‹ L'esprit des bêtes (volume 4)Chapitre 37 sur 63 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

j Des bêtes qui se tuent et qui ne se chassent pas.

LES RUMINANTS DES GLACIERS. — BOUQUETIN. — CHAMOIS. —, ISARD. — LE MOUFLON. — LE LYNX. — LA BÊTE PUANTE : FOUINE. — MARTRE. — PUTOIS. — BLAIREAU. — LA LOUTRE, — LE CASTOR. — LE LAPIN. — L'ÉCUREUIL, — L'OURS.

J'ai défini le mot chasser : poursuivre ‘et prendre avec des chiens, forcer. Aucune des bêtes dont le nom précède ne se Jorce, mais presque toutes se chassent, d’après l’acception vulgaire du mot chasser, acception éminemment vicieuse. Passe encore d'appliquer le nom de chasse à la poursuite du lapin, du blaireau, de la fouine, qui réclame quelquefois la collaboration du chien ; mais l'expression n'est véritablement pas admissible pour l'affût et les autres genres de tuerie qui exigent, pour premières conditions de succès , l’émmobililé du chasseur et l’absence du chien. Entre le chasseur qui force et l'assassin qui guette, il y a juste la même différence qu'entre le chien etle chat.

L'ours méritait certainement beaucoup plus que le renard d’être admis dans l’honorable catégorie des bêtes de courre. Cependant je ne l'y ai pas logé, par la raison qu'il n’y a plus d'équipage d’ours en France, et que nulle part, en France, à l'Est ni au Nord, l'ours ne se chasse avec des chiens et ne se force. Pour une cause analogue et contrairement à mes principes, j'ai dù accorder au renard la place d'honneur que je refusais à l'ours. Permis à l'historien de protester contre l'injustice du fait, mais son premier devoir est de l’enregistrer.

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