutôt quels scru-
pules m'interdisaient de placer les Colombiens de France parmi
les Frugivores purs. Leur place n’est. pas là, en. effet,, mais bien au point de jonction des deux grands ordres des. Coureurs, et des Percheurs, station de l’ambiguë, échelle de transition ascendante.
Le titre de Krugivores purs n'appartient qu'aux Colombiens de l'Australie, des Philippines.et des îles de la Sonde. A la suite de ces groupes populeux doivent figurer, d'après l’analogie, les Cogs-de-roche, les Rupicoles de l Amérique équatoriale , les Phytotomes de l’Abyssinie, les Manakins de la Guyane, qui donnent
la main à nos gros-becs, ou loxiens, par le Jaseur. Ces gros-
Le
becs, commenous le verrons bientôt, bornent la série des Frugi-
:vores.purs à droite, comme les Colombiens à gauche, et forment
le-premier anneau de la Granivorie.
Groupe des Colombiens. Deux familles: cinq espéc es: nombre infini de variétés.
Nous ayons à choisir entre dix caractères, excellents presque tous, pour désigner convenablement ce groupe. IL y a l'aliment spécial ; la forme du bec, celle de la queue ; l'habitat, les manières-galantes ; la facon de voler , de nourrir les petits, le titre d'amour maternel , le nombre des œufs ,ete.; indépendamment des dénominations consacrées par l'usage. Nous dirons lequel de tous est à notre avis le- meilleur, laissant ensuite, suivant notre habitude , chacun libre d'opter.
: Legroupe des Colombiens, sipauvre d'espèces types en France, n'en est pas mois un de ceux qui renferment le plus grand nombre d'espècesdansle reste du globe. C'est mème probablement celui qui pris en masse donne le chiffre de population le plus considérable. Audubon évalua un jour plus d'un milliard un
vol-de pigeons voyageurs qui tenait tout un: pan du ciel au- 11. 4
dessus de sa tête et dont il eut à se plaindre. Bien qu'aucun nuage ne fût entre le soleil et la terre, les rayons de Pastre étaient complétement éclipsés sur un espace de plusieurs milles carrés. Dans la futaie choisie pour le repos du soir, les chères rompaient sous le poids de la masse qui s’abattait sur leurs branches; le sol blanchissait à vue d’œil sous la neige épaisse du guano. La scène se passait sur les rives de l'Ohio, et cependant l'Amérique n’est pas la véritable patrie du groupe. L'Australie et les îles de la Sonde sont les contrées qui nourrissent le plus grand nombre d'espèces et surtout les plus belles.
Le chiffre de ces espèces orientales approche de la centaine. On trouve dans le nombre des pigeons à aigrette, gros comme des poulardes et des tourterelles minuscules de la taille d'un moineau franc, avec des ailes couleur de flamme. Il y en a d’autres qui portent des huppes impérieuses, des manteaux de velours gris perle, ocellés de topazes, des coups de poignard dans le sein, etc., toutes espèces charmantes et délicates de chair comme de mœurs et de ton.
Caracteres généraux du groupe.
Le groupe des Colombiens est ambigu entre les Vélocipèdes et les Sédipèdes, Coureurs et Percheurs. Presque exclusivement frugivores, ces oiseaux cherchent comme les pulvérateurs leur nourriture à terre et surtout dans les plaines; seulement ils grattent le sol du bec et non des doigts et préfèrent les bains d'eau courante aux bains de poussière qui font les délices de ceux-ei. Quelques espèces glandivores ont le talent de faire tomber les glands du chêne en frappant ces fruits de leurs ailes et ils se précipitent vivement au bas de l'arbre pour les ramasser.
Les Colombiens sont pourvus de longues ailes aiguës propres aux voyages d'outremer, et le besoin de voir du pays est une maladie endémique à l’espèce. Vol sibilant, soutenu, rapide; les pigeons ramiers traversent en moins de dix minutes le détroit de Gibraltar et ne le cèdent en vélocité qu'aux faucons, aux hirondelles et aux locomotives. Toutes les espèces se livrent dans
SEDIPÉDES.: 51 les airs aux évolutions les plus folâtres et les plus capricieuses, et leur départ quand elles prennent l'essor est accompagné d’un claquement tout spécial produit par la brusque rencontre de leurs ailes qui se dressent verticalement sous la détente de leurs muscles. Mais autant leurs allures de vol sont faciles et légères, autant sont disgracieuses leurs allures de pied, trop semblables à celles du canard chargé d'un £mbonpoint extrème et pas assez à celles de la perdrix.
La plupart des Colombiens perehent et nichent sur les arbres ; une espèce fependant jalouse de marquer le caractère de transiion qui est le signe hiérarchique du groupe ne se branche jamais et niche dans les cavités des rochers, voire dans les hauts édifices bâtis par la main de l'homme et notamment dans ceux qu'on appelle colombiers.
Ce caractère d'ambiguité est si visible que Cuvier n’a pas hésité à ranger les colombes dans son ordre des Gallinacés, déplorable erreur du génie dans laquelle n’était pas tombé Linnæus qui avait logé ce groupe dans l'ordre des Percheurs. C'était là en eflet sa véritable place, car si la similitude des appétits granivores rapproche un moment les deux races, la différence de leurs opinions en matière amoureuse rétablit entre elles la distance. Le pigeon est pour la douceur, la timidité, l'innocence et la pureté.des mœurs, le pendant de l'agneau. Or, on sait que penser de la pureté des mœurs du coq et du dindon.
La nature à même crée une longue série d'espèces ambiguës pour rattacher l'une à l'autre ces deux familles, ce qu’elle n’eût pas fait certainement si la distance qui les sépare n’eût pas été aussi considérable. Ces espèces ambiguës que les savants ont décorées du titre de Colombi-gallines sont étrangères à l'Europe.
On remarque dans le nombre le Goura couronné des îles de la Sonde , qui peut être considéré comme un des moules les mieux réussis de l'ambiguïté.
Le groupe des Colombiens se distingue de tous ceux qui l’entourent par une multitude de caractères spéciaux qui fournissent vingt moyens de l'isoler; mais la reine de Cythère en attelant autrefois deux colombes à son char, a dit mieux que tous
les savants la gloire, de da 'tribu etsa dominante passionnelle! Bien inspiré fut en.eflet le choix dela déesse d'amour ;-ear tous les. mâles -de cette famille sont des amoureux de très-hautititre, passionnés et fidèles et.qui se montrent dans la: saison: d'amour les plus: fervents observateurs :des. lois ide la galanterie, Gest merveille, de voir ‘avec iquel luxe de révérences courtoises-et-de courbettes .cérémonieuses! l'amant. de: cette catégoriefaborde:sa maîtresse. Elle:manche, dans-sa. dignité féminine; fière et mas jestueuse , et-comme il,convient à une reine; Jui l'arrête:en:se précipitant tout: à coup au devant de ses pas et conimencepar l'encenser de::trois saluts adorateurs; le front. profondémentiins cliné-vers la:terre et comme pour: baiser la poussière :delses pieds. Suitila série ‘des lévolutions rotatoires des «prrouettés semi-cireulaires, des passes et des contre-passes magnétiques exécutées avec-une persévérance.et une fouguesans égales,.dans le-but de charmer l'idole, .etillustrées de gonflements de, gorge etde redressementsde:col d’un effet indicible.Ges démonstrations éloquentes sont accompagnées; suivant les espèces, de tendres cémissements ou de roucoulements énergiques, ardentes réelar mes d'amour querhythme un frémissement voluptueux des ailes: Le moyen de rester froide au contact d'une passion si.véhémente, si sincère surtout,.et, si chaleureusement, exprimée. Laicoquette essaie bien de retarder sa-défaite par tousles artifices vulgaires, et.elle réussit à prolonger, sa résistance aussi longtemps-qu'al faut pour. décupler le prix.de-ses, concessions; mais Lincendie finit par l'atteindre à la longue, :ethalors.elle, fuit-versles;saules, -désireuse qu'on l'y suive, et-là le pacte.des fiançailles: se conclut d’un baiser. Car le-privilége: du baiser, faveur inestimable que-la. Nature n'accorde qu'àcun très-petit nombre:d'espèces,. est attribut. du. groupe. Le-pacte conjugal suit de près celui des fiançailles ;:1 durera: autant ne la vie;r-de:partoet d'autre on:y-sera fidèles, 2H ai oinos 990611 Fidèle ! Remarquez érduns que j'ai dit tout à l'heure ain reuæ de très-haut titre,-etnon pas duplus haut titres Crest qu'il y a mieux, .en effet dans le: monde des oiseaux, em fait d'amants fidèles, que les colombiens : 1 ya l'hirondelle et'aussi
LAN NÉPIPEDÉS). 10 53 l'oiseau:mouchestCiesb que la fidélitéo n'est - pas” toujours, chez les premiersy-à l'abri des orages impétuéux des sens, et que parfois on ‘a vu’ de pauvres tourterelles ; victimes de leur bon cœurçs'attendrir trop vivement au récit destmalheurs d'infortunés célibataires et éprouver lebesoin-d'adoucir leurs tourmentsEtipour ce 1manquémentià !sapfoi, la 7 foule» dés puritains; Buffon à leur tête, ont accablé des termes les plus durs la tourtérelle trop sensible) comme-s'ilne fallait pas que‘le'sainte corporation des! sœurs de’charité d'amour eûtaussi là-haut son emblème Donc} ik parait démontré que: la tourterelle:des bois ebilépigeon domestique donnent quelquefois, dans: lecontrat, de légers coupsode bec tandis queles plus mauvaises: langues n'ôntpasiosé encore accuser l'hirondelle de méfaits dé cet ordre. Ewpoutre,:chez les Colombiens,; quand-le mariage est dissousipar un:cas de-force majeure ; par un de ces accidents funestes aux: quels ést exposée l'existence des tribus délicateside éhaïr il est räréquelemveuvage du conjoint sugvivant duréplus-d'une sai: sotSduvent même l'oublienx n'attend pas Ja finlégale de son deuil pourreonvoler en secondes noces ; ‘scandale’ inout dans Fa fa aille des hirondelles /oùle-prentier amour'durc antant que fà vitetow/ ceux qui ss sont juré une fidélité éternelle; n'admettent pasique là mort dégage des serméents. Séparée par le sort de tout cérqu'elle aimait et brisée par l'épreuve, l'hirondelle survivante né songe pas même à éludér la sentence du destin ;-niais disant “adiew pour toujours aux bonheurs de ce: monde où rien ne ui ést-plus; elle s'enveloppeé-dans son deuil et attend) la Hinde ses maux, On alvwdedes Artémises et deces Orphées’inconsolables quitrouvaient que le chagrin ne tuait pas assez vite traverser les monts'et les mers et: faire deux mille lieues/pour revoir une #ois encore le-nid de’ leurs dernières amours et#s'v enférmér ‘pouremourir: Je-demande ‘que latloi qui protège les "bètes en France contienne un article terrible contre les assassins d'hirondellesiusd ! $ inoi db 16 | sûp iebasqn soupes !sl$ :1Or;nôus avons déjà dans ces simples défails trois caractères importants , etquinous mettent parfaitement en mesure de forger trois dénominateurs scientifiques acceptables pour le groupe
des Colombiens. Il y a le privilége du baiser, le mode de salutation, l'idiome amoureux spécial. Choisissez pour parrain celui de ces trois attributs qui vous agrécra le plus; mais la liste de ces attributs exclusifs n'est pas close.
Le mariage, en effet, n’est pas chez les pigeons comme chez les humains le tombeau de l'amour. Le père et la mère s’y partagent avec un dévouement passionné les soins de la famille; mais ce partage édifiant de bonheurs et de peines semble aviver bien plutôt qu'amoindrir l'ardente tendresse des époux. Nos amoureux commencent par se mettre à la bâtisse du nid; le mâle va cueillir sur les arbres voisins les brindilles légères qui doivent servir de matériaux à l'édifice, et les apporte à sa femelle, qui fait semblant de les disposer avec art. Gette besogne est trop tôt terminée, par malheur, car ce nid n'est pas tout à fait une merveille architecturale. Il se compose tout simplement de deux ou trois lits de büchettes entrecroisées et posées à plat sur quelque enfourchure de grosse branche, une manière de hit de Camp, sans aucune addition de matelas ni de paillasse.‘Ilest visible que les artistes qui ont exécuté cette œuvre ont été dé= rangés dans le cours de leur travail par plusieurs distractions;'et qu'ils avaient dans ce moment-là tant de choses plus intéressantes à se dire qu'ils n’ont pas eu le temps de s'occuper des questions de comfort. Mais l'extrème négligence apportée en cette construction est souvent cause de désastres terribles: Que de fois j'ai vu la tempête, dans la saison des nids; emporter comme une plume les deux œufs du ramier et les semer dans l’espace où jeter en bas de l'arbre sa progéniture confondue lSi du moins la catastrophe profitait aux victimes ; mais elle ne profite à personne, pas même, hélas! aux pauvres amoureux de la tribu des prolétaires (genre Lonune) qui s'en vont répétant après les tourterelles et après les ramicrs uxe chaumière et son cœur, ef qui ne craignent pas d'entrer en ménage avec leur affection mutuelle pour tout moblier, parfaitement insoucieux des chutes dangereuses auxquelles leur imprudence expose dans lPavenir les innocents qui naîtront d'eux !
Après la bâtisse du nid, qui ne prend que deux ou 1trois jours,
SEDIPEDES. D ayrès la ponte qui n’est que de deux œufs et ne dure guère plus, vient le travail de l’incubation. Dans toutes les tribus du groupe des Colombiens, le père partage avec la mère cette fonction attributive de la matermté chez l'immense majorité des espèces, et il se montre si fier de cet honneur que la femelle est souvent obligée de le pousser hors du nid par les épaules pour le forcer de Jui céder sa place. À peine relevé de garde, le couveur passionné s'élève dans les airs par une pointe verticale, puis s’arrête aussitôt pour déployer toutes ses voiles et faire le Saint- Esprit. |
Avais-je tort de dire que ces habitudes touchantes où ‘se trahit si visiblement la dominante passionnelle du groupe des Colombiens, jointes à l'innocence et à la pureté de leurs mœurs, discordent quelque peu avec ce que nous savons de l’histoire amoureuse des Éperonnés, vile engeance de goujats qui ne comprennent pas même une jouissance au-delà des brutales satisfactions des appétits charnels, qui n'emploient la plupart du temps que la violence pour triompher de la résistance des poules etn’entrent jamais dans le ménage de celles-ci que pour y mettre tout à sac. J'en suis toujours à me demander, en présence de cette disparate si violente des mœurs et des coutumes des deux groupes, comment il a pu entrer dans l'esprit d'un naturaliste de la taille de Cuvier de faire entrer les pigeons dans son ordre des Gallinacés.
Un, nomenciateur ingénieux et fécond en substantifs pittoresques trouverait certainement matière à dénominations heureuses dans chacun de ces deux caractères charmants de la participation au travail de l'incubation par le mâle et de son vol d'amour, évolution gracieuse par-dessus toutes les autres et qui a évidemment inspiré aux analogistes de la religion catholique la poétique idée de faire descendre le Saint-Esprit du ciel sous la forme d'une colombe.
Mais le groupe des Colombiens offre encore deux autres caracières plus simples et moins ambitieux que tous ceux que nous venons de passer en revue, et qui se prètent mieux selon moi aux besoins de notre nomenclature actueile, nomenclature hon-
grée et prosaïque, basée sur! la comparaison d'éléments miatériels. Je veux parler de la À re et.du Rrapése d' ms ou de nutrition des jeunes. !; 211 21 92 91 208
Les Colombiens nepondent que deux afin et) délires: que deux petits de sexe différent.et qui sont probablement destinésà continuer jusqu'à la: fin de leurs jours l'union eontractéerran berceau: Orles-Colombiens étant presque les seuls pari les per: cheurs cheziqui:le-nombre deux soit:le chiffre -invariablé dela ponte, ilestsévidentique le titre générique tiré de;ce caractère exclusif et-constant, et surtout faéile: à-saisir répondii à-toutesilés exigences de: Jaclassilication. Que eeux à quile nom deGolom< biens écorche les oreilles choisissent doncrentre Divviparièns ou Geminipariens qui n'ont mi Y heur de:me:plaire, je l'avoue sineèrements: bo ED)
Leprocédé d'abecquement not et éd qu doniplifer les Golombiens -est également de nature à fournir à ce-groupe un.excellent nom: séientifique. : Seulement ce procédésest telle ment compliqué qu'il devient d'une:difficulté-extrème d'en tirer une -dénemination: brève -sufisamment: explicatives En-eflet , les pigeons me nourrissent pas leurs petits à la facon des canaris-et des :chardonnerets qui dégorgent dans der bec! de eux-ei une bouillie de grain préparée au fond de leursjabot:-Gecrest le procédé d'abecquement primitif: et vulgaire pratique rpar! la masse, et qui jouitimêmé: d'une certaine vogue: chez plusieurs räces d'humains ;:chez: celle des Esquimaux ‘entreautresi; mais les: pigeons font usage! d'une; méthode:complétement linverses C'est-à-dire que ce ne sont plus les parents: :quhintroduisent leur bec! dans eelui-de: leurs nourrissons ; mais, biensles noûrrissons qui, introduisént leur 1beë dans: da: gorger-der leurs nourricierss.etcomme.hil-est, naturel -que: l'introduction d'a corps étranger : danslargorge «d'uncrpauvre:bête:provoqué immediatement :ehezelle:: le! besoin: -de:1l'expulserfhvioleme meñt,ilsensuit:.que:les: malheuréux-parèntsi-sont} soumis pendant, toute la: durée ‘dé leurs fonctions nourricières:à ne série. de: convulsions, stomacales ; complétement-amalogues à celles qui résultent: chez: nous de lingestion de l’émétique;, les-
LEA CSEÉRMIPÉDES. REA 57
quelles -convulsiénstmultipliées ontrprécisément pourceflet de projeter dans-l#hec entr'ouvert durpigeonheau l'aliment préparé dans le sein maternel. Les petits cris plaintifsqui aceompagnent cette ingurgitation laborieuse etila fixation rigoureuse de-déux repasipar jour; tédraientà aire Croire: que Popérationine s'accomplit pas tout asfait sans douleur) De quel: nomrqualifierice procédé :d'abeequement bizarre’ présque voisin de-l'ablditenrent? cärda bouillie préparée par les pères etiières dans les frorstprie: mers jours qui suivert, l'éclosion! des petitsiest uné-‘substänce blänchätre quasi-liquide,-semblableraurlait dessmammiféresJe nertiens pasrassezi au verbe nfugiterpourlen recommander l'emploi encette ‘citeonstahcerz21#1009 2911910 294 9191098 ? -Faromis de:tenir compte: del forme du beert-de celle de la queue et des ailes, comme de la couleur des picds, pareerque les distmotions à tirer derces caractères nesont(pas suflisanymént accusées) Je n'empêche pérsonhe d'appeler les Colombiens du noi pastoral derrosipèdesiqui est moinsibarbarerà coup sûr ‘que celui d'ingurgitéurs ou dé diovipariéns dohtjem'abuserapastysi j'én'use jamais. Je ferai remarquér-seulement querosipède ens traine àprendrè Ki couléur des pieds:pouwr #ypes comparatif dans le cours de la-sérieztet'jérmetsuis exprimé précédémnrent sur Finsafhandceduiméyen.baot we 96q%iq aisr2 9b oilliuod 5: ‘la queue ést longue letarrondierchez les EvJombiens et se développévolontiers pour jouèr Féventaibstandistqu'elle est four ehue etceouvterchez les: granivores) Olest une dissemblanée ‘qu'il est'bon dé signaler; mais dontil paraît difficile d'extrairede dénominhteuridemandéiisq 291 25lq ino2 on 99 sup atib-5-i -1kachoseæüt peut-être été plus facile aveclt forme du‘bec qui offre! un! caractère spécial à latribui! Cetbec votité comme celui desiperdrix: bmäis moins ‘arquér cépendantiet'teñmiré par une légères courbure ta poursighe particulier ‘d'étre affecté d’une boursoufflurer des Inarinestoquil lol défigureséoniplétemient. La preuve quescettèrboursouffluresquit ceuvrertouteta:base du bec, provient d’un viecidersangiet constitie une:lanômalie, c'est que chez eertaines!espèces deopigeohs {chez celles de fabrique humaine notamment, cette affection dégénère facilement en véri-
tn) - ORNITHOLOGIE PASSIONNELLE.
table lèpre et produit des becs monstrueux. D'où l'occasion dont je n'ai pas voulu profiter de forger quelque méchant terme générique sentant l'amphithéâtre, comme fwnidi ou psorirostre.
Siles Colombiens ne mangent guère d'insectes, en revanche ils en nourrissent un grand nombre, et ce malheur leur est commun avec les hirondelles et aussi avec les pèchers et généralement avec toutes les hètes et avec tous les végétaux qui symbolisent les pures.et vives amours, dont le destin en civilisation est de servir de sujet à tous les ragots des portières et de nourrir l'oisiveté de tous les esprits parasites. De là le goût passionné des pigeons pour le sel, spécifique contre la vermine.
L'histoire des Colombiens est semblable à celle des prolétaires qui vivent aussi de rien, et nourrissent beaucoup de parasites. Elle apporte un témoignage précieux à l'appui de deux grandes lois que nous avons souvent formulées dans le cours de ces études:
«Le granivore est ami de l’homme qui fait venir les grains. — Le principal caractère de Fambigu est d’être utile ou agréable à l'homme. »
Le pigeon est en effet le second oiseau, sice n’est le premier, qui se soit rallié à l'homme. Toutes les espèces de ce groupe, même les plus farouches, sont amies de l'homaie au fond.
Et de plus elles lui sont à la fois agréables et utiles, peuplant ses colombiers, ses volières et son garde-manger.
Le groupe des Colombiens se divise en deux familles ou tri bus, l’une dite des Pigeons, l’autre des Tsurterelles, Roucouleurs et Gémisseurs.
La tribu des Pigeons de France renferme trois espèces premières, dont une, domestiquée, fournit à elle seule une trentaine de variétés, Ces trois espèces s'appellent le Ramier, le Colombin, ic Biset.
Ramier. Pigeon sauvage, Pigeon des bois, Pigeon des Tuileries , Palombe et Palome du Midi; le Palumbus du Journal
SEDIPEDES. 59 des Débats ; accus. plur, Palumbos. Moratius Flaccus écrivait Palhumbes.
Le Ramier que son nom désigne suffisamment pour percheur est le plus grand de tous les Pigeons d'Europe. Il habite les forêts, pose son nid en plate-forme sur les enfourchures des vieux arbres et fait sa principale nourriture des glands et des faines qu'il avale tout entiers. Il descend dans les plaines, à l'époque de la maturité des vesces et des graines oléagineuses dont il est très-friand comme tous ses congénéres.
Les Ramiers se réunissent en bandes nombreuses vers le milieu de septembre et se répandent dans les champs récemment débarrassés dé leurs récoltes de chanvre, de millet et de sarrasin. Une partie de cette population attend la venue des brouillards pour émigrer vers l'Afrique, en franchissant les deux chaines de montagnes qui enceigneut ka France au Midi. Le plus grand nombre choisit la voie des Pyrénées. La direction des voyageurs est en ce temps-là du levant au couchant et la masse effectue son passage par les gorges ou fontes des environs de Pau. Les Ramiers voyagent volontiers de grand matin et par la brume pour éviter la rencontre de l'épervier et de l’autour. Ils volent en escadrons serrés, rasant parfois le sol.
Une autre partie hiverne en nos contrées où elle mange le cœur des colzas et des choux, quand toute autre nourriture lui manque, ce qui arrive naturellement quand “la neige couvre la terre où ces oiseaux ne peuvent pas fouiller à l'instar des Perdrix, des Tétras ct des Lagopèdes. C’est alors qu'on les voit se mettre à la queue des troupeaux de porcs qui s'en vont déter- rant les glands dans les clairs chènes de l'Est et se poser sur le dos de ces quadrupèdes.
Depuis que la culture du colza a pris une tres-grande extension dans la région septentrionale de la France, le Pigeon ramier y est devenu un des fléaux de l’agriculture et le cultivateur lui fait une guerre impitoyable. La chasse à la palombe que Je décrirai quelque jour, et qui est une des plus savantes institutions de ce genre, a été pendant des siècles pour les habitants des Pyrénées-Occidentales l'objet d'une fructucuse in-
dustrie: Le lieu où se pratique cette chasse ést'ditiine palomniere, ‘La robe du Ramier ‘ést'trop ‘éofinué pour qué j'aie besoin-de la ‘décrire en détail! Dessus/du corps ét dé la tète- gris tcendré poitrine lie de vin, lirgés épaulettes blanches ct éhatoyant à reflet vert doré /passant volontiers au bleu'tendre; ‘orné ‘dun croissant blanc sur chacune ‘de ses faces latérales; pieds rouges | iris jaunâtre! La’ forme du'Ramier-ést des plus élégantes; bson vol est soutenu! ét-rapide, Son! roucoulénient sonore-/'1sa vue aussi perçanté ‘que’celle de l'aigle ‘où ‘du canard:1C'estoun ‘des plus charmants oiseaux de nos climats. 299014 #00 18 98807 Les-plus terribles ennemis du Ramier' sont, après l'hommé/et l'oiseauw/de proie, le corbeau et la martre qui entveulent à°ses œufs, encore plus qu'à ses petits. Quand ‘on considère lenom2 bre prodigiéux d’ennemis ächarnés à la destruction de cette es: pèce si'peu féconde et qui n’a pour tous movens de‘salut que sa vue percante et son'aile rapide, on a quelque perne à’s'expliz quer le-chiffre respectable de: sa population: J'ai oublié de’dire que le Ramier ss né ir is ste APE ne se us ‘une EE par aniloit qH09 ) SUV & DIU 1199 tp 3Dfq L'apprivoisément complet des ramiérs dés Tuileries ait AUOT que l'huümeur farouche et défiante-de l'espèce n’est que te résule tat Haturél des dispositions malveillantes que lui témoigne totjéurs Fhomnié. Quand la femme régnera sur’ le réste‘du/fionde comme elle règne au jardin d'amour de Paris! le Raniiér- dépo® sera de grand cœur ses appréhensions légitimes et rivalisera en tout liew derfamiliaritétet de hardiesse avec le moïineau frand! Le-ramierbpris aw nid s'élève facilement: Sa ‘chair est d'un extellent goût; plus substantielle toutefois que -déliéate: Celle dés vieux est très-dure, ce qui devrait les faire respectér/4® CoLommix. Les naturalistes ont donné un nom insignifiant à une éspècevoisme (duRamier, habitant des forêts comihe lui, maïs plus petite detaille et nichant dans les:trous d'arbre - Gette espèce est'celle que les chasseurs des Pyrénées appellentile:Bisetiet qui se prend à la Pantière danses gorges des Pyrénées orientales. Les habitudes du Colombin: different peu de- celles
111! 17 r0SÉDIPEDES. ’ [ Gi
du Ramier ; seulement,il passe de meilleure.heure et je ne crois pas qu'il-hiverne, chez, nous, n'en ayant jamais vu voler un seul dans, la rude saison: Ses vrais quartiers d'hiver sont,les plaines de: Afrique septentrionale depuis l'Égypte jusqu'au Maroc: H revient. desbonne,heure;au printemps dans son pays matal. L'espèce moins-répandue en France. que la première habite surtout les-distriets forestiers. de l'Est, Elle: préfère aux fruits: des forêts lesygrains.et les semences des plaines et aussi la rive droite à da rive gauche du Rhin, je: veux dire Ja forêt. Noire aux forêts-des Vosges et des Ardennes. -};411 2 do éula :+Quoïquevoisin du-Ramier;par Je. éohén dé lon Fes habitudes et:-les mœurs; le: Colombin s'en sépare. cependant, par plusieurs-earactères. faciles à)saisir,, indépendamment de la-différence dea:taille.:Ainsi!, le ton.général, de Ja robe, du: Colom: bin, est: plus foncé, le rouge, vineux. de la poitrine,est plus accentué; des reflets métalliques, du col jouent l'acier, brûlé plus quéle,cuivre. Enfin l'iris qui est jauntre chez, celui-là est rouge chez.celui-ci.Levol. du-Colombin est aussi soutenu et aussi ras pide que celui du Ramier, mais sa vue est beaucoup moins;per çante}:ce -qui-est Icause que, la chasse. du Biset n'exige pas des procédés aussi savants et aussi compliqués: que celle de, Ja! Palome.. On parle,de 2,200 bisets pris dans une seule journée dans une,seule pantière des environs de Saint-Girons Se mais le. fait s’estpassé bien avant la réroluinns 6 of SIIO 9 RIJ2IIGVIE 19 1 Biser. Le, Riga Del dei BuPon, ou " iPigedne de ibtbei Celui-ei passe généralement pour être | la souche:detoutes nos väriétés' domestiques, et cette Opinion me parait) d'autant plus acceptable-que l'espèce-type ne serencontre plus guère à l'état libre en Europe et que la masse semble avoir fait sa soumission définitive à hommes 4600 : 23 À .riamot “LeBiset n'habite plusiles férèts et.tier vit gini des: fruits at arbres rilest-exclusiveméentsarvicole et trouve !saynounr#ure dns nos plaines; ilne/perche-jamais: Cette différence radicale dans d'habitat-et le régime diététique! suffit pour étabhr entre le’ Biset etses congénères une distinction tranchée. On ne
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pourrait d’ailleurs confondre cette espèce à la vue qu'avec le Colombin qui est de la même taille et qui porte à peu près le même uniforme ; mais la comparaison du croupion chez les deux espèces ne laisse pas d'occasion à l'erreur. Cette partie du corps toujours cendrée chez le Colombin est d’un blanc pur chez le Biset. Le Pigeon de roche d'ailleurs niche dans les rochers.
C'est à l'espèce du pigeon de roche qu'appartiennent toutes ces républiques libres de pigeons qui peuplent les édifices publics des eités, ares de triomphe, voûtes de ponts, tours de cathédrales, pigeons de Saint-Marc à Venise, du Pont-Neuf à Paris, ete. Les citovens de ces républiques sont à coup sùr, comme les ramiers des Tuileries, les plus heureux de leur race;: cumulant tous les avantages de la liberté absolue, avec la sécurité que leur assure le partage du domicile de l'homme. C'est pour cela que j'approuve fort la sagesse des bisets de colombiers, qui se sont donnés à l'homme pour n'avoir plus qu'un maître et qu'un seul tribut à payer. Ainsi a fait le coq qui ne s’en est pas trouvé plus mal, à ce que j'imagine et si j'en juge d’après l'accroissement de la taille chez les individus et le chiffre énorme des légions de l’espèce. Ainsi conseillerai-je toujours d'agir aux espèces innocentes trop faibles pour se défendre, et vouées par leur innocence même à l’universelle boucherie. Je sais encore aujourd'hui en France quelques pauvres localités, falaises de l'Océan, roches de Thébaïdes intérieures où vivent à l'état libre, c’est-à-dire sous la menace perpétuelle de l’autour et du braconnier, les maigres:et rares débris de la race du biset-type. Quand je vois les périls qui planent sur la tête de ces derniers amants d’une liberté illusoire, et quand je compare leur sort à celui de leurs frères captifs, je n'ose plus m'attendrir sur l'infortune de ceux-ci ni réclamer pour eux la jouissance absolue de leurs droits naturels. Tristes droits naturels que ceux d’être traqués, forcés, plumés vifs et croqués par tous les assassins de la terre et du ciel. La liberté, hélas ! n'est que le pain des forts.
C'est toujours une question historique, immense et non en= core résolue, de savoir à laquelle des deux races du faucon ou de
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la colombe revient l'insigne honneur d'avoir donné le premier exemple de ralliement volontaire à l'homme. J'opine aujourd'hui plus que jamais pour la version qui attribue cette gloire à la race de l'oiseau de proie, ayant été depuis peu fortifié dans mon opinion par une table d'un savoir prodigieux qui m'a narré, dans ses moindres détails, histoire de la double conquête. Il appert de ces confidences que non-seulement le faucon s’est rallié à l'homme avant le pigeon de roche, mais que c’est lui qui a donné cette espèce et les autres volailles à l'homme, un peu après que le chien lui eut donné le mouton, le bœuf et le cheval. Indépendamment du témoignage des tables, il y a sur cette question d'antériorité de ralliement, le témoignage de la raison humaine qui aflirme que le pigeon granivore n’a dû venir à son maitre qu'après que celui-ci eut inventé la charrue et l'art de cultiver les grains.
Or l'humanité à vécu de la chasse qui est institution pivotale de Sauvagerie, avant de vivre de la moisson et du troupeau qui sont institutions de plein Patriarcat. L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres tout entière m'aflirmerait le contraire que je ne-tiendrais pas le moindre compte de son opinion.
Quant à l’époque de la conclusion du pacte d'amitié entre le
“biset ct l'homme, il y a des dates authentiques. Ainsi l'Orient d'où nous vient toute lumière, constate en ses plus vieux bouquins, unanimes par hasard sur ce chef, l'existence du pigeon domestique, et je ne veux pas remonter plus haut que le déluge et le bonhomme Noë pour préciser le jour de la signature du contrat. Toutes les personnes versées dans la connaissance des Saintes Écritures savent, en effet, que l'illustre navigateur, fatigué de sa longue croisière sur la cime des monts arméniens et craignant pour ses passagers une disette de vivres, fit sortir de l'arche deux oiseaux, le corbeau et le biset, pour voir un peu ce qui se passait au dehors et le lui rapporter. Et il est dit dans le texte que le corbeau ne revient pas, tandis que le pigeon fidèle rentre dans l'arche, tenant dans son bec un rameau d’olivier, pour dire que le printemps s'avance et que le courroux de Jehova commence à se calmer. Je crois fermement que de ce
moment-là, l'alliance fut entre le biset.et, l'homme, à preuve que peu de temps après, l’homme saisit toutes, les ogcasions de témoigner au biset la haute considération. dont il. l'honore, l'offrant en sacrifice à Dieu ,.comme la plus agréable de-toutes, les victimes... Un peu plus tard encore, les amoureux; des rives de l'Euphrate ou d’ailleurs inventent.la poste aux pigeons. Enfin après l'histoire sainte, un de. nos plus, vieux. récits, est Fépopée d'Homère. Or le pigeon domestique se trouve dans l'Odyssée aussi bien que;dans la Bible, où le coq est encore complétement inconnu. Le coq paraît être contemporain de Salomon. Mais,je m'aperçois.que ces détails inutiles empiètent sur l'histoire spéciale du. biset, qui demande un, volume, et;il,y.a .dix; excel lentes raisons pour que je n'entreprenne pas ce travail..La première, c'est qu’il a été fait, .et beaucoup mieux:que je ne.saurais le faire, par deux.savants de haut mérite, MM. Corbié et Boitard.. Je demande seulement la permission de dire le nom.des principales espèces .de pigeons de volière, pour faire remarquer. à travers les modifications du type-primitif, la persistance du caractère normal de lambiguité. qui est le titre nes: du groupe. des Colombiens. | Ces principales variétés dérivant du biset, portent qe noms qui suivent : Romain, batave, polonais, souabe, suisse, turc, patu, paon, culbuteur, plongeur, tourneur, frisé; capucin, carme, nonnain, grosse-gorge, cravate, coquille, mondain , cavalier, messager, hirondelle, ete, ete. La parenté qui est entre les Coureurs et les Pigeons, parenté plus ou moins. marquée dans toutes ces variétés, apparait surtout dans les trois dites Paon, patue, à cravate. Le Pigeon à cravate a évidemment. emprunté, sa parure de col au tétras à fraise d'Amérique; le Patu la fourrure dont ses, tarses, sont garnis, aux pieds fourrés du Lagopède. Le Pigeon-paon, ainsi nommé parce qu'il fait la roue, n’est qu'un plagiaire du dinde et de l'oiseau de, Junon. La chair rouge et substantielle de tous les pigeons tient de celle du Lagopède.
Je ne puis clore cet alinéa, sans protester de toute la puissance de mes convictions contre une des grandes iniquités poli-
SÉDIPÉDES. 65 tiques ét sociales de cette époque. Je veux parler de la position inacceptable faité äux pigeons fuyards de France par le code civil'et de là persécution administrative qui s'acharné sur eux. Cette protestation s'adresse spécialement à messieurs les préfets, arbitres souverains du sort des pauvres volatiles.
* Chose pénible à penser, plus triste encore à dire, le pigeon de colombier, lé plus innocent peut-être de tous les voiliers de l'air, ‘est le seul à qui la loi francaise ait songé à faire expier le crime de ses sympathies politiques. Parce que le droit de posséder-un’colombier était jadis privilége de noble, le peuple des campagnes , égaré par ses haines pour un passé odieux, a voulu à toute force voir dans l'habitant de la tour féodale un complice etun partisan du régime foudroyé dans la nuit du 4 août ; comme si Pinfortuné biset avait jamais été libre d'émettre une opinion quelconque et de choisir entre ses bourreaux; et ils l'ont poursuivi à outrance, mettant sa tête à prix. Bien des institutions démolies par la tempête révolutionnaire de la fin du siècle dernier se sont relevées depuis; bien des erreurs se sont amnistiées de part et d'autre; bien des rancunes d'ordre se sont calmées de noblesse à roture ; le colombier tout seul attend et ne voit pas venir lé jour de la réparation. D'honorables magistrats, de Savants jurisconsultes, des orateurs puissants se sont levés durant cet intervalle de soixante ans et plus pour prendre la défense’de la perdrix, de la bécasse, du faisan, du chevreuil, pour essayer de soustraire à l’extermination imminente une foule de gibiers des boïs et de la plaine, gibiers royaux ou non; mais aucune voix éloquente n'a osé se faire entendre en faveur du pigéon, victime de l'ignorance administrative autant que des préjugés. Nos annales parlementaires conservent avec amour le souvenir de cette discussion mémorable de la loi du 3 mai, où l'on vit une majorité d'hommes graves , emportée par un louable excès de sollicitude à l'égard de la caille, retirer hardiment cet oiseau vagabond de la catégorie des oïseaux de passage pour le sauver des périls attachés à ce titre. Mais pourquoi, hélas ! pendant que nos législateurs étaient en si belle veine de sagesse, l'idée ne leur est-elle pas venue de réviser Ja législation draco-